dimanche 7 novembre 2010

Préparation du forum sur l’éducation Contribution à la synthèse

Préparation du forum sur l'éducation

Contribution a la synthèse

 

0- Introduction

En premier lieu je voudrais dire mon admiration à toutes ces maliennes, tous ces maliens et amis du Mali qui ne comptent pas leurs efforts pour aider à sauver l'éducation dans notre pays. Au Professeur Salikou Sanogo, à toute son équipe avec une mention particulière pour les présidents des trois commissions et leurs adjoints, je voudrais exprimer mon fraternel soutien. Je voudrais avoir une attention spéciale à l' endroit de ceux qui ont représenté notre communauté virtuelle. Rassemblés autour du Professeur Diola Bagayoko et du Professeur Eloi Diarra, venus souvent de bien loin ou habitants Bamako, elles et ils ont maintenu la petite lueur que notre communauté a créée et dont l'un des produits est la convocation du forum sur l'éducation. Mon encouragement va à toutes ces personnes qui, avec courage et efficacité, ont travaillé de jour comme de nuit. Bravo à tous.

 

A la lecture des diverses contributions apportées à la commission préparatoire du Forum National sur l'Education dont j'ai eu connaissance, les unes aussi excellentes que les autres, il me vient de tenter sous mon unique responsabilité, une synthèse. Ma proposition de synthèse peut parfaitement s'accommoder d'une introduction historique sur l'école malienne tirée de la contribution présentée par l'Assemblée Nationale.

 

Un consensus existe entre tous les maliens : la situation de notre école est grave. Il faut certainement une reforme en profondeur pour redresser la situation. Cette reforme n'aura de sens que si elle apporte des solutions aux problèmes de fond affectant notre système éducatif. Ainsi la première démarche consiste à vérifier si ces problèmes ont été clairement identifiés par les contributeurs.

 

1- Les problèmes de l'école malienne ont été identifiés

La lecture des contributions m'a révélé les problèmes dont souffre l'école malienne. Si j'ai été perspicace, je puis affirmer que les problèmes affectant l'éducation dans notre pays sont de trois ordres : (1) un problème d'identité, (2) un problème de programmation stratégique, (3) un problème  de leadership et de responsabilité.

 

L'école malienne en est arrivée à ce point, entraînée par  des affluents pernicieux d'un processus historique qui a vu le monde changer, qui a vu la société malienne changer, sans que les maliens ne prennent la responsabilité de penser par eux mêmes et ne décident d'apporter au système éducatif national, les correctifs nécessaires, le long de ce processus de changement.

 

2- Méthode utilisée pour bâtir cette proposition de synthèse

Le contenu de la présente contribution à la synthèse va essayer de redéfinir l'école malienne en apportant des solutions structurelles, composante par composante, de façon que chaque composante soit bâtie à l'aide de solutions possibles aux problèmes identifiés. L'école proposée ici est conçue de façon qu'il soit possible de répondre, à tout moment et par rapport à tout fait lié à l'école, à sept (7) questions essentielles qui sont :

-          qu'est ce qu'il s'agit de faire ?

-          qui est responsable de ce qu'il faut faire ?

-          quels sont les moyens qui sont disponibles pour ?

-          quelle durée est allouée pour la réalisation ?

-          quelle remédiation est prévue en cas d'échec ?

-          quelle sanction est prévue en cas d'échec injustifiable ?

-          quelle récompense est prévue en cas de réussite ?

 

Voyons d'abord les problèmes de près.

 

3- Le problème d'identité:

Le premier trouble est que personne ne sait en ce moment ce qu'est l'école malienne ni ce à quoi elle aspire. Cette confusion résulte du fait que l'enseignant ne sait plus qui il est ni quel est son rôle. L'élève ne sait plus qui il est ni quelle est sa tâche. Le parent d'élève ne sait plus qui il est ni quelles sont ses responsabilités. Le syndicaliste ne sait plus qui il est ni quel est son rôle. Le ministre de l'éducation se sait plus quel est son pouvoir, ses responsabilités et son rôle.

Les hommes et les groupes humains ont une vue confuse de leurs rôles et responsabilites. Les taches et objectifs de l'école vue comme institution sociale ne sont pas mieux définis. En lieu et place de reconstruction, on s'est contenté depuis des décennies de recevoir sur papier des projets venus de l'extérieur. Les maliens se sont d'autant plus accommodés de ces importations que les projets étaient accompagnés de financements conséquents.

 

Prenons par exemple l'enseignement primaire. Il me semble que les principaux objectifs de l'enseignement primaire, comme il y a cinquante ans sont demeurés: apprendre à lire, à écrire, à compter. Le Monde a beaucoup changé en cinquante ans. Les objectifs que je donnerai a l'enseignement primaire en 2008 sont : (1) apprendre à lire couramment y compris les livres de récit et les journaux ; (2) apprendre à écrire y compris un compte rendu, une lettre administrative, une lettre personnelle ; (3) apprendre à compter et à faire la comptabilité d'activités commerciales simples, apprendre à comprendre, à formuler et à calculer les opérations se rapportant à des activités sociales ordinaires, y compris à l'aide d'une calculatrice ; (4) apprendre à observer la nature et l'environnement ; (5) apprendre à décrire ce que l'ont voit, ce que l'on touche, ce que l'on entend, ce que l'on sent, ce que l'on goute et ce que l'ont fait, (6) apprendre à se comporter conformément aux valeurs de base qui font un bon élève, qui font un bon membre d'un groupe, qui font un bon membre d'une famille, qui font un bon citoyen; (7) apprendre à écrire et à lire au moins une langue nationale.

 

4- Le problème de programmation stratégique

On a construit des classes. Mais on ne trouve nulle part la mention d'un plan national pour la construction de classes ni la mention des normes et des critères visés en construisant ces classes. On constate que le déficit de salles de classe n'a disparu nulle part dans le pays. C'est exactement ce qui arrive lorsqu'on travaille à tempérament sans suivre un programme stratégique.

 

5- le problème de leadership et de responsabilité

Prenons n'importe lequel des problèmes cités dans les contributions comme affectant l'école. On est en peine de pouvoir designer avec certitude une seule personne, un seul service, un seul groupe socioprofessionnel qui soit responsable-coupable. Pour se donner une quelconque satisfaction morale, nous sommes nombreux à répéter : « nous sommes tous responsables ». D'autres disent: « le responsable, c'est l'Etat ». Donc il n'y a pas de coupable. Et les choses continuent comme telles.

Prenons quelques exemples précis.

Premier exemple : il n'y a pas eu une seule année scolaire normale depuis longtemps, du fait que les élèves et étudiants sont ceux qui décident du calendrier scolaire et de son rythme. Qui est responsable de ce dysfonctionnement?

Deuxième exemple : les étudiants ont pris en main la gestion et la propriété des résidences universitaires pour le malheur de l'hébergement des étudiants. Qui est responsable ?

Troisième exemple : Dans ce monde de compétitivité, à l'Université de Bamako il n'y a qu'un petit nombre de filières proposées aux étudiants alors qu'en France il y a plus de 70 filieres au niveau du lycée. Qu'est-ce que le Mali va faire de 4000 étudiants actuellement inscrits en langues à l'Université de Bamako ? Pendant ce temps, cette université, à ma connaissance, n'offre aucune formation ni en planification économique et industrielle, ni en économétrie, ni dans le métier d'actuaire, ni dans celui de la conservation de la nature et l'environnement etc.… Qui est responsable ? On peut continuer ainsi et pendant longtemps. Jamais on n'arrive à mettre la main sur un responsable-coupable.

En outre, la situation actuelle prouve qu'il est désormais impossible de vouloir faire gérer l'école malienne de façon centralisée. Il est illusoire de croire qu'une poignée de fonctionnaires même très compétents, peuvent gérer chaque problème intervenant au niveau de chaque classe de chaque école de Taoudénit à Loulouni, de Diamou à Labezanga. La gestion de l'école malienne ne peut désormais échapper à la décentralisation. Le leadership au sein du système scolaire doit être déconcentré avec un premier niveau de leadership au niveau des populations et en contact avec elles.

 

D'une façon générale, toute organisation, un Etat en est un, l'école en est une, pour sa réussite exige que chaque action soit identifiable clairement par les questions suivantes relevant du processus dit de planification, de contrôle et d'évaluation: (1) qui en est responsable de l'action ? ; (2) que s'agit-il de faire ? ; (3) quels sont les moyens dévolus à sa réalisation ? ; (4) quelle est la durée de son déroulement ? (5) comment doit-elle se dérouler ? ; (6) par qui, comment et selon quels critères elle sera évaluée ?

 

Le point de départ de tout projet destiné au succès est la désignation de qui en est responsable et quels sont les objectifs à accomplir. Ce sont là les principes d'une planification stratégique.

Conformément au processus de planification, de contrôle, d'évaluation je vais m'efforcer de dresser les contours d'un nouveau modèle pour l'école malienne. Cette école, je la vois divisée en deux grandes catégories que sont l'enseignement non universitaire et l'enseignement universitaire. L'enseignement non universitaire étant divisée en ordres mais rassemblés dans la gestion. Présentons le modèle.

 

6- Organisation et fonctionnement des structures de l'enseignement non universitaire

 

Nous allons proposer des missions des différents ordres d'enseignement.

Nota bene :

Nb-1- Les établissements privés sont soumis aux mêmes missions et doivent remplir les mêmes règles que les établissements publics. Tous les établissements sont soumis aux mêmes règles d'accréditation, d'évaluation et de validation de l'année académique qu'ils soient privés ou publics.

Nb-2- Je me contente de décrire ci-dessous l'enveloppe globale que représente l'académie sans entrer dans les détails. Ces détails qui permettront de différencier l'enseignement préscolaire, l'enseignement fondamental, l'enseignement secondaire général, l'enseignement professionnel, l'enseignement spécialisé, l'enseignement fonctionnel seront déterminés par les spécialistes de ces ordres d'enseignement. L'essentiel étant que l'enveloppe offerte par l'académie soit un élément de cohérence, d'efficacité et permette de mieux préparer chaque apprenant à aller avec assurance vers l'étape suivante de sa vie. Cette vision n'exclu pas de lier ensemble, le cas échéant plusieurs ordres d'enseignement, dans une « sous-académie ».

 

6.1- De l'académie d'enseignement

La brique de l'enseignement non universitaire est l'académie d'enseignement. L'académie telle que je l'entends ne coïncide pas exactement avec la structure actuelle connue au Mali sous le même nom.

Une académie d'enseignement regroupe, dans une localité géographique donnée dont le découpage relève de la décision politique, les établissements d'enseignement primaire, d'enseignement secondaire, d'enseignement professionnel, les établissements chargés de l'alphabétisation, les établissements d'enseignement non conventionnel. Ce dernier inclus l'enseignement professionnel pour adulte.

 

6.1.1- organisation de l'académie d'enseignement

Une académie est autonome. Elle dispose de l'autonomie financière et recrute son personnel. Elle est dirigée par un président. Le Président d'académie est choisi par le ministre sur une liste restreinte de 3 candidats établie, à la suite d'une procédure sélective conduite par un comité professionnel ad hoc et indépendant, selon les références édictées dans un appel à candidature préalable. Le Président d'académie est soumis au contrôle exercé par un conseil d'administration ou de surveillance désigné par les organisations socioprofessionnelles : parents d'élèves, syndicats, administration locale, organisations de femmes, organisations patronales locales, organisation locales des jeunes. Le Président de ce conseil est nommé par l'exécutif national pour un nombre limité de mandats.

Une direction nationale de l'éducation fonctionnant avec des équipes d'inspecteurs veille au maintien de la compétitivité, veille au maintien d'un niveau comparable d'une académie à l'autre, c'est-à-dire qu'elle veille à l'existence d'une éducation nationale. Cette direction nationale est responsable de la validation de l'année scolaire dans une académie. La longueur de l'année scolaire est fixée comme un élément de l'éducation nationale par le gouvernement. Une année dont la durée serait écourtée de 10% ou plus est considérée comme invalide. Une prolongation de l'année scolaire par une période compensatrice est accordée à une académie pour une durée perdue sur l'année scolaire de moins de 15 jours. Pour une durée supérieure à 15 jours, l'année est définitivement invalidée et doit être reprise à moins que les raisons de la suspension des cours ne soient d'ordre naturel. Chaque académie recrute ses enseignants sur un concours organisé au niveau national. Un enseignant est attaché à l'académie qui l'a recruté. Les statuts des enseignants et du personnel non enseignant de chaque académie sont fixés selon des normes nationales mais gérés au niveau local. Tous les postes d'enseignants dans une académie sont attribués à des personnes ayant des diplômes d'enseignement supérieur spécifiés dans les termes de chaque appel à candidature. Aucun n'enseignant ne peut être autorisé à exercer ce métier durant plus de 2 ans s'il n'est pas diplômé d'une filière conduisant à ce métier ou s'il n'a pas suivi avec succès les stages professionnels requis. Il est de la responsabilité du président d'académie de faire en sorte que ce principe soit respecté et que, le cas échéant, de tels stages soient proposés à des enseignants recrutés sans avoir la qualification nécessaire. Un n'enseignant qui n'a pas la qualification nécessaire ne peut exercer son métier que sous la tutelle et la supervision d'un enseignant qualifié. Pour aller dans une autre académie, un enseignant doit réussir à un concours de recrutement organisé par l'académie d'accueil. Avant de prendre ses nouvelles fonctions, il doit démissionner de son ancien emploi. Les grilles des salaires sont fixées par chaque académie et soumises pour approbation aux autorités gouvernementales. Le gouvernement peut autoriser des disparités salariales entre académies dans le but d'attirer des enseignants qualifiés dans une zone défavorisée ou de récompenser les bonnes performances obtenues par les enseignants d'une académie.

Le président de l'académie est responsable de la programmation de la construction des salles de classe, de l'acquisition des équipements, du contenu des programmes d'enseignement et des sujets d'examen. Chaque académie dispose d'un service chargé de la statistique et de la planification. Ce service travaillera à fournir à la présidence de l'académie les données nécessaires à une bonne et efficace planification des ressources humaines, des équipements, des classes, etc.…

Des cadres très performants devraient être attirés par la présidence des académies, entre autres, en raison de salaires très élevés. Du reste la tache est énorme. Les responsabilités aussi le sont.

 

6.1.2- objectifs et mission de l'enseignement primaire

Au sein d'une académie, les objectifs de l'enseignement primaire sont de développer en chaque enfant les capacités individuelles lui permettant de devenir un citoyen accompli doté d'un esprit critique, autonome et responsable dans un monde technologique à évolution rapide. En particulier, cet ordre d'enseignement visera à :

(1) apprendre à lire couramment y compris les livres de récit et les journaux ; (2) apprendre à écrire y compris un compte rendu, une lettre administrative, une lettre personnelle ; (3) apprendre à compter et à faire l'arithmétique de la comptabilité d'activités commerciales simples de ventes et d'achat, de comprendre, formuler et calculer les opérations se rapportant à des activités sociales ordinaires, y compris à l'aide d'une calculatrice ; (4) apprendre à observer la nature et l'environnement ; (5) apprendre à décrire ce que l'ont voit, ce que l'on touche, ce que l'on entend, ce que l'on sent, ce que l'on goute et ce que l'ont fait, (6) apprendre à se comporter conformément aux valeurs de base qui font un bon élève, qui font un bon membre d'un groupe, qui font un bon membre d'une famille, qui font un bon citoyen; (7) apprendre au moins une langue nationale.

 

6.1.3- quelques idées pour les autres ordres d'enseignement relevant de l'académie

 Les programmes d'enseignement doivent être adaptatifs, reflétant l'orientation technologique de l'école malienne. Les programmes de l'enseignement professionnel doivent refléter les spécificités des activités économiques exercées par les populations locales.

L'académie doit veiller à former : les commerçants détaillants, les vendeuses étalagistes, les bouchers, les plombiers, les mécaniciens, les employés agricoles, etc.…

 

7- De l'enseignement supérieur

Il est organisé en universités ou établissements d'enseignement supérieur. Une université est dirigée par un président (qui remplacerait le recteur) et fonctionne sous l'autorité d'un conseil d'administration ou de surveillance. Un président est choisi par le ministre sur une liste restreinte de 3 candidats établie, à la suite d'une procédure sélective conduite par un comite professionnel ad hoc et indépendant, selon les références édictées dans un appel à candidature préalable. Le Président de l'université est soumis au contrôle exercé par un conseil d'administration ou de surveillance dont les membres sont désignés par les organisations socioprofessionnelles : parents d'élèves, syndicats, administration locale, organisations nationales de femmes, organisations patronales locales, organisation nationales de jeunes. Le Président de ce conseil est nommé par l'exécutif national pour un nombre limité de mandats.

Un conseil national ou direction nationale de l'enseignement supérieur fonctionnant avec des équipes d'inspecteurs veille au maintien de la compétitivité, veille au maintien d'un niveau comparable d'une université à l'autre, c'est-à-dire qu'il veille à l'existence d'une éducation supérieure nationale. Ce conseil national ou direction nationale est responsable de la validation de l'année scolaire dans une université. La longueur de l'année académique est fixée comme un élément de l'éducation nationale par le gouvernement. Une année dont la durée serait écourtée de 10% ou plus est considérée comme invalide. Une prolongation de l'année scolaire par une période compensatrice est accordée à une université pour une durée perdue sur l'année scolaire de moins de 15 jours. Pour une durée supérieure à 15 jours, l'année est définitivement invalidée et doit être reprise à moins que les causes du retard ne soient naturelles. Chaque université recrute ses enseignants dans le cadre d'un concours organisé au niveau national. Les statuts des enseignants et du personnel non enseignant de chaque université sont fixés selon des normes nationales mais gérés au niveau local. Tous les postes d'enseignant dans une université sont attribués à des personnes ayant des diplômes d'enseignement supérieur spécifiés dans les termes de chaque appel à candidature. Les enseignants recrutés par une université sont attachés à celle-ci. Pour aller dans un autre établissement, un enseignant doit réussir à un concours de recrutement organisé par l'université d'accueil. Avant de prendre ses nouvelles fonctions, il doit démissionner de son ancien emploi. Les grilles des salaires sont fixées par chaque université et soumises pour approbation aux autorités gouvernementales. Les différences éventuelles entre les grilles de salaire est un élément politique qui peut être utilisé pour attirer des enseignants de valeur dans des régions défavorisées ou dans des domaines jugés stratégiques par le gouvernement.

Le président de l'université est responsable de la programmation de la construction des salles de classe, de l'acquisition des équipements, du contenu des programmes d'enseignements et des sujets d'examen. La construction des classes est déterminée selon des critères ou ratios déterminés par le gouvernement. De même le nombre d'enseignants est déterminé par des ratios élèves/enseignants déterminés par le gouvernement. Une planification évitant la surcharge des classes ou evitant l'insuffisance d'enseignants qualifiés est un élément d'appréciation du travail d'un président d'université et de sa gestion. Par la loi, le gouvernement a l'obligation de répondre à toute requête présentée par les autorités universitaires dans un délai de 3 mois. Lorsqu'il y a urgence, cette réponse est requise sous trois (3) jours.

 

7.1- De l'accréditation d'un établissement d'enseignement supérieur

 

Un établissement d'enseignement ou université peut comprendre des unités de formations, des centres de recherches et toute autre structure nécessaire à l'accomplissement de ses objectifs et de sa mission. Un tel établissement est ouvert suite à la délivrance d'une accréditation générale provisoire de 2 ans qui sera confirmée ou infirmée au bout des 2 ans. Durant les 2 premières années de son existence, cet établissement sera évalué chaque année par des inspecteurs nationaux. Le Ministère définit les termes de l'inspection nationale de validation, son déroulement, ses modalités. Il existe également une inspection nationale et une procédure d'accréditation nationale département par département. La durée d'accréditation d'un département ne peut excéder 2 ans.

 

L'accréditation permanente ou accréditation, procédure nationale, qui est renouvelée tous les 5 ans porte sur le projet d'établissement (PE), son implantation, ses réussites et évalue les potentialités du PE suivant. Le but de l'accréditation est d'assurer l'excellence de l'enseignement dispensé, de garantir la qualité de la production et de la productivité du personnel, de garantir le niveau technologique et d'assurer l'ouverture de l'établissement sur le monde. L'accréditation porte sur la capacité de l'établissement à être, selon des critères établis par le ministère, un espace d'acquisition d'un savoir moderne appuyé sur une solide capacité de mener des activités de recherche scientifique, un espace de dispersion du savoir basé sur un esprit critique et un espace capable de transformer le savoir académique en richesse économique et social à travers la recherche-développement.

 

7.2- Processus de création et d'accréditation d'une université

Tout établissement y compris la présente Université de Bamako et les divers établissements publics et prives d'enseignement supérieur doivent se soumettre à cette procédure nouvelle. Cette procédure consiste à soumettre au Conseil National de l'Enseignement Supérieur ou à la Direction Nationale de l'Enseignement Supérieur :

-          une demande d'accréditation générale provisoire de 2 ans à la phase initiale ou une demande d'accréditation pour 5 ans par la suite. Une demande d'accréditation doit être déposée au moins 18 mois avant l'expiration de l'accréditation en cours ;

-          un projet d'établissement (PE) pour la période couverte par la demande d'accréditation ;

-          une description des méthodes de contrôle et d'évaluation internes (CEI) des performances de l'établissement.

Plus précisément les documents suivants doivent figurer dans le dossier de demande d'accréditation d'un établissement d'enseignement supérieur ou d'une université.

 

7.2.1- Définition d'un modèle standard de Projet d'Etablissement (PE)

Un projet d'établissement doit contenir :

- La définition de la mission (quel service l'établissement entend offrir aux populations, à l'Etat, à l'environnement économique et social) ;

- La définition de la vision : (les convictions sur les problèmes à vaincre, les enjeux nationaux et internationaux en vue, la qualité et le niveau technologique de la formation)

- La definition des valeurs de base (les valeurs intellectuelles, morales et philosophiques sur lesquelles l'établissement fonde son existence et ses actions) ;

- La définition des structures internes et des relations internes entre celles-ci ;

- La définition des relations avec les structures extérieures, l'environnement administratif, et l'environnement socio-économique ;

- La définition de la recherche qui sera entreprise et ses missions

- La définition et le listing des activités académiques et non academiques permettant d'accomplir la mission ;

- Les objectifs

- Les axes de la politique permettant d'atteindre ces objectifs

- La liste et l'état des biens matériels et immobiliers devant assurer l'exécution de ce PE

- Les méthodes et la stratégie du contrôle, du suivi et de l'évaluation

 

7.2.2- Un résume du PE sous la forme d'un Tableau de Bord Stratégique

Le Tableau de Bord Stratégique est une vue schématique du PE construit en répondant aux 3 questions suivantes :

- Que voulons-nous faire ?

- Que voulons-nous devenir ?

- Comment allons-nous procéder ?

 

7.2.3- Détails stratégiques et planification des activités de la période d'accréditation

Chaque objectif défini dans le PE doit être décliné en une série d'activités et d'actions en répondant aux questions suivantes :

- Que faut-il faire ?

- Qui doit le faire ?

- Quels sont les moyens pour le faire ?

- Quelles sont les méthodes à employer pour le faire ?

 

7.2.4- Définition de la structure administrative de l'établissement

La structure administrative à mettre en place autour du président de l'établissement doit correspondre à la ventilation des activités et la nécessité de les suivre. Pour cela chaque objectif du PE doit être décomposé de la façon suivante :

- Liste des activités relevant du gouvernement ou dirigées vers le gouvernement

- Liste des activités relevant des autorités de l'établissement

- Liste des activités relevant des enseignants ou dirigees vers les enseignants

- Liste des activités relevant du personnel non enseignant ou dirigees vers le personnel non enseignant

- Liste des activités relevant des étudiants ou dirigées vers les étudiants

- Liste des activités relevant des parents d'élèves ou dirigées vers les parents d'élèves

- Liste des activités relevant d'autres partenaires ou dirigées vers d'autres partenaires.

 

7.2.5- Les fonctions et responsabilités au sein de l'université

- Le Président a la responsabilité et la charge de suivre les activités avec le gouvernement

- Le secrétariat général a la responsabilité et la charge de suivre les activités internes d'ordre administratif et financier

- Le collège des doyens a la responsabilité et la charge de suivre les activités académiques et assimilés, chaque doyen étant responsable de son domaine spécifique ;

- Les chefs de départements et le syndicat des enseignants ont la responsabilité et la charge de suivre les activités relevant des enseignants. Chacun aura son rôle clairement déterminé par le règlement intérieur ;

- Le secrétariat général, le syndicat des étudiants ont la responsabilité et la charge de suivre les activités relevant des étudiants. Chacun aura son rôle clairement déterminé par le règlement intérieur ;

- Le secretariat général et le directeur des relations extérieures ont la responsabilité et la charge de suivre les relations avec les parents. Chacun aura son rôle clairement déterminé par le règlement intérieur ;

- Le secréterait général et le directeur des relations extérieures ont la responsabilité et la charge de suivre les relations avec les autres partenaires. Chacun aura son rôle clairement déterminé par le règlement intérieur ;

- La discipline à l'intérieur de l'établissement est de la responsabilité du président ;

- Le déroulement normal de l'année académique est de la responsabilité du président ;

- La qualité des enseignements et la valeur des diplômes est de la responsabilité du président ;

- L'état des bâtiments est de la responsabilité du président ;

- Les conditions de travail adéquat pour chaque enseignant (à chaque enseignant 1 bureau dans l'établissement) et la fonctionnalité de chaque classe est de la responsabilité du président ;

-   La valorisation de l'expertise des enseignements et les résultats de la recherche sont de la responsabilité du président ;

- L'hébergement de chaque étudiant bénéficiant d'une bourse de l'Etat est de la responsabilité du ministre ;

- Le président se préoccupe de la condition matérielle générale offerte pour l'hébergement et la restauration de tout étudiant inscrit ;

- le niveau de rémunération du président est conforme au niveau très élevé de ses responsabilités.

 

7.2.5- Définition et méthode de l'évaluation des activités

Il est absolument critique que chaque activité et chaque action soient suivies, contrôlées, évaluées. Pour cela l'établissement doit définir le mode opératoire de cette évaluation en fournissant en même temps que le PE un document répondant aux questions suivantes, objectif par objectif :

- Quelles sont les données nécessaires à l'évaluation de cet objectif ?

- Quelle est la périodicité du recueil de ces données ?

- Comment ces données seront-elles recueillies ?

- Qui sont les auditeurs qui vont suivre le traitement de ces données et ordonner les actions correctives ?,

- Qui sont ceux qui sont responsables du suivi et de la mise en place des actions correctives ?

- Quelles sont les sanctions prévues ?

- Quelles sont les récompenses et promotions prévues ?

 

8- Du Ministère de l'Education Nationale

Le ministère doit s'entendre comme un service central veillant à la coordination et à l'évaluation de toutes ces activités décentralisées. Ceci devrait réduire la taille du ministère et accroitre ses responsabilités. Ses responsabilités, et elles sont grandes, consistent à veiller  à l'existence d'une éducation nationale respectant des critères rigoureux mais évolutifs. De veiller au maintien de la qualité de l'éducation nationale et de la qualité des services qu'elle rend aux populations par un exigeant travail de suivi, d'évaluation et de contrôle et de promotion de l'expertise.

 

9- Quelques recommandations d'ordre général

9.1- Il faut tirer toutes les conséquences de l'application du système LMD. A mon avis ceci devrait conduire à supprimer les concours professionnels d'accès à l'université en rattachant les écoles professionnelles au système universitaire. De ce fait un infirmier recevrait en plus de son diplôme professionnel, un diplôme universitaire. De même un sortant de l'Ecica ou un instituteur recevrait l'un et l'autre un diplôme professionnel mais aussi un diplôme universitaire. Cela leur permettra de se réinscrire à l'université, à leur convenance, pour acquérir un savoir plus étendu. Cela est plus conforme aux déclarations de l'Unesco qui sont, entre autres, que  le droit à l'éducation est universel et inaliénable.

Ceci est également valable pour les porteurs d'uniforme en formation, parmi lesquels les militaires et les policiers. Un diplôme universitaire obtenu en parallèle de leurs diplômes professionnels leur permettra une meilleure reconversion dans la vie civile, le moment venu.

 

9.2- A mon avis le forum devrait définir le cadre de la réorganisation de l'école en définissant quelle école les maliens veulent en 2008 et après. Ensuite devrait débuter le lent et minutieux travail de construction des règlements intérieurs des départements, des facultés, des écoles, des académies qui seront les règles de police de l'espace scolaire librement négociées entre les divers partenaires de chaque établissement et en accord avec les règles générales arrêtées par le forum. Les PE devront être des produits de cette période après-forum;

 

9.3- Il est évident que l'Etat ne peut avoir les moyens de continuer à distribuer des bourses à tout étudiant malien. Mais d'un autre cote, il est evident que sans soutien financier, la majorité des étudiants serait obligée d'abandonner les études. Il y a là un dilemme dont le forum doit sortir l'Etat par des propositions pertinentes et réalistes.

9.4- Toujours dans le chapitre «étudiant », le forum est indiscutablement attendu par toutes les populations maliennes quant aux formes d'organisations estudiantines à tolérer et l'étendue du pouvoir devant être concédé au syndicalisme étudiant.

9.5- Il serait approprié qu'une commission spéciale composée d'inspecteurs de l'action sociale, d'inspecteurs de l'hygiène et de l'assainissement, d'inspecteurs des travaux publics soit chargée d'une inspection annuelle de tous les bâtiments scolaires et universitaires. Cette inspection aura pour but de:

- veiller au fait que les installations scolaires et universitaires n'excluent personnes et en particulier permettent la même aisance d'accès aux personnes valides et handicapées.  Que les mesures concrètes sont mises en place afin que les personnes présentant un handicap gênant un sens ou plusieurs sens utiles dans la fonction d'apprenant ou d'enseignant soient en mesure de remplir totalement leurs fonctions pratiquer toutes les activités leurs incombant ;

- veiller au respect de bonnes conditions d'hygiène et de salubrité sur l'étendue de tous les domaines scolaires et universitaires ;

- veiller a ce que les bâtiments et les installations dans le milieu scolaire et universitaire présentent la sécurité maximale pour les utilisateurs et autres personnes fréquentant l'espace scolaire et universitaire.

 

Voici, à mon avis, les grandes lignes, le long desquelles, on devrait rebâtir l'école malienne.

 

Dialla Konaté

Blacksburg, 8 Septembre 2008

Corrigé par le Professeur Issa N'Diaye, le 10 Septembre 2008

Cependant j'assume la responsabilité des erreurs et autres incorrections qui peuvent survivre dans le texte.

 

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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