mardi 22 juin 2010

Le coup de gueule d'un jeune enseignant.

Bonjour Professeur

Ces deux textes reflètent toute la situation de notre école en particulier et de tout le système malien en général.En effet depuis après les événements de 1991, avec l'avènement de Mr Alpha Oumar Konaré, l'école a été prise en otage par les non enseignants c'est à dire des personnes étrangères à l'école. Revenons aux faits.Sous le régime Moussa Traoré, jusqu'à' 1988 il y ' avait quatre instituts pédagogiques d'enseignement général au Mali: Kayes, Bamako, Sikasso et Diré.Le Mali a signé une convention avec la banque mondiale pour ramener le nombre de ces instituts à deux seulement: Kangaba et Niono.A cette réduction du nombre des instituts s'ajoutait déjà le départ volontaire des enseignants à la retraite vaec la bénédiction des institutions de Breton Woods.Imaginez, avec l'évolution démographique, on fixe le nombre des instituts à deux pour ce grand pays et ensuite on laisse les enseignants partir à la retraite volontaire.Déjà en 1990, j'avais assisté à une réunion de cadres de notre établissement de formation de maîtres à Niono où le général Sékou Ly alors ministre de l'éducation  nationale disait aux drecteurs d'écoles fondamentales, "s'ils recrutaient plus de 70 élèves en classe de 1ere année, il va boxer et le maître et le directeur et l'inspecteur de l'enseignement".Le gouvernement dont faisait partie Sékou Ly a été balayé en mars 1991 par une insurrection populaire.Déjà en 1995, j'ai assisté dans notre école d'application d'un premier cycle de Niono avec mes stagiaires de l'Institut Pédagogique d'Enseignement Général , une classe de 1ere année où il y a vait 182 élèves. Il y avait la double vacation: 91 élèves venaient le matin pendant toute la semaine et 91 autres le soir pendant toute la semaine.La semaine suivante, c'est l'inverse.Comment un seul  maître peut tenir une classe de 182 élèves, à lui seul et corriger les feuilles et pour une prime de 10.000 fr CFA.Même si la prime revenait à 50.000 fr, il ne peut pas.

 

Ensuite, la NEF( la Nouvelle Ecole Fondamentale) un projet d'un ministre de Mr.Alpha Oumar Konaré, Mr Adama Samassékou, un éminent linguiste.Dans cette NEF, les 99,9% des élèves du premier cycle passent dans la classe supérieure même s'ils ont 1 de moyenne.Certaines matières du DEF sont supprimées (histoire-géo, biologie, éducation physique).A cela s'ajoute la mauvaise organisation des examens du CEP et du DEF.C'est la vache laitière de certains enseignants qui perçoivent à cette occasion "le de la rahison". Les élèves cotisent à chaque matière du DEF et la cotisation est fonction de l'importance de la matière, pour les enseignants malhonnêtes leur traient les sujets.C'est la raison pour laquelle, des élèves orientés au lycée n 'arrivent même pas à avoir la moyenne de doublement. Tout ce que Mr.I.B. ET Mr.L.K. ont dit, c'est la vérité crue.

 

Même les autres corps c'est la même chose.Recemment, un Professeur de lettres m'a dit qu'il a participé au dernier concours des élèves commissaires de police, un candidat l'a dit en bambara de le remplir l'entête de sa feuille d'examen, etonné, le candidat lui dit qu'il

fasse ça ou pas, lui, il a déjà l'assurance de son passage. Ils étaient deux et ils ont passé aussi.Une connaissance m'a dit qu'il a vu un jeune  policier sifler un chauffeur de Sotrama parce qu'il a brûlé le feu de signalisation alors que ce n'est pas vrai.Lui, il est parti intervenir pour le chauffeur parce qu'il est conscient qu'il n' a pas brûlé le feu.Le jeune policier lui dit en bambara, korô, moi j'ai payé 300.000 fr CFA pour passer au cocours de la police, donc il faut que je récupère mes 300.000 fr.Ce qui est à la mode au Mali, celui qui n'a pas de travail se plaint de son chômage mais dès qu'il obtient du travail il trouve son salaire zéro et il faut qu'on lui donne quelque chose pour traiter ton dossier. Le travail pour lequel on lui paye, il faut lui corrompre pour le faire. Ceal se trouve à plusieurs échelons de la fonction publique. Un agent de la fonction publique m 'a caché mon dossier de régularisation en octobre 1992 et il me demande de l'argent pour me satisfaire. Il a été soutenu dans ce travail par son chef de division de l'époque. Il n' y a pas d'école au Mali.La majorité des lycées privés ne répondent pas au critère et pourtant on leur donne

l'agréement. Cela veut dire que leurs parrains se truvent parmi certains cadres du ministère de l'éducation avec qui ils partagent les dividendes. Même les professeurs qu'ils récrutent sont de mauvaise qualité dans la majorité: des étudiants avec le DEUG qui enseignent au lycée. A la correction du BAC 2009, un correcteur d'anglais a été renvoyé parce qu'il n'a pas le niveau et on a constaté qu'il a massacré plusieurs candidats. Ils étaient obligés de revenir sur son travail. Vraiment Professeur, l'enseignement n'existe même pas au Mali. Les formations de la FSEG et de la FSJP et de l'IUG se font sur corruption: notes financièrement et sexuellement transmissibles. Imaginez, un douanier qui exerce à Kayes ou à Gao qui est inscrit dans ces écoles et il continue à faire normalement son travail et en fin d'années il réussi bien à son examen. Ces cas sont très nombreux. La première des choses que je demande à mes collègues c'est de balayer devant nos portes d'abord et après on réclame. Sous le gouvernement il y'a eu la banalisation de la fonction enseignate fortement décriée à l'époque par les syndicats enseignants. Par le manque d'enseignants, tous ceux qui n'ont pas de métiers sont venus à l'enseignement non pas pour amour du métier mais par le chômage. Beaucoup sont venus d'ailleurs avec de faux diplômes. La commission de la fonction qui fait le depouillement

des dossiers des contractuels a decelé 1666 faux diplômes (BAC, BT, CAP, DEF, etc.).Lorsque le gouvernement Alpha a initié la hiérarchisation de l'enseignement en 1994, il est venu majoré la grille indiciaire des autres fonctionnaires à 1.15 qu'il a réfusé d'accorder aux enseignants. C'est sa première trahison à son corps qui l'a aidé à prendre le pouvoir lors des élections de 1992. Son gouvernement a démontré avec plusieurs acrobaties pour dire que le 1.15 c'est les fonctionnaires régis par le statut de la fonction publique et que les enseigants sont dans un statut particulier.

 

 Cher Professeur, le changement ne se fera pas par ce gouvernement parce qu'il est un fruit de la corruption comme vous avez l'habitude de dire que les enseignants ne doivent pas regarder les biens des autres cadres parse que c'est le fruit de la corruption. Le changement doit venir de l'extérieur à eux , c'est une inssurection populaire qui va instituer un régime d'exception. Ce dernier va organiser une nouvelle conférence nationale sur plusieurs mois et non pas celle de 1991 organisée en 15 jours. C'est ce régime d'excetion qui doit faire un contrôle de tous les biens mobiliers et immobiliers de tous les agents de l'état avec justice. Il faut un nouvel ordre au Mali et ce régime est incapable de le faire parce qu'il est souillé. Je ne vois aujourd'hui personne sur le plan politique qui peut apporter un changement si ce la petite opposition dirigée par Mariko et Konimba Sidibé qui sont très faibles dans cette forêt de corrupteurs.Comme I.B. et L.K. viennent de le dire, au Mali ce lui qui dit la vérité devient énnemi. Moi aussi je dis que le premier ennemi de l'enseignant c'est l'enseignant. Bonne journée Professeur et vous m'excuserz beaucoup du désordre dans mes idées. Merci à Mrs I.B.et L.K.

 

Y. A.


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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