jeudi 13 mai 2010

lettre de soutien à mes profs





Lettre de soutien à mes professeurs

 

Depuis 1991, à la faveur de l'acquisition de la liberté d'expression, mère de toutes libertés, vous n'avez cessé de réclamer une révision de vos conditions de travail qui se dégradent davantage avec l'impunité des enfants que vous avez la charge d'éduquer. L'incertitude du lendemain continue encore à planer au dessus de vos têtes. C'est dans ces conditions, que l'on s'interroge, à bon droit, sur l'attitude de nos ulémas, Clergé, intellectuels et autres chefs des griots, qui gardent le silence depuis le durcissement de la crise. En effet, comment comprendre que, depuis des mois, aucune personnalité nationale, indépendante et crédible, n'ait entrepris une médiation entre les protagonistes, comme si, au pays de Soundjata, personne n'était capable de prendre de la hauteur, en se mettant au dessus de la mêlée.

Or, quand on interroge l'histoire de notre pays, on se rend compte que se sont les enseignants qui ont fait cette Nation. Ils incarnent les grands hommes appelant à l'éveil des consciences, exhortant au dépassement des solidarités sectaristes. Quel cadre malien n'a pas acquis les bases nécessaires de son éducation dans les salles de classe vétustes de nos villages ou de nos villes ? Tout est fruit du dur labeur de ces pauvres enseignants qui, aujourd'hui, luttent  pour un minimum de conditions. Ces enseignants essuient, outre l'indiscipline d'enfants de plus en plus mal éduqués, la douloureuse incompréhension d'une opinion publique soumise à la rumeur.

Nous sommes tentés d'affirmer, sans entrer dans le détail dans lequel, semble il, réside le diable, que l'un des cas les plus amplifiés et entretenu par l'Etat, se limite en fait à une sérieuse opposition entre deux centrales syndicales dont l'une pratique un syndicalisme combatif et véhément tandis que l'autre se nourrit d'un mélange de pratiques politiques souterraines et de la culture du non dit.

D'une chose, je suis sur, professeurs, c'est que cette crise scolaire, dont le seul comptable est le gouvernement a eu comme conséquence un désert intellectuel énorme et une disette académique sans précédent. Mais, mes chers profs, quelque soit l'issue de la crise qui ébranle notre école, ce genre de clin d'œil, assez louche, soit dit en passant, ne peut pas effacer les efforts consentis.

Des fois je me demande quelle part d'humanité reste-t-elle à nos gouvernants de cet air démocratique tant entonné? Que les monstres dictateurs pillent, saccagent, tortures ou tuent, c'est toujours la part bestiale qui s'exprime en eux. Mais quand l'intelligence et la liberté viennent à concilier intérêts personnels et conquête démocratique, c'est la raison qui vacille. Nos politiques ont, hélas, conquis la rue sans jamais en capter l'esprit. Dans ce cas de figure, c'est l'esprit de la rue qui, excédé, fait valoir sa force.  Il est bon de savoir, chers gouvernants que, tant dans sa nature primitive, tout groupe humain cultive ses propres saufconduits. Pour se prémunir des ministères et milices d'un autre cru.

A vrai dire, je me demande parfois, si derrière les prétentions des dirigeants, ne se cache pas l'intention quelque peu sournoise de mettre en mal le système éducatif de notre pays. Mais dans un tel régime, il n'est pas bien indiqué de développer ce genre d'arguments qui peuvent facilement être retournés contre leurs auteurs. Il importe, cependant, de rappeler que malgré nos divergences, parfois profondes, nos confrontations, par tempérament, passionnées, aucun d'entre vous, à ma connaissance, n'a mis en cause l'attachement à un avenir commun.

 

Abdoul Aziz O. MOHAMED

74 74 74 02

Email: benkasba@yahoo.fr

 





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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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