jeudi 2 septembre 2010

Et si après le sacre du candidat indépendant, nous assistions au triomphe du dernier né des partis politiques au Mali


 


Et si après le sacre du candidat indépendant, nous assistions au triomphe du dernier né des partis politiques au Mali 

Cette hypothèse, a priori invraisemblable, risque de se réaliser au grand dam des démocrates maliens si nous ne faisons pas attention.  Au regard de la ruée des malins vers le PDES, on est en droit de s'interroger sur les fondements  réels de la  démocratie au Mali. Pourtant, le PDES  pourrait ne pas être l'artisan de sa victoire annoncée, mais les autres partis seront les acteurs de leurs échecs. Et pour cause ils ne sont même pas capables de s'opposer à ATT malgré la mise sur les fonts baptismaux du PDES. Que veulent nous faire comprendre nos partis ? Qui peut incarner l'espoir au Mali ?

ADEMA

D'abord il faut analyser les responsabilités de l'ADEMA dans l'accession d'ATT au pouvoir en 2002. Une manigance, un véritable sabordage, un suicide politique, un manque d'ambition… les mots me manquent pour qualifier le comportement de l'ADEMA au cours de ces huit années de pouvoir ATT. Et pourquoi tout se sacrifice ? Comment peut-on penser qu'un parti dont la vocation première est la conquête du pouvoir puisse se renier à ce point au profit d'un seul homme sans programme, sans équipe et de surcroit incapable ? Les maux du pays sont, en grande partie, imputables à l'ADEMA car ce parti a faussé le jeu politique au Mali. Il faut  qu'il soit un parti de conquête du pouvoir au lieu  de se contenter de la cogestion, l'ADEMA dans sa forme actuelle doit disparaitre pour un mieux être des Maliens. Sans quoi ce parti sera capable de proposer n'importe quoi au peuple.

RPM

Le RPM semble se résumer à un seul homme qui est son président fondateur IBK. Au manque de cadres au sein de cette formation s'ajoute avec acquitté un manque criard de courage. Quand il avait entre ses mains les moyens de coercition étatiques, IBK exerçait la violence légitime avec un zèle qui frôlait l'abus.  On avait cru voir un acte de courage et les griots avaient commencé à chercher un point d'accord avec les légendaires chefs du Mali. Malheureusement le mythe n'a pas duré, la réalité a jaillit avec son débarquement de la primature. Où est IBK qui disait et faisait les choses avec courage ? Non ce n'était pas du courage car depuis qu'il n'est plus au pouvoir, il peine à exister politiquement et quand la force des choses le pousse dans l'opposition, il évite à tout prix l'affrontement ne serait-ce idéel, verbal ou politique avec ceux qui ont le pouvoir.  Il faut oser pour pouvoir monter à Koulouba. Le mythe n'a pas survécu à l'épreuve des faits. Je ne vois pas qu'est ce que le RPM peut proposer d'intéressant aux Maliens.

PDES

Un mal pour un bien : avec la création de ce parti, on peut espérer voir le début de la polarisation de  la scène politique malienne, à moins que l'ADEMA n'aille signer un pacte suicidaire avec ce PDES aussi pour pouvoir bénéficier de strapontins. Ce qui est fort probable. Dans tous les cas, le PDES ne ferait rien politiquement pour mériter la victoire en 2012, mais les autres partis feront tout pour la démériter. Avec son cortège de ministres et d'hommes d'affaire, il est sans douter le parti le plus riche du Mali,  l'argent et le pouvoir l'arme fatale dans un pays de pauvres. Ayant en plus le contrôle de l'administration, le PDES est le parti qui a le plus de chance car comme le disait Bongo « en Afrique, on n'organise pas les élections et les perdre ». A méditer.

Les autres

Mariko ? Même si sa méthode et parfois son discours laissent penser qu'il n'est pas encore prêt à exercer le pouvoir, il est de loin celui qui paraît honnête parmi nos politiques, mais à l'évidence les moyens lui manquent pour faire sa politique parce qu'au Mali les idées importent peu. Courage donc ! Quant à l'Urd, à l'évidence c'est un parti bien organisé mais sera-t-il capable d'éviter le piège du communautarisme qui fait tant peur aux Maliens? Concernant les indépendants, Zou a prouvé de par son passé qu'il est assez courageux, par contre on peut bien s'interroger au sujet de son entourage et de sa stratégie de conquête du pouvoir. Peut-il vraiment faire quelque chose dans l'atmosphère malsaine du Mali actuel ?  Et Modibo Diarra ? Il est sans doute un scientifique hors pair, un savant. A-t-il les qualités pour diriger un pays ?

En pourtant, le peuple souffre !!!

Sur le plan international l'état malien a démissionné, fuyant ses responsabilités vis-à-vis des autres : accords d'Alger, AQMI et Camatte, intervention franco mauritanienne sans avertir ATT, otages espagnols etc. Son inexistence au plan nationale se caractérise par la délinquance financière et  le manque d'autorité tout cela accompagne d'une absence totale de vision. Irresponsable sur la scène internationale,  impuissant nationalement, l'état malien n'existe tout simplement pas au Mali. Sinon comment expliquer ce qui se passe actuellement au Mali ? Sous le règne d'ATT, les vices rédhibitoires ont fait de la république du Mali un « no man's land » qui s'est aujourd'hui transformé à un « rançon land ». Que les prises d'otage et les négociations continuent pour que vive la république de « rançon land » !

A quoi sert le vérificateur  général ? Pourquoi les rapports du VGAL ne sont pas suivis de sanctions appropriées ? Soit les rapports sont faux, ce qui paraît impensable, soit ceux qui y son incriminés sont intouchables, ce qui paraît probable. Alors question à tous les hommes de droit : des centaines de milliards (112 milliards pour le dernier rapport) sont volés au vue et su des responsables du pays dont ATT en premier, nos dirigeants ne méritent ils pas un procès pour crime économique?

L'accumulation de politiques contre productives sous ATT, dont la dernière illustration est le projet de construction de monument dans le lit du fleuve Niger, a atteint un seuil qui démontre l'incompétence et l'amateurisme de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui. Comment comprendre qu'au moment même où le Mali lutte contre l'ensablement du fleuve Niger, pour ériger un monument à la gloire du prince, qu'on consente à remblayer ce même fleuve ? A ce rythme, ATT, la providence des sans loi ni foi, nous enverra tout droit au mur. Une chose me parait évidente, les conséquences de ses politiques néfastes  frapperont durement le Mali et il y a de fortes chances que les coupables échappent au jugement du peuple et au verdict de l'histoire. J'ose quand même espérer que ceux qui les ont soutenues  aujourd'hui écouteront les regrets de leurs propres consciences.

Entre les vols et impunités révoltants, les improvisations maladroites du gouvernement, et autres bêtises inqualifiables sans que personne ne lève le petit doigt, il ne faudrait pas s'étonner de voir en 2012 le PDES au pouvoir dans une autre version du consensus car, la démocratie malienne est très bizarroïde. Le peuple malien doit se préparer à endurer encore les galères de ses dirigeants.

 

 


Zanga

 

 




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