mardi 18 mai 2010

Notes d'Information, d'organisation et de mobilisation.

Note d'Information, d'Organisation & de Mobilisation

 

0- Avertissement

Je voudrais donner quelques éléments sur la pensée qui m'anime. Ceci est nécessaire pour comprendre ce qui suit. Parce que j'ai reçu vos contributions. Chacune est si juste. Chacune porte son ton et son intensité. J'ai essayé de rassembler les propositions contenues dans ces contributions en utilisant mes mots. C'est pour cela que je dois avertir afin de vous donner les éléments du filtre au travers desquels vos propositions sont passées.

Je pars du principe qu'en réalité ni le problème de l'école, ni celui de la corruption encore moins celui de l'exclusion d'une partie de la population des activités nationales ne peuvent être résolus de façon isolée. Tous ces problèmes sont intimement liés et se rejoignent pour définir l'état de santé du corps social et économique du Mali. Ensuite je fais des hypothèses qui sont les suivantes :

Hypothèse 1 : il n'y a pas d'intention manifeste de l'Exécutif, du Président de la République ou du Gouvernement de détruire la fonction enseignante, d'encourager la corruption ou d'exclure une partie des maliens. Cependant les méthodes de gouvernement en vigueur depuis 1991 et qui se sont accentuées depuis incluant la façon de choisir les hommes, incluant le fait de ne pas sanctionner des individus manifestement malfaisants font que la persistance de la corruption, l'effondrement de l'école, l'exclusion de certains maliens sont devenus des plaies dont le pouvoir politique a l'entière responsabilité ;

Hypothèse 2 : je suis convaincu que les résolutions issus du « Forum National de l'Education » (FNE) en particuliers les recommandations relatives a l'amélioration des conditions de vie des enseignants ne peuvent s'appliquer sans une modification profonde de l'environnement scolaire et universitaire ;

Hypothèse 3 : les privilèges, primes et autres avantages accordes a certaines catégories professionnelles allant des membres de la Cour Suprême aux magistrats en passant par les administrateurs civils et militaires ont créé des déséquilibres dans le système national de rémunération. De ce fait toute amélioration des conditions de vie des enseignants débutera par la révocation de ces privilèges et la mise en place de critères de rémunération qui ne créent pas des déséquilibres non conformes aux échelles de valeur que nous devons donner a notre société ;

Hypothèse 4 : le pouvoir républicain a malheureusement été compris comme un festival où on régale des personnes proches en oubliant le devoir  de promouvoir l'intérêt général.

 

Par conséquent toute solution aux problèmes du pays doit être globale. Le Président de la République et les autres institutions du pays doivent avoir l'humilité de reconnaitre que le gouvernement actuel du Mali est mauvais même si le gouvernement et la fonction publique sont composés d'individus dont beaucoup sont extrêmement brillants, compétents et animés de la meilleure des intentions. Le mode de gouvernement a fait que les individus les plus punissables de notre pays se réclament du Président de la République, du Gouvernement tout en sapant le moral de la nation et détruire les bases mêmes de la nation malienne qui sont la justice et la solidarité. Par exemple il est largement rapporté a Bamako que le recrutement des jeunes dans l'Armée Nationale, dans la Police dans la Gendarmerie, dans la Garde Nationale, dans la Douane, dans la magistrature, etc… ces matrices de la Nation moderne,  se réduit purement et simplement a du favoritisme a coloration politique. Ceci est tout à fait inacceptable et nous devons le refuser. Mais nous devons le refuser et travailler en même temps avec les institutions du pays pour changer la situation. C'est le sens de la démarche que nous devons avoir. Il est entendu que si nos efforts de collaboration ne sont pas compris, si les autorités ne veulent pas changer les méthodes de gouvernement, si les autorités ne veulent pas débarrasser la vie publique d'individus corrompus et malfaisants alors nous devront en appeler au peuple et confronter ces individus malfaisants.

 

1- Introduction : la richesse d'une nation

 

A l'époque que nous vivons la richesse d'une nation n'est pas faite de matière première. Elle repose sur les hommes en bonne santé, bien éduquées vivant en égalité devant la loi. Une loi servie par une justice administrée par des femmes et des hommes digne de respect et de crédit. Voila le principe le long duquel j'ai construit les recommandations sorties de vos contributions.

 

2- Le Mali crée t-il de la richesse ?

L'éducation est presque morte depuis 20 ans. Les femmes et les enfants de notre pays, en particulier au Nord souffrent de malnutrition et peut être même de famine. Il est notoire qu'au Mali il n'y a plus de justice. De nombreux juges se vendent au plus offrant ou prennent, lorsqu'ils le peuvent, de la menue monnaie des deux parties en conflit. L'exécutif a, en de multiples occasions, montré que le principe républicain de séparation des pouvoirs, n'a pas cours au Mali.

Dans toutes les parties du pays, il ne se passe une semaine sans que des troubles ne soient rapportées, générées du fait de la compétition autour de ressources de plus en plus rares. Plus grave, d'après des chiffres qu'il faut vérifier, environ 90% des litiges appelés devant les tribunaux sont liés au foncier. La terre malienne, notre propriété commune, la chose première pour laquelle chaque malien devrait accepter de mourir, divise les maliens. Beaucoup de ceux qui ont accédé au pouvoir se sont arrogé aussi le pouvoir de s'approprier individuellement cette partie du patrimoine commun des maliens.

Les élites maliennes n'ont plus la moindre légitimité. De 1991 à ce jour la plus forte participation à une élection que les élus eux-mêmes reconnaissent en privée est de 20%. Que vaut la légitimité d'un système politique, économique et social qui se fait sans, et même contre, 80% de notre peuple ?

Chères sœurs, chers frères, avec nos yeux fixés sur l'horizon, nous avons décidé ces 10 dernières années de mettre toutes nos capacités à la disposition de notre pays pour lui éviter des drames si courants en Afrique depuis 50 ans. Parmi d'autres, Nous avons eu l'idée du « Forum sur l'Education ». Nous avons conçu les « Etats Généraux contre la Corruption et la Délinquance Financière ».

Deux ans après, ces deux assises sont toujours a l'état de projets en devenir alors qu'elles étaient censées mobiliser les maliens pour contribuer à fonder un Mali nouveau. Plus grave, la corruption ne s'est jamais portée aussi bien au Mali ou elle est arrogante, agressive et a atteint des niveaux qui ne sont plus acceptables. Presque deux ans après le « Forum sur l'Education » l'école du Mali et donc l'avenir de notre pays n'ont jamais été aussi compromis.

La solidarité au sein des familles et entre les groupes humains ont toujours été ce remède qui a toujours permis a nos populations de vaincre l'adversité de la nature et cela depuis plusieurs milliers d'années. Et voila qu'aujourd'hui des voix qui ont été autorisées appellent à exclure une partie des maliens parmi les plus méritants. Qui veut-on exclure de la communauté malienne ? Des maliens qui, pour accéder au savoir, qui pour faire échapper les leurs a la misère, ont migré et apportent entre 100 et 300 milliards Cfa par an a l'économie du Mali. Ces maliens honorables se voient montrés d'un doigt infamant et proposés à être 'exclus de la dignité d'accéder a la présidence de la république et a d'autres fonctions publiques. Les maliens vivants à l'extérieur ne sont pas les seuls visés. En ce moment même des maliens expérimentés ayant donné le meilleur d'eux-mêmes a Huicoma ont été jetés hors de leurs emplois. En ce moment même, avec leurs familles, ils campent dans la faim et le mépris à la Bourse du Travail. Ils ont été humiliés pour le bénéfice de membres de la nouvelle confrérie des privilégiés.

 

Voila le tableau.

 

3- Que faire ?

Nous avons l'obligation de prendre nos responsabilités dans la mesure même où en 2007, avant les élections présidentielles nous avons déclaré notre volonté de ne plus accepter la déchéance du Mali et des maliens. Le Peuple malien a élu des femmes et des hommes. Nous avons, au nom de notre peuple l'ardente obligation de nous battre pour que le principe du gouvernement exercé par eux ne repose ni sur l'arbitraire ni sur la corruption.

 

En premier lieu nous devons soutenir les travailleurs en lutte en particulier nos collègues, sœurs et frères enseignants, les travailleurs de Huicoma. Ces appuis devront se traduire par un message de soutien sans ambigüité. Nous devons appeler le gouvernement et tous les élus de notre pays à rejoindre le camp de la raison et de l'avenir de notre pays en travaillant avec application avec nous sur la base de nos propositions.

 

4- Des rapports doivent être produits :

1- Un rapport sur le « Forum sur l'Education », par le Professeur Fad Seydou ;

2- Un rapport sur les « Etats Généraux contre la Corruption et la Délinquance Financière », par Dialla Konate ;

3- Un rapport sur les recrutements au Mali en particulier dans l'Armée, la Gendarmerie, la Douane, la Police, la Garde Républicaine, la Justice, et sur les emplois de l'APEJ, etc… par un volontaire. Ce rapport peut être remplacé par un article de presse s'il en existe bien écrit et crédible.

Ces rapports ne devront pas dépasser 2 pages et devront qualifier la situation tout en identifiant les rôles et responsabilités du gouvernement en disant si son rôle est positif ou non.

 

5- Les propositions rassemblées

 

5.1- Mise en place d'un Conseil Elargi :

Il apparait dans les messages la nécessite de mettre en place un Conseil Patriotique pour l'Application de la Constitution (CPAC). Ce conseil devra non seulement comprendre des personnes représentatives des maliens de l'intérieur, des maliens de l'extérieur, des associations de la société active représentatives, des associations religieuses, des associations de jeunes, des associations de femmes, etc… J'accepte la responsabilité de mettre en place ce conseil dans les 5 jours suivant votre feedback et l'acceptation définitive de nos recommandations.

 

5.2- Proposition d'actions relatives a l'Ecole :

1- Que le Professeur Seydou Fad nous fasse en termes très clairs un rapport de deux pages maximum établissant clairement les responsabilités de la non application des recommandations.

2- Mise en place d'une commission de vérification des diplômes en commençant par tous les ministres du gouvernement de 1991 a ce jour ;

3- Fermeture de l'université et déclaration d'une année blanche pour une réorganisation totale en vue d'une ouverture dans de meilleures conditions en octobre 2010;

4- Refondation totale de l'université en définissant des départements nouveaux dont l'objectif est de former des diplômes susceptibles de trouver du travail ou d'en créer ;

5- Redéfinir la fonction d'enseignant en fonction de critères objectifs : disponibilité, efficacité, excellence. Ces critères permettront d'établir la nouvelle échelle des revenus (salaires + rémunérations de diverses natures) ;

6- Rétablir la liste des enseignants déjà identifiés comme ayant enfreints les règles déontologiques, les radier du métier et présenter leurs dossiers a la justice ;

7- Radier a vie les élèves et étudiants ayant été identifiés comme troublant la discipline scolaire et dissoudre immédiatement les organisations estudiantines sources de troubles.

 

5.3- Propositions relatives à la corruption et à la délinquance financière

1- Démission des juges corrompus et déplacement de ceux suspects de comportements non conformes à la déontologie, transmission des dossiers à la justice ;

2- Démission des enseignants convaincus de triche et de fraude. Présentation de leurs dossiers à la justice ;

3- Enquête justifiée sur tous les biens de cadres sur lesquels pèse une suspicion d'enrichissement frauduleux ;

4- Enquête sur les diplômes des membres du gouvernement depuis 1991 et sur certains corps de métiers : les enseignants, les médecins avant de planifier la généralisation de cette vérification à tous les fonctionnaires et assimilés.

 

5.4- Propositions relatives à la jeunesse et à la création d'emplois

1- Annuler tous les recrutements surtout dans l'armée, la garde, la police, la gendarmerie ou des interventions et du favoritisme sont soupçonnés ;

2- Négocier avec les banques pour la création de fonds d'investissement a risque a partir des bénéfices bancaires. Utiliser ces fonds pour soutenir l'emploi des jeunes et des moins jeunes en particulier notre pays a besoin de mettre au travail de nombreux retraites dont l'expérience est utile.

 

5.5- Propositions d'action relatives à la scène institutionnelle

1- Démission des membres du CARI, abandon du travail du CARI et, si nécessaire mise en place d'une commission représentative et consultative pour la reforme constitutionnelle

2- Révoquer la tenue de DIASPO – ISTM.

Mon opinion personnelle sur cette proposition: une opportunité de dialogue est toujours une opportunite à saisir dans un pays surtout un pays où les liens entre l'Etat et le citoyen sont devenus si tenus comme au Mali.

3- Mise en place d'une commission nationale, en vue d'appliquer la constitution de  faire l'état des biens des personnalités gouvernementales

4- Révocation des primes et autres privilèges accordés depuis 1991 et création d'une commission nationale paritaire gouvernement partenaires sociaux pour la révision nationale des salaires et des primes ;

 

6- Actions demandées

1- Demander la démission du gouvernement ou de certains ministres ;

Ma proposition personnelle concernant cette action : travaillons par étape. Il n'y a pas lieu de demander d'emblée la démission du gouvernement. Donnons-nous un calendrier. Je propose le calendrier suivant :

-          présentation de nos recommandations à la population malienne et au gouvernement (10 jours) ;

-          évaluation de la réponse du gouvernement (5jours).

-          Donner notre décision, définir les lignes de l'action et agir.

2- Mise en place d'une « Commission Autonome de Reforme de l'Education et de Suivi du Forum Nationale sur l'Education »

3- Mise en place d'une « Commission de Suivi des Etats Généraux contre la Corruption et la Délinquance Financière » ;

4- Recueillir la liste des vexations et autres humiliations vécues par des maliens. Imposer réparation immédiate, sanction des responsables de ces fautes surtout lorsque ce sont des fonctionnaires ou assimilés ;

5- Mise en place d'un dispositif populaire d'évaluation des activités des députés et des maires afin de les publier à la veille des élections à venir.

 

7- Mesures conservatoires volontaires proposés

1- Transfert d'argent. Se limiter a des transferts strictement liés a l'entretien de la famille au Mali ;

2- Participation aux équipes nationales. Demander aux joueurs de tous sports de suspendre, dans un premier temps pour un match leurs participation a des matchs des équipes nationales ;

3- Envisager, le cas échéant la migration des comptes ouverts par les maliens de l'étranger dans des banques maliennes en France et aux Etats-Unis vers une banque internationale et négocier avec cette banque des conditions de collaboration en faveur des déposants.

 

Dialla Konate

17 Mai 2010 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
Fax (00) 223 223 81 68
B.P. E3206 Bamako-Mali
Cel1 (00) 223 643 49 64
Cel2 (00) 223 653 83 44
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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