mercredi 27 janvier 2021

 

       NEUVIÈME ANNIVERSAIRE DU PILLAGE DU COMPLEXE MÉDICAL      

                                              ALLAMA A KATI (MALI)                      

                            POUR QUAND LA NORMALISATION DU MALI ?

 

 

RAPPEL DES FAITS

 

Le 1er février 2012 vers 9 heures du matin les femmes et les enfants des militaires de Kati s’en sont pris au complexe médicale ALLAMA face au Prytanée Militaire (constat d’huissier).

Ce complexe médical - et certaines familles des militaires s’en souviennent pour y avoir été elles-mêmes soignées - était constitué par :

-la PHARMACIE DU CAMP première officine privée de KATI ouverte en mars 1989.

-la POLYCLINIQUE MÉDICALE ALLAMA ouverte au public en avril 2007 elle aussi première polyclinique privée composée de deux blocs opératoires, d’une salle de réanimation, d’un cabinet dentaire, d’un cabinet ophtalmique, d’un cabinet d’endoscopie, d’un cabinet gynéco-obstétrical d’accouchement, d’un laboratoire d’analyses biologique, de salles d’hospitalisation, de bureaux de consultation, de salles d’attente, de cafeteria, de terrasse de repos des patients hospitalisés et d’ambulances médicalisées, outre quinze chambres d’hospitalisation.

Ce pillage a eu lieu sans qu’aucune mesure ne soit prise par les autorités en plein cœur des pouvoirs et forces publiques à dix kilomètres du palais présidentiel de Koulouba et à quinze kilomètres de l’Assemblée Nationale (et à dix mètres de la plus grande garnison !) pour assurer la protection des personnes et des biens avant, durant et après.

Il fallait en conclure que le promoteur du complexe médical qu’est le Dr Elmehdi AG HAMAHADY avait été rattrapé par ce qu’il est, et non pas protégé et préservé pour ce qu’il faisait.

 

S’il a pu sauver sa vie et celle de sa famille parmi laquelle figurent entre autres le Dr Halatine AG ELMEHDI et le Dr Allama WALET ELMEHDI actuellement médecins, étudiants au moment des faits, il n’a pu sauver ses biens : ce qui a été vanté lors de l’inauguration pat le ministre de la santé de l’époque comme « joyau qui vient enrichir l’offre de santé performante de notre pays le Mali » est à ce jour après les 9 années écoulées depuis le pillage, à l’état de ruine.

 

DE LA RESPONSABILITÉ DOUBLEMENT AVÉRÉE DE L’ÉTAT PAR SON « INACTION OU SON ACTION »  

 

« Inaction » à laisser le pillage se faire le 1er février 2012 quand la population manifestait « à bas les touaregs, tuez-les » plusieurs jours avant sans qu’aucune mesure de protection des personnes malades hospitalisées, du personnel, du complexe médical et de la famille du Dr Elmehdi ne soit entreprise et alors que l’État avait la responsabilité de la garnison de Kati qui était présente par sa proximité et l’implication de leurs femmes et enfants.

Mais cette « inaction » revêt un caractère d’action :

- quand le pillage a continué plusieurs mois et années après sans la protection des ruines.

- quand, pendant 9 ans, l’État s’est opposé à toute réhabilitation d’un établissement au mépris de la santé de ses concitoyens.

 

DU SURSIS DE LA VENTE AUX ENCHÈRES DE LA SCÈNE DE CRIME : RUINES DE LA POLYCLINIQUE MÉDICALE

 

Depuis le pillage du complexe médical Allama la seule présence de la justice sur les scènes de crime était d’autoriser la vente aux enchères des ruines pour une créance dont les impayés sont consécutifs à la destruction du matériel médical de travail.

Cette justice aurait dû être présente à priori pour le Dr ELMEHDI le mettant ainsi dans ses droits afin qu’il fasse face à ses devoirs de créance.

Apparemment il n’a droit qu’à la destruction, au payement des conséquences de son pillage et à l’exil.

C’est une histoire de Farwest où les bandits, après avoir tué la victime, demandent aux proches de payer pour la cartouche qui l’a abattu.

Après plusieurs assauts de la banque pour l’exproprié dont la dernière était d’octobre 2020, l’État s’est fendu héroïquement d’une énième lettre pour demander de suspendre la vente des ruines qui n’aurait pas eu lieu si le déni ne persistait pas.  

Cette situation fait du Dr Elmehdi victime du pillage, un coupable condamné dans le couloir de la mort en attente de son exécution.

 

UN REFUS DE RÉPARATION ASSUMÉ PAR LES POUVOIRS SUCCESSIFS 

 

La destruction du complexe médical ALLAMA a eu lieu le 1er février 2012 sous le régime très stable de 10 ans avec toutes les institutions de la République présentes et fonctionnelles : Exécutif, législatif et judiciaire. La question n’a été évoquée nulle part.

 

En Mars 2012 par le pouvoir qui l’a renversé, a brillé par son inaction avec son président intérimaire, et ses différents gouvernements.

 

Puis arrive le pouvoir élu démocratiquement avec un espoir déçu, sous lequel la justice s’est enfin décidée de se rappeler du complexe médical ALLAMA et du Dr Elmehdi non pas pour le mettre dans ses droits mais pour parachever le pillage à travers la Bank Of Africa de la place pour la créance de la défunte clinique détruite et la saisie des ruines appartenant à la victime garant de l’activité et non de sa propre destruction.

 

Enfin vint la gouvernance actuelle qui à l’aurore de son existence et, dans l’urgence qu’il faut saluer, a arrêté in-extrémis la procédure entamée de la vente aux enchères des ruines de Kati. Le Dr ELMEHDI a une expérience malheureuse de ce qu’est l’État et de ses courriers infructueux.

 

Il appartient en conséquence aux nouvelles Autorités de l’État d’agir pour leurs crédibilités auprès des populations et d’apporter la preuve de la sincérité de leur souci de refondation dans l’intérêt supérieur de la Nation. Le temps presse.

 

Angers, le 27/02/2021

Dr Aboubacrine ASSADEK



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