mardi 20 juillet 2010

Il faut de la matière grise pour gérer un Etat


Vous avez trouvé les mots justes, cher Bretaudeau, pour décrire la situation politique malienne. En effet, les muscles ont remplacé la matière grise dans la gestion de l'Etat depuis le coup d'état de 1968. Situation qui perdure de nos jours avec son corollaire de la transformation d'une grande partie de la population malienne en prédateurs. Il faut briller par sa bestialité ou avoir quelqu'un de cette envergure pour se faire une place dans la société. Les énormes potentialités propres à la population malienne que j'ai citées dans mon poste précédent son sous-exploitées ou inexploitées faute de programmes ou de visions à long terme pour le pays, parce que ces « muscles » en charge de la gestion de l'Etat n'ont pas l'éducation ou les capacités intellectuelles nécessaires. Ils ne pensent qu'à leurs poches, tout ce qu'ils ont pu apprendre de leur éducation.

Je ne suis pas certains que le pétrole tant espéré, même s'il venait à couler, puisse faire notre bonheur avec des voisins comme l'Algérie, AQMI, etc., et sans des moyens efficaces à la disposition de notre vaillante armée. Les ressources humaines sont les seules garantes d'un vrai développement. L'Inde, la Chine, le Japon, la Tunisie, etc. sont cette preuve vivante.

Avec ces énormes potentialités, la population n'a besoin que d'une éducation, une bonne formation et un encadrement pour servir valablement le Mali et faire de lui, l'Inde de l'Afrique. Sinon, elle le servira autrement, pas forcément de la bonne manière. Dans son message en réaction à mon poste, un internaute me disait que « malheureusement de nos jours quand tu n'es pas voleur du bien public et truand au Mali, même tes proches parents disent que tu es "Danga Den"!!! », ce qui veut dire en bambara « un maudit », si je ne trompe. Il a ainsi très bien décrit toute la problématique du travestissement d'une grande partie de la population malienne en truands. Cela est devenu un phénomène de société et pour l'enlever, il faut une opération chirurgicale, car le mal a atteint des proportions graves.

J'ai suivi un reportage sur une chaine de tv française portant sur la Colombie où le reporteur disait que les jeunes qui ont pris les armes pour regagner le maquis sont financés par l'Etat (en plus des revenus issus du racket) et vivent dans un luxe insolant alors que ceux qui sont restés sages ont leurs préoccupations prisent en compte, du moins théoriquement, dans des programmes comme le PEDES chez nous ou le Programme Spécial au Niger, mais la réalisation concrète de ces programmes est éternellement remise à plus tard …d'élections en élections. Aussi, toute la jeunesse a regagné le maquis et le peureux qui hésite à le faire est traité par ses propres parents de "Danga Den"!!! ».

Nous n'en sommes pas encore à une situation à la colombienne mais nous avons tendance à vite oublier que la presque moitié de notre territoire est occupée par AQMI qui dispose d'énormes moyens financiers issus du trafic de la drogue, du trafic des blancs et certainement du trafic d'organes humains, autrement, que font-ils du corps des personnes qu'ils égorgent. AQMI n'attend qu'une occasion pour cueillir une jeunesse (ce qu'il fait déjà) désespérée, déçue, aigrie et prête à servir la cause d'Allah. La Somalie est complètement raillée de la carte du monde, le Nigéria dans un piteux état. Le fou de la Jamaria Arabe libyenne a suggéré sa dislocation en différentes entités, ce qui n'est malheureusement pas une suggestion de fou.

On ne peut plus investir au Mali sans la crainte de se faire plumer par le premier escroc avec la complicité de la justice.

Cette situation n'est pas pour un développement durable d'un pays et doit s'inverser le plus rapidement possible avant d'atteindre son point de non retour.

Nous devons retrouver la même maturité et stabilité politique ghanéenne pour espérer amorcer un vrai décollage économique et social. Le Ghana a vite assimilé sa leçon sur la démocratisation parce qu'il avait au départ des hommes politiques de qualité. Alors que nous n'avons que des « muscles » et des truands pour la quasi-totalité. Ce qui fait toute la différence.

Il faudra qu'on nous explique par ailleurs d'où vient les moyens utilisés pour organiser ces meetings grandioses par des fonctionnaires de l'Etat pour l'inauguration de leurs partis politiques qu'ils créent à la vitesse de la lumière, alors qu'on nous rabat toujours les oreilles avec le refrain de la conjoncture internationale, qui est devenu notre hymne national, pour justifier la non-rémunération à sa juste valeur des heures supplémentaires des enseignants que l'Etat lui-même reconnaît, le désengagement de l'Etat dans le financement d'une éducation de qualité, du développement de l'agriculture, des infrastructures, etc.

Kamano



 

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Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel


--- En date de : Lun 19.7.10, Bretaudeau Alhousseini <bretaudeau@afribonemali.net> a écrit :

De: Bretaudeau Alhousseini <bretaudeau@afribonemali.net>
Objet: Re: [msas] Chaque peuple a les dirigeants qu'il mérite
À: "Kamano Bengaly" <b_kamano@yahoo.fr>
Cc: msas@maliwatch.org, KenedougouForum@yahoogroupes.fr
Date: Lundi 19 juillet 2010, 15h39

Mon cher frère Kamano,

Mon cher frère, notre jeunesse a besoin de telles informations, de tels repères, et elle doit avoir de telles idéaux de justice; ce qui n'est malheureusement pas le cas. Rappelez vous Kamano, je ne sais pas de quelle époque vous êtes, mais encore quand nous on était au lycée dans les années 70 avec l'UNEEM, c'était les majors de promotion qui étaient responsables de classe, donc leaders estudiantins, donc ceux qui avaient une "tête". Aujourd'hui ce sont les "vauriens bagarreurs" qui occupent les postes de responsables de classe, donc ceux qui ont des "muscles". Voilà pourquoi notre système est malade, car c'est les élèves d'aujourd'hui qui sont les cadres de demain. La corruption "véritable" a commencé depuis que des hommes ont commencé a payé des consciences pour faire des "marches", des "casses", etc. Maintenant comment inverser les choses, là je crois qu'il faut......

Bref, toutes mes félicitations pour cette brillante contribution qui peut éclairer les maliens sur ce qu'ils vivent. Mais je puis vous dire que le Mali a encore toutes les chances de s'en sortir avec tous les atouts que vous avez rappelé en fin de votre écrit. Je voudrais juste vous donner encore un espoir, car je pense que malgré tous ces défauts que mon frère Kamano a bien décrit, ces défauts ne sont pas encore structurelles au Mali selon moi. Ils pourraient aisément être corrigés, s'ils sont vite pris en main par des dirigeants à la hauteur de la tâche. Toutefois, je crois que beaucoup ne me croient pas. En effet, comme le rappelle un dicton bambara: "Banaba to ma da ALLAH là" en traduction "un malade n'a pas foi en Dieu".

Je n'ai aussi pas eu le temps de me relire.

Bravo Kamano.

Kamano Bengaly a écrit :
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> Bonjour,
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> En complément de mon analyse sur le sujet « chaque peuple a les dirigeants qu'il mérite » à la demande de certains internautes. Vous voudrez bien m'excuser des fautes et incorrections éventuelles, je n'ai pas eu assez de temps pour me relire.
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> Le peuple malien s'est spécialisé dans l'escroquerie et la corruption depuis le régime de Moussa Traoré qui a laissé installer ce phénomène pour avoir les mains libres. A l'époque, chacun était libre d'escroquer, de voler, etc. pourvu qu'il ne soit pas mêlé à la chose politique ou qu'il ne critique pas le régime. Je me rappelle à l'époque où le travail n'était pas encore une denrée invisible, du moins pour les petits boulots, lorsque vous vouliez recruter un manœuvre pour vos travaux, ce dernier se renseignait d'abord auprès de ceux déjà employés pour savoir s'il n'y avait pas de « yourgou yourgou » sur le chantier. Autrement dit, s'il n'y avait pas moyen de voler du ciment, du fer ou du gasoil. Et si les conditions de gardiennage étaient telles que ces « yourgou yourgou » étaient impossibles, alors il partait voir ailleurs.
>
> Le phénomène de la corruption n'a pas épargné les leaders religieux qui sont sensés être les phares d'une société pour la guider dans son comportement de tous les jours. Je me rappelle qu'au moment où le régime du GMT était vomis par la majorité des maliens excepter ses proches, l'imam de la grande mosquée de Bamako de l'époque demandait après chaque prière du vendredi aux fidèles (qui boudaient évidemment en sortant de la mosquée) de prier pour ce même régime, là où un fidèle avait poussé sa haine jusqu'à jeté ses chaussures de prières à la figure du dictateur. Je salue au passage la mémoire de feu Monseigneur Luc Sangaré (paix à son âme) qui restera à jamais notre repère à tous les maliens sans exception qu'il soit religieux ou non.
>
> Le phénomène s'est empiré avec l'avènement de la médiocratie acquis dans le sang lors des évènements de mars 1991. Les régimes successifs qui en ont suivi dont celui actuel sont la copie conforme de celui de Moussa Traoré à deux paramètres près : le contexte dans lequel ils sont issus et le temps. La relative liberté d'expression actuelle est un leurre, les opposants jetés en prison par AOK, les journalistes tels que «dragon » et autres, l'auteur de « la maitresse du président » et celui de « la promotion d'un homme et de son clan », ne diront pas le contraire.   
> Le coup d'état de 1968 aurait été moins dramatique et peut-être même bénéfique pour le Mali si le régime qui en était à l'origine avait eu l'intelligence de continuer la même politique de Modibo Keita à la corrigeant de ses erreurs, comme cela a été le cas en Tunisie ou au Burkina. Loin de moi l'idée d'approuver en particulier les actions dramatiques du tueur froid Blaise Compaoré. La bonne éducation scolaire, la formation du peuple, les usines, etc., du régime de Modibo Kéita n'étaient pas que des réalisations d'un régime socialiste ! Le régime de Moussa Traoré aurait pu enlever le mot socialiste au régime déchu et le remplacer par celui de capitaliste pourvu que la réalisation des bonnes actions ainsi que les bonnes habitudes, telles que le travail, la ponctualité, le respect de la chose publique, etc. perdurent. Mais puisque ce régime était plus un régime de brutes que celui d'êtres dotés d'intelligence, alors c'eut été trop lui demander une telle métamorphose. La quasi-totalité des penseurs à l'époque a été contraint à l'exile ou à la clandestinité.
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> Chacun d'entre nous sait combien il est difficile d'acheter de nos jours une parcelle de terrain au Mali sans se faire escroquer. Un forumiste du kenedougou a révélé qu'il s'était fait plumer à Sikasso dans une opération d'achat d'un terrain sans qu'il ait pu compter sur le bon Dieu de la justice. Pour cette raison, il ne voyait pas très bien la nécessité d'aller voter pour faire installer un autre clan d'escrocs qui continuerait à laisser perdurer le phénomène. Le refus des gouvernements successifs de lutter contre ce phénomène ne lui donne t-il pas raison. Je n'ai pas compris l'utilité de ce forum organiser sur le foncier, comme toujours pour tromper le peuple, alors qu'il aurait fallu tout simplement appliquer la justice pour assainir le phénomène. Comme il n'existe aucune justice au Mali, l'institution la plus corrompue, alors il faut multiplier les fuites en avant pour masquer les problèmes.
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> La plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité des partis politiques actuels au Mali sont des organisations d'escrocs.
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> Ce peuple a donc besoin d'un leader qui le guide vers son avenir qui est loin d'être celui de l'enfer actuel dans lequel il est maintenu contre son gré. Nous avons les musiciens les plus doués d'Afrique et dans le monde, la teinture malienne est la plus prisée d'Afrique, nos tailleurs sont les meilleurs du continent, nos artisans sont une référence, nos scientifiques : professeurs de mathématiques, physiciens, astronomes, etc. font la fierté de tout un continent dans les universités les plus prestigieuses d'Amérique, à la NASA et à travers le monde, alors je refuse de croire que le peuple malien soit condamné à cette médiocrité actuelle avec toutes ces énormes potentialités. Il a besoin d'une simple étincelle pour émerger et briller de toute sa lumière.
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> Kamano
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> Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement est une responsabilité sociale de l'intellectuel
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> --- En date de : *Ven 16.7.10, Kamano Bengaly /<b_kamano@yahoo.fr>/* a écrit :
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>
>     De: Kamano Bengaly <b_kamano@yahoo.fr>
>     Objet: [KenedougouForum] Le modèle malien : les « zaffaires »
>     À: msas@maliwatch.org
>     Cc: KenedougouForum@yahoogroupes.fr
>     Date: Vendredi 16 juillet 2010, 15h21
>
>     
>     Soumana Sacko : L'anti-modèle au Mali parce que patriote !
>
>     Lien : http://maliweb. net/category. php?NID=63047
>     <http://maliweb.net/category.php?NID=63047>
>
>     *Chaque peuple a les dirigeants qu'il mérite.*
>
>     Jean-Bedel Bokassa Ier, empereur fantoche dument mérité des
>     centrafricains, l'un des peuples les plus fainéants et les plus
>     pauvres d'Afrique et dont le sous-sol regorge de richesses de tout
>     genre
>
>     Lansana Conté, ex-président d'un pays surnommé  " absurdistan "
>     appelé Guinée, un scandale géologique en Afrique
>
>     Le maréchal Mobutu Sese Seko, ex-président du pays de la danse, du
>     sexe et des fêtes, un autre scandale géologique
>
>     El Hadj Omar Bongo Ondimba, ex-président d'un des peuples les plus
>     insensés d'Afrique, qui, au lieu d'utiliser ses nombreuses
>     ressources pétrolifères malheureusement épuisables pour faire de
>     son pays l'un des rares émergents d'Afrique par la formation de
>     qualité de son peuple, le développement de son agriculture, de son
>     système de santé (lui-même est mort à la clinique Quiron de
>     Barcelone en Espagne), la création d'une véritable industrie,
>     etc., s'est contenté pendant plus de 40ans de distribuer ces
>     ressources entre les différents groupes ethniques de son pays et
>     financer les partis politiques français (une de ses fiertés).
>
>     Le Professeur de mathématique et d'économie, Maitre Abdoulaye
>     Wade, le Président le plus tricheur et voleur de l'Afrique
>     moderne, à l'image de son peuple « wolof » dont la triche est la
>     première vertu.
>
>     La liste est très longue
>
>     Alors mon interrogation : quel genre de dirigeant le sort nous
>     réserve-t-il en 2012 pour notre récompense de maliens pour qui les
>     « zaffaires » sont une vertu et le patriotisme, le travail, le
>     mérite, etc., des tares réservées aux aigris et décalés sociaux ?
>
>     Kamano
>
>     
>     ____________ _________ _________ ________
>     Savoir, c'est porter la responsabilité d'agir, et agir c'est
>     s'engager dans la voie de la reforme de la société. L'engagement
>     est une responsabilité sociale de l'intellectuel
>
>
>n

Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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