jeudi 3 juin 2010

Notes de voyage.

Notes de voyage

 

Je reviens d'un voyage qui m'a fait passer par Bamako où mon séjour a essentiellement consisté à travailler en vue de la création d'une université privée dédiée à la science et à la technologie. Cette université a déjà une existence  et s'appelle « Université Autonome des Sciences et Technologies du Sahel » ou, en abrégé, SahelTech. SahelTech est le fruit d'un partenariat académique. Il devra ouvrir ses portes à la rentrée d'octobre 2010. Ma vie publique est toute transparente et je ferai en sorte que tout ce qui se rapporte à SahelTech le soit également. De ce fait je vous ferai un texte spécifique sur SahelTech plus tard. En attendant il s'agit de rendre compte du Mali tel qu'il m'est apparu.

 

Les points positifs

Il n'y a aucun doute, au sein des appareils d'Etat, des efforts ont été faits. J'ai eu l'avantage de visiter plusieurs ministères où j'ai été très favorablement impressionné par la qualité de l'accueil, la qualité du personnel depuis les secrétaires jusqu'aux membres des cabinets ministériels. Un geste aussi simple que celui consistant à accueillir un visiteur en le saluant et en lui offrant de l'eau à boire n'était visible que dans certaines entreprises privées. J'ai constaté dans deux ministères que se construit une excellente pratique qui se présente comme suit. Tout courrier arrivé est désormais suivi. Lorsqu'un numéro de téléphone y figure, une personne au secrétariat du ministre (ou de la ministre) est chargée d'appeler le correspondant pour lui indiquer à quel service et à quelle personne son courrier a été imputé, pour le suivi. Cela est très important dans un pays comme le Mali où tous les courriers sont adressés au ministre. Je ne dis pas que ce système de suivi du courrier est déjà systématique dans ces deux ministères mais il existe déjà et cela est très encourageant. Qu'y a-t-il donc de plus important dans une administration que de suivre et de traiter les dossiers ? Je voudrais féliciter le Ministre de la Santé, la Ministre du Logement, des Affaires Foncières et de l'Urbanisme qui ont eu le courage et l'intelligence, aussi, de nommer à leurs cotés des secrétaires généraux compétents actifs et crédibles. Bien entendu mon jugement ne porte pas sur tout le fonctionnement de ces ministères. Mais il est important de noter qu'une bonne graine a été plantée ici et là.  Un tel environnement permet à un homme intègre comme le Directeur de l'Urbanisme de mettre en place des règles très claires et très précises de fonctionnement des services dépendant de lui. A la Direction de l'enseignement supérieur, un cadre qui était en congé a daigné, presque chaque jour, venir afin que ses congés ne gênent pas le fonctionnement normal du service public du fait qu'il n'a pas d'adjoint. Je dois aussi signaler que le Ministère de l'Administration Territoriale a renouvelé en le simplifiant énormément le dossier de constitution d'une association. Ce petit geste est un grand progrès formel pour la démocratie.

Bien entendu, ces services ne sont pas parfaits, mais ils sont sur la bonne voie de ce qu'il faut faire dans notre pays. C'est en mettant petit à petit et bout à bout ces expériences positives que nous pouvons fonder un espoir sur un Mali meilleur.

 

Les points négatifs

La liste est trop longue pour tenir sur ce papier. Cependant nous allons en citer quelques uns.

La grève à l'université.

Ce problème est très grave comme le sont tant d'autres dans notre pays. Il se cache sous ce probleme quatre problèmes de fond que nous devons identifier.

 

Le premier problème de fond est que le gouvernement malien doit reconnaitre qu'au sens de Keynes, sa politique économique mérite d'être améliorée. Observons d'abord que la théorie de Keynes est une des plus légitimes pour évaluer la politique économique et sociale du gouvernement malien. Pourquoi ? Parce que l'Etat est la seule force opérationnelle, directement et indirectement, du paysage économique. Pourquoi au sens de Keynes la politique économique et sociale du Mali est telle insuffisante? Malgré la part officielle du budget consacrée a l'éducation nationale, on constate que  les enseignants sont devenus des « travailleurs pauvres » qui malgré leurs revenus s'enfoncent dans la misère et de façon inexorable à tel point que la retraite devient pour l'enseignant plus redoutable que la mort. On sait depuis Adam Smith (La Richesse des Nations, Livre I, Chapitre VIII) que lorsqu'un groupe social ne vit que de son travail et que lorsque ce travail est sous-estimée sur l'échelle des valeurs sociales, alors ce groupe de travailleurs est condamné à la misère. Existe-t-il une solution pour sortir un tel groupe social de la misère ? Oui, elle existe. La réponse a été apportée par John Maynard Keynes. Et selon Keynes, c'est l'Etat seul qui peut apporter la solution par une bonne « politique économique » entendue au sens où elle institue la justice sociale, recherche l'efficacité économique et renforce la liberté politique. La pauvreté des enseignants est donc une preuve de l'inexistence d'une politique économique visant la justice sociale, l'efficacité économique et donc, au sens de Keynes, la politique économique du gouvernement malien n'a pas atteint les objectifs attendus.

Le second problème de fond. Au Mali le salaire de base ne représente plus la part essentielle de la rémunération. La vraie remuneration d'un travailleur malien comprend les trois composantes suivantes : composante 1 : salaire de base, composante 2 : les primes, les indemnités et les avantages en nature ; composante 3 : les produits de la corruption (appelés en Bambara, « wori-fou », c'est-à-dire revenu gratuit) ou yurugu-yurugu (expression qui sonne bien ce qu'elle veut dire).

Le salaire de base est devenu une composante dont la contribution est négligeable dans le revenu. De ce fait on aura beau augmenter le salaire de base des enseignants, ils ne pourront jamais rattraper le niveau de vie des autres catégories professionnelles ayant accès à de l'argent des composantes 2 et 3. En raison de cette structure des revenus du malien, j'ai été dans l'incapacité de calculer et l'indice de pauvreté des enseignants, et l'indice de la sévérité de la misère qu'ils endurent, et le niveau de revenu nécessaire pour sortir les enseignants de la pauvreté. Je voulais pour cela utiliser les indices de Sen (Amartya Sen, Prix Nobel d'Economie 1998 ; Poverty: An Ordinal Approach to Measurement, in  Econometrica, issue 44, Mars 1976, p 219) et de Zheng (Aggregate Poverty Measures in Journal of Economic Survey, vol 11, no 2, pp123-162).  Car, désormais, le revenu du malien (y compris celui de l'enseignant donnant des cours sauvages et vendant des polycopiés non validés et non soumis à l'impôt), en raison de sa structure privilégiant la corruption et les primes, est impossible à déterminer. Je voudrais dire à mes collègues que le revenu n'est qu'un critère parmi 3 pour mesurer la pauvreté d'un intellectuel en 2010. Le critère le plus important est « l'illettrisme technologique ». Même si on vous donne de l'argent. Beaucoup d'argent. Si vous n'obtenez pas d'accéder à la technologie, le passeport du temps présent, alors vous serez classés dans les statistiques comme pauvres et miséreux.

Le troisième problème de fond. Les enseignants en grève comparent leurs revenus à ceux de leurs collègues de la sous-région Afrique de l'Ouest. Cette grève est une preuve d'un échec, ou tout au moins, des difficultés de l'intégration régionale ouest-africaine. S'il existait un mécanisme de convergence politique et économique réel dans la zone UEMOA, alors on devrait pouvoir mobiliser des ressources financières venant des pays économiquement solides pour compenser les salaires des enseignants maliens. Bien entendu ce mécanisme contiendrait un plan permettant à la qualité de l'enseignement malien de rattraper celle des autres pays. Il n'y a pas d'intégration régionale sans solidarité financière et sans solidarite sociale.

De ce fait je vais recommander à mes collègues enseignants d'abandonner provisoirement la comparaison de leurs revenus à ceux des autres du fait qu'il n'existe pas de convergence économique et sociale objective régionale.

Le quatrième problème de fond. Un enseignant malien est, comparativement au PIB, 3 fois mieux payé qu'un enseignant vietnamien et cela depuis 20 ans (Options for Accelerated Development of Primary Education in the Sahel, J.P Jarousse et A. Mingat, Publications de l'IREDU, Dijon, France). Dans les mêmes conditions de travail, là où un enseignant vietnamien permet de conduire 10 étudiants au succès, l'enseignant malien, lui ne conduira qu'un seul au succes. Autrement dit, jugé en fonction de l'efficacité l'enseignant vietnamien fait 30 fois plus et mieux que le malien. Dans ces conditions, dans l'absolu, il est difficile de suivre les revendications de nos collègues de l'intérieur tant qu'en contrepartie il n'y a pas une exigence d'efficacité et aussi de respect de règles déontologiques. La compétition internationale est aussi entre le Mali et le Vietnam. Ceci étant dit, je soutiens la lutte de mes collègues car, sur le principe, elle s'appui sur les conclusions du Forum de l'Education Nationale (FEN). En ce sens, la lutte actuelle est légitime. Tant qu'elle restera pacifique, respectera la loi et se référera au FEN, elle méritera notre sympathie et notre soutien.

 

A travers ces quatre problèmes de fond, on voit que la solution à ce grave problème de l'école est politique. La vraie prochaine opportunité d'une vraie solution ne viendra qu'en 2012. Mais entretemps, les maliens peuvent, par la solidarité, aider à donner espoir à l'école et aux enseignants. Surtout, entretemps, il faut bien que le gouvernement et les enseignants cohabitent, négocient et s'entendent. Un forcing de la part du gouvernement de mettre les enseignants à genoux serait une erreur. Je vois la solution dans une contribution citoyenne en faveur de l'école. Cette contribution ne doit pas être une ponction monétaire qui risque d'aggraver la dépression économique ou une aumône qui dégradera encore d'avantage l'image des enseignants. Mais elle doit être vue et appliquée comme le point de départ d'une relance méthodique de l'économie nationale en revenant aux fondamentaux d'une bonne politique économique que sont la recherche de la justice sociale, la promotion de l'efficacité économique, le renforcement de la liberté politique.  

 

Le projet de reforme constitutionnel

A vrai dire je n'ai vu et ne vois aucun mérite au projet actuel de reforme constitutionnel proposé par le CARI. En premier lieu je me pose la question du mandat. En démocratie, on obtient un mandat lorsque durant la campagne électorale et avant l'élection le futur président dit clairement au peuple ce qu'il va faire une fois qu'il sera élu. Je ne crois pas, sauf erreur de ma part, qu'aucun candidat à la présidence ait annoncé en 2007 qu'il modifiera la Constitution en introduisant un critère sur la nationalité, en augmentant les pouvoirs du président, en y inscrivant les salaires des ministres et en y inscrivant des avantages pour les enfants et épouses des présidents et premiers-ministres.

Je voudrais revenir sur un point, celui où il s'agit de restreindre l'accès à la présidence de la république selon un critère de nationalité. Les pays non africains, les pays européens en particuliers, depuis les drames du nationalisme du 19eme siècle se servent de la nationalité pour inclure dans la communauté nationale des groupes et individus qui en ont été séparés pour des raisons souvent historiques. En Afrique la nationalité est utilisée pour exclure. Au Liberia les pouvoirs politiques et économiques avaient été surtout concentrés  entre les mains des anciens esclaves libérés et revenus d'Amérique. En 1980, un jeune Sergent de l'armée nommé Samuel Do y avait pris le pouvoir et avait décidé d'exclure de la communauté libérienne ces « demi-libériens  qui pouvaient avoir sans difficulté la nationalité américaine ». Le Liberia n'est toujours pas sorti du drame qui en a résulté. Le Docteur Duvalier en prenant le pouvoir à Haïti en 1958 s'est rendu populaire auprès de la « population noire majoritaire » en disant qu'il allait reprendre le pouvoir à ces populations souvent métissées qui faisaient leurs études à l'étranger et qui, souvent, avaient une double nationalité. Haïti ne s'en est toujours pas relevé. En Ouganda, en 1972, Idi Amin avait décidé d'exclure de la communauté nationale ougandaise les individus d'origine indo-pakistanaise sous prétexte que beaucoup pouvaient aussi prétendre à la nationalité britannique, pakistanaise ou indienne. A ce jour l'Ouganda n'est pas encore sortie des suites de cette calamite, presque 40 ans après.

En Angola, la division du MPLA ayant donnée naissance au FNLA et à l'UNITA les acteurs de la guerre civile était essentiellement fondée sur des distinctions dictées par la question suivante : « qui est plus angolais que qui ? ». La séparation du Cap-Vert et la Guinée Bissau repose en grande partie sur le même genre de considérations. Le CARI nous propose t-il d'engager le Mali sur la même voie ? Les intellectuels africains se référent, à longueur de journée, à l'Histoire. Mais, pour le grand malheur de l'Afrique,  ils sont souvent sourds et aveugles face aux enseignements de cette même Histoire.

Il y a aussi cette idée comique sortie du chapeau du CARI qui est que porter uniquement la nationalité malienne pourrait faire échapper un président-malfaiteur à la justice. Saddam Hussein d'Irak, le General Manuel Noriega du Panama, le General Augusto Pinochet du Chili, Alfonso Portillo du Guatemala, Luis Gonzalez Macchi du Paraguay, le General Jorge Raphael Videla d'Argentine, le General Alejandro Lanusse d'Argentine, Carlos Menen d'Argentine, Slobodan Milosevicz de Yougoslavie, ont en commun d'avoir été chefs d'Etat, de ne pas avoir eu une double nationalité et d'avoir connu la prison à la suite d'initiatives de puissances étrangères. Ceux de cette liste qui ne sont pas morts sont toujours en prison. Qui peut donc affirmer que si les puissances etrangeres contribuant au budget de l'Etat malien à hauteur de 33%, autorisant les transferts de fonds des maliens émigrés, décidaient, demain, de mettre en prison un malien de quelque statut qu'il soit, elles ne le pourront pas? 

Le CARI peut nourrir cette ambition à la « superman» de vouloir protéger le Mali contre l'élection d'un président vaurien et malfaiteur. Ce rôle n'appartient à personne. Le peuple a tous les droits y compris le droit d'élire un président vaurien et malfaiteur. C'est la démocratie qui permet, si elle est solide, à un peuple bien instruit et bien informé de se choisir, par la grâce d'élections libres, sincères et transparentes, les dirigeants vertueux qui méritent de le servir. Ce qui est demandé au CARI est de contribuer à renforcer la démocratie au Mali et non de se préoccuper de l'avenir des présidents, de leurs épouses ou de leurs enfants.

 

La lutte contre la corruption - L'élite et le patriotisme

La corruption n'a jamais été aussi florissante et la lutte contre la corruption aussi timide. Les ingénieurs de la corruption ont trouvé des méthodes nouvelles pour echapper au contrôle aujourd'hui et, aussi, tentent d'echapper par avance à la loi, demain.

Une banque, celle qui devrait tenir un rôle capital dans le développement national, qui porte des références à l'immobilier et au logement est devenue un véhicule principal et spécial servant ce mode nouveau de la corruption. Cette structure qui a toujours été, depuis sa création, une « boite de miel » pour les hommes politiques et leurs familles est devenue, depuis, aussi une officine de police politique. Je mets quiconque au défi de prouver que les décisions de cette banque ne relèvent pas plus du charlatanisme au service d'intérêts particuliers que du professionnalisme au service du développement national. C'est quoi une officine de police politique ? Une officine de police politique est un instrument inséré au sein des organes légaux avec pour rôle de sauvegarder l'équilibre des forces sociales en séduisant par des moyens non avoués les indécis, d'intimider par des moyens occultes les militants sociaux, de neutraliser par la menace implicite et explicite les adversaires, d'humilier ceux qui ont choisi d'être en dehors du système. Cette banque offre « spontanément » des prêts à toute personne susceptible de critiquer le statuquo politique. Cette banque utilise les prets accordés pour intimider ou faire taire des citoyens. Cette banque utilise des « contrats juteux » passés de gré à gré pour asservir et neutraliser les forces du changement social. Alors, cette banque est-elle ou non une officine de police politique ? Je mets au défi cette banque de publier la liste de ceux qui lui doivent de l'argent en disant ce qui est entrepris contre chacun pour récupérer cette somme, de publier la liste des personnes, sociétés ayant des contrats ou ayant bénéficié de contrats avec cette banque y compris les avocats, les huissiers, les conseillers financiers. Au Mali tout le monde sachant qui est qui alors chacun tirera son opinion en examinant ces listes. Je reviendrai sur cette banque dans un autre texte et cela pour rendre compte d'un conflit qui m'a opposé à ses dirigeants que, jusqu'a preuve du contraire, je crois totalement incompétents et ignorants des principes de l'économie. Bien entendu, je fais une distinction entre les travailleurs légitimes de cette banque, personnes estimables, dont les emplois sont mis à risque par des individus aux savoirs douteux maintenus en place par certains protecteurs.

 

Arrêtons-nous cependant sur les activités des cadres maliens corrompus en vue de dissimuler leurs fortunes mal acquises. Dans les années quatre-vingt-dix, de nombreux « révolutionnaires, démocrates et patriotes sincères » ont troqué leurs bicyclettes et mobylettes contre des limousines. Puis ils ont pris de l'argent. Cet argent a souvent pris la direction de banques en Europe.

Ces dernières années, les pistes des porteurs de valises ont changé.  Les destinations de l'argent volé par les plus hauts cadres sont, le Golfe Persique, Dubaï en particulier, la construction immobilière et le dépôt dans des comptes locaux appartenant à des auxiliaires de justice : avocats, cabinets d'avocats, huissiers, sociétés écrans aussi bien au Mali que dans la sous-région où les liens n'ont jamais été aussi étroits entre les experts en blanchissement d'argent y compris l'argent de la drogue.

Désormais ce sont les menus cadres qui font passer leur argent en Europe où les banques leur font acheter des maisons dans des zones sinistrées par la crise immobilière. J'ai récemment reproché cela à un européen auquel je faisais remarquer que les dispositions du gouvernement Balladur  prises en 1994 devraient empêcher de tels comportements inamicaux de la part des banques européennes. Il m'a répondu qu'il n'y avait pas de petits profits en période de crise et que si la démocratie africaine n'était pas en mesure de dissuader ses « démocrates sincères » de devenir de vulgaires voleurs, alors pourquoi l'Europe devrait-elle s'en charger ?

Il est très facile de confondre les auxiliaires de justice mafieux participants à ces actions antipatriotiques. Il suffit, promptement, de regarder les fonds en dépôt sur les comptes bancaires de tous les auxiliaires de justice et de demander une justification des fonds, des activités auxquelles se rapportent ces fonds et aussi des biens patrimoniaux. Bien entendu je ne parle pas ici des fonds transférés en faveur des ayants droits étudiants en Europe, au Canada et surtout aux Etats-Unis. Ces transferts sont encore plus faciles à vérifier grâce à la disposition favorable de ces pays à collaborer avec les actions de lutte contre la corruption. Il appartient aux patriotes africains de prendre l'initiative de pister les responsables-fraudeurs africains et de les faire punir par la loi.

 

Pour qui et pourquoi, je me bats ?

Quelques esprits chagrins diront que j'en veux à tel ou tel. Ce qui m'intéresse c'est mon pays. Et à ce niveau j'ai une lourde responsabilité personnelle. En 1957,  à la veille des élections du 31 mars, j'étais le jeune garçon qui, aux cotés de Fily Dabo Sissoko, est tombé dans le coma à la suite de l'attaque aux abeilles dont son meeting politique a fait l'objet. Fily a dominé la scène politique du Soudan sans partage de 1945 à 1956. La veille du 22 septembre 1960, Modibo Keita est rentré de Dakar. La foule qui l'attendait le long du chemin de fer était essentiellement constituée de femmes. Ces femmes à la taille ceinte, souvent habillées de pantalons, armées de haches, de coupes-coupes, de daba, étaient parties sur le sentier de la guerre pour libérer la « patrie et son chef  emprisonné à Dakar par Senghor et Mamadou Dia». Cette foule m'a, je ne sais par quel miracle, porté au devant du futur Président Modibo Keita. Lui et Mariam étaient assis sur 2 tabourets d'enseignants. J'avais tenu fermement par la main mon ami Gaoussou Mariko, actuellement en service à l'Ambassade des Etats-Unis à Bamako. Mariam m'a parlé la première. J'étais tellement ému et le bruit de la foule était si fort que je n'ai rien retenu de ses paroles. Modibo que je regardais droit dans les yeux m'a dit ceci : « Fils, je suis fier que tu aie la tète haute et droite. Nous allons poser les premières pierres d'une maison nouvelle. Toi et tes amis vous devrez construire cette maison. Faites que dans cette maison, plus jamais personne ne baisse la tete». Par la suite, mes camarades, durant ma jeunesse m'ont désigné pour garder le Drapeau de la République du Mali.  Pendant des années, j'ai fait corps avec ce drapeau que je hissais au mat chaque matin devant mes amis en position de salut. Puis en fin de journée, je le faisais descendre. Croyez-vous donc que pour moi il puisse exister quelque chose de plus grand et de plus noble que le Mali ?

 

Dialla Konate

Blacksburg, 2 juin 2010

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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