samedi 23 octobre 2010

Le grand dilemme de la langue française


Les Afriques :    Samedi 23 Oct 2010

Le grand dilemme de la langue française

Le dernier rapport sur la francophonie publié à l'occasion du sommet de Montreux ne présente pas de surprises. C'est bien en Afrique, principalement, que la langue de Molière progresse. Plus de 20 millions de nouveaux locuteurs depuis 2007, alors qu'ailleurs, la logique du marché l'emporte. L'abandon du français au profit des langues donnant plus de débouchées au marché de l'emploi s'inscrit dans une tendance profonde en Europe. L'anglais progresse suivie de l'espagnol. Ailleurs, le chinois s'offre en alternative. Aussi, les 220 millions de francophones estimés par la prospective en 2050 seront africains à 85%. Là aussi, une dose de prudence serait souhaitable compte tenu de la progression de la langue anglaise dans d'anciens bastions du français comme le Rwanda, devenu désormais anglophone, où l'Algérie (qui n'a toujours pas adhéré à la francophonie) et de l'affirmation d'une certaine velleité de promotion des langues africaines.

Des populations au Sud et des universités au Nord

L'un des principaux défis posés à la francophonie reste l'accès aux universités et, plus tard, à l'emploi. L'apprentissage de cette langue devient difficile compte tenu des restrictions imposées aux étudiants africains par les grands pays francophones (France, Belgique, Quebec). Car, si la plupart des francophones seront africains en 2050, les universités, elles, seront majoritairement françaises et, dans une moindre mesure, belges et canadiennes. L'Hexagone qui veut défendre l'usage du français aura-t-il les moyens d'accueillir les futurs étudiants, ou, à défaut, de financer le développement des filières d'enseignement supérieur dans ces pays ? La montée d'une certaine idéologie prônant l'enfermement (rejet de l'immigration) ne milite pas pour une telle approche auprès d'une élite politique qui refuse d'ouvrir les yeux. Et si, finalement, ce déclin du français ne venait pas de ce manque de pragmatisme des énarques français ? Car, là où les architectes du Commonwealth parlent «communauté de richesses » et marché , les inspirateurs de la francophonie s'en sont limitées à une communauté linguistique et culturelle qui n'a pas de réalité économique.



Kamano

 

______________________________________
Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel


Aucun commentaire: