jeudi 27 mai 2010

Blaise Sangaré à propos de la crise de l’école malienne : «Le Mali est en danger de pauvreté absolue»

Politique
 Blaise Sangaré à propos de la crise de l’école malienne : «Le Mali est en danger de pauvreté absolue»
 22 Septembre, 27/05/2010 Commentaires [ 10 ] E-mail Imprimer

Dans un communiqué de presse déposé à notre rédaction, Blaise Sangaré, Président de la CDS, lance un appel à la classe politique malienne, afin qu’un «minimum républicain sur l’école soit défini et proposé par nous au Président de la République». Parmi les solutions qu’il préconise, la fixation de limites au droit de grève, tel que «généralement prévu par la Constitution», car «c’est à nous de dire assez!».

A mon humble avis, la politique n'est pas une gnose, encore moins une science. Je la sens comme une conscience, un engagement sacerdotal. En s'y engageant, l'individu fait vœu de prendre sur lui les responsabilités de réflexion, de direction et d'action, aux noms et endroit de sa communauté. La réalisation de cet état passe par la reconnaissante des autres envers lui, comme tel, c'est‑à‑dire que dès lors que les autres concitoyens lui confèrent la dignité de prétendant à l'élite dirigeante. Là commence la responsabilité morale historique de chargé du destin commun. Tel l'homme de Dieu, qui s'investit pour un meilleur au-delà de ses ouailles, l'homme politique a le devoir de s'investir pour le bonheur de la Nation entière, pour aujourd'hui et demain, c'est‑à‑dire la postérité ici bas. La philosophie d'engagement semble égale pour les deux, la différence étant dans la notion "demain".

Politiques? Alors, partis de tous bords, nous sommes de la même appartenance et du même engagement pour le Mali. Pour son territoire, pour son peuple, pour son développement... Pour tout ce Mali, la classe politique a en charge des missions transversales, qui sont d'égal partage pour tous ses fils. Ce sont les fondamentaux de toutes les grandes nations: l'éducation, la formation, la construction de la ressource humaine m'apparaissant comme l'essence, la substance de la pérennité du Mali de demain.

Cinquantenaire, tu me tiens (sans effet de mode). Si les pères fondateurs du Mali, menés par le Président Modibo Kéita, ont bâti des socles, la préparation de la jeunesse en était la clé de voûte. Quand le Président Modibo Kéita, dans ses adresses à la jeunesse, lançait sans cesse «vous êtes le Mali de demain», il avait conscience que, dans le rôle de pionnier de l'intégration africaine, il fallait que le Mali soit vraiment préparé et conserve le leadership, à travers sa composante humaine. 30 ans après, les fruits sont devenus ces cadres qui ont, non seulement les outils intellectuels affirmés, mais, aussi et surtout, sont trempés dans les indispensables vertus de patriotisme, de devoir et de sens de l'intérêt public. Je veux être fier du passé de mon pays, de son histoire, mais ce sentiment s'estompe dès que je me pose la question préjudicielle de savoir : en tant que politique, quelles sont les balises que j'ai posées aujourd'hui pour demain? Quel est l'escompte de mes forces futures? Du coup, la réalité m'interpelle, brutale et inconcevable, pire, hypothèque sur l'avenir du Mali, à travers les pesanteurs sur l'école: ‑ les élèves qui déterminent l'opportunité et la durée de leurs congés; ‑ ces mêmes élèves qui décrètent, négocient et mettent fin à leurs grèves; ‑ quand ce ne sont pas, eux, les enseignants alternent, en inscrivant plus ou moins dans la durée leurs arrêts de travail.

Dans tous les cas, aucune des deux parties ne semble, à chaque fois, réaliser que les périodes blanches ne sont pas rattrapables. Ni en instruction, ni en culture, donc pas en compétitivité. J'ai dit compétitivité? Alors juste 3 petites choses, retenues par la science du sage qu'est l'observation. Comparons: 1) Une émission télé de divertissement, intitulée "Epelez-moi", sur 2STV, pour des jeunes de pays voisins juste du niveau C.E.P, jouant à épeler tous les mots qu'on leur propose; 2) Tous les jeux radiophoniques proposés par les radios privées de la place à Bamako, auxquels participent généralement les étudiants, toutes filières confondues. En inversant le jeu de rôle, j'ai l'impression d'écouter les premiers à la place des seconds et vice-versa; 3) l'inventaire des sociétés multinationales sous-régionales ayant pignon sur rue à Bamako, devant faire la fierté de la promotion des grands secteurs économiques, qui sont toutes tenues par des jeunes ressortissants d’autres pays de la sous-région.

A l'évidence aujourd'hui, et cela pour la décennie 2010‑2020, pour toute ouverture de poste, par concours sous-régional, pour la gestion de patrimoines communs aux nombreuses organisations sous-régionales engageant le Mali, nos nationaux ne seront pas compétitifs pour les ravir. A des bacs de 9 mois seront opposés des bacs de 3 mois ... Donc, la création de grands ensembles géo-économiques, dont notre pays est le chantre, est plutôt l'ouverture à une forme indirecte d'asservissement aux autres, qui sera la mise sous tutelle de la direction de nos entreprises économiques, indirectement la cogestion de notre cité et la subordination de notre pouvoir décisionnel, car, si la politique gouverne un Etat, l'économie oriente cette même politique.

J'ai toujours entendu les petits esprits dire avoir le souci de l'avenir de leurs enfants ... Les leurs propres? J'estime donc, qu'à l'opposé, l'homme politique doit avoir le souci de la postérité et poser des actes pour tous les enfants, qui sont par nature générationnelle l'avenir du Mali, car le ver mis dans le fruit de la relation gouvernants ‑gouvernés est que, pendant toute la période d'incertitudes et d'inconstance scolaire que nous traversons, les fils des nantis sont formés ailleurs et ceux de "Monsieur tout le monde" livrés à la NEF et à l'école publique débrayée, avec au bout la rue, au mieux le sous-emploi et les petits métiers.

Il est alors illusoire et utopique de croire qu'il est possible que la minorité ainsi soustraite à cette parenthèse de pagaille revienne un jour s'installer et s'imposer aux responsabilités, quelles qu'elles soient, de leurs concitoyens angoissés, désespérés et sans repères. De causes à effets, tout cela peut induire 3 conséquences prévisibles: coupure et décalage nets entre nationaux de formations différentes; prise de conscience de ce clivage et rejet des revenants par les résidents; aggravation de la fracture sociale, conduisant à des révoltes voire des soulèvements

Le mauvais augure ne sied pas à l'optimiste combattant que je suis, mais il est impératif pour moi de présenter une esquisse de ce qui m'apparaît comme la charge commune de toute la classe politique du Mali. L'histoire du Mali qui sera contée et lue aux générations de demain est notre présent, qui est en train de s'écrire et dont nous serons comptables. Tous les Maliens se targuent de Kouroukanfouga, même ceux qui ne sont pas Mandingues.

Aussi, je m'adresse à mes collègues politiques, de toute option, pour qu'ensemble nous établissions un code commun, autour de ce que notre peuple a de plus cher et qui doit lui survivre, à savoir sa progéniture, gage de sa pérennité. Ceci est l’appel d'un politique aux autres politiques.

Pour qu'un minimum républicain sur l'école soit défini, et proposé par nous au Président de la République face au peuple souverain. Pour le Mali, et opposable à tous, afin que l'école ne soit plus que l'école, il faut que ce minimum républicain fixe absolument les limites du droit de grève généralement prévu dans la Constitution, en le rendant sujet de la mission fondamentale, du devoir régalien de l'Etat d'éduquer, de former, d'instruire ses fils pour les grands défis de la mondialisation.

S'il est constant que c'est par le travail conscient que l'homme découvre, transforme et crée de la richesse, alors le Mali est en danger ... de pauvreté absolue. C'est à nous de dire assez!.

Mamadou Blaise Sangaré

Président de la C.D.S, Conseiller National, Ancien Candidat à l'Election Présidentielle

 

 

22 Septembre, est seul responsable du contenu de cet article  
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Posté par alcali  23,  le 27 May 2010 09:47:04 GMT
 
voulons nous avançer!!!? alors un peu de clairvoyance, Blaise ici ne
fait qu'inviter à une reflexion en vue d'une solution.ce n'est pas une
histoire d'argent ou de vol de biens qui est le sujet mais juste une
invitation à un changement de comportement, une prise de conscience afin
d'assurer un "minimum" de niveau aux scolaires et etudiants Maliens. si
cette invitation parait absurde pour certain et pour la simple raison
que Blaise aurait pioché dans la caisse! alors preparons nous au pire
dans dix ans!!! car nous ne sommes pas capables d'ecouter, de
comprendre, de réagir et d'anticiper aux plus ptites choses de la vie!
corollaire nous coulons, j'en fait partie bien sûr!!!! salut à tous.
 
 Répondre à < alcali >
Posté par Bandiougou  113,  le 27 May 2010 09:32:58 GMT
 
Pour commencer, moi aussi je réclame à Blaise de rendre au trésor public
l'argent qu'il a volé à la caisse des retraites, en tant que simple
Malien !!
 
 Répondre à < Bandiougou >
Posté par sosso  867,  le 27 May 2010 08:33:32 GMT
 
"An bè no do" c'est faux,ceux qui ont gerer ce pays sont seuls
responsables de la deroute de notre système educatif.Ils se glorifient
d'avoir construit des millers de clases et d'ecoles et aussi des routes
et meme des poulaillers, et pourqoi ils ne sont pas aussi courageux
d'endosser leur echec? Quand choisi de diriger un pays,on doit etre
capable d'assumer tte ses responsabilités face à l'histoire.
 
 Répondre à < sosso >
Posté par veridique  1954,  le 27 May 2010 08:03:45 GMT
 
bonne proposition. De toute façon, quand on fait tout ce qu'on peut
faire, il restera ce qu'on ne peut pas faire....
 
 Répondre à < veridique >
Posté par dojanko  643,  le 27 May 2010 07:20:06 GMT
 
Voilà ma proposition: Commencer à recenser les cadres dans
l'administration et dans le secteur privé, identifier les compétences
des uns et des autres, les attribués les cours qui ne sont pas tenu.
Envoyer au service militaire d'éducation civique, les enseignants qui
sont entrain de prendre le pays en otage. Dans 10 ans ça ira mieux.
 
 Répondre à < dojanko >
Posté par wangrin174  5,  le 26 May 2010 23:03:05 GMT
 
M.SANGARE, tes constats semblent justes. Aussi, je retiens ta fuite de
responsabilité dans cette situation. Cela dure 19 ans. Au commencement
je n'étais qu'un tout petit. Voila que politique que vous êtes, vous
n'avez pas été capables, tous autant que vous êtes, de rendre au moins
ce que Modibo, j'allais dire l'État en son temps, vous a donné dans le
cadre du devoir de génération. je vous plaints tous autant que vous
êtes. Et je suis profondément déçus que cela soit le choix de la société
malienne. Après tout, ces dirigeants ne sont ils pas à notre image?
 
 Répondre à < wangrin174 >
Posté par DOUDOUBA  1626,  le 26 May 2010 22:52:04 GMT
 
Au moins si toi tu remboursait l'argent que tu a vole' a l'etat,les
choses iront mieux pour certaines familles .
 
 
Réponse de < DOUDOUBA  1626 > à < Kinguiranke >,  le 27 May 2010 03:40:26 GMT
 
A SERENISSIME,qui ne connait pas le passe' de ce BLAISE,il ne fait que reciter ce qu'on a deja entendu ici,tout les politiciens sont pareils ,ils ne font que denoncer cette situation de l'ecole malienne mais personne n'apporte sa contribution reelle sur le terrain afin que cette situation cesse et j'ai l'impression qu'ils pensent que cette situation les arrange. Actuellement on a besoin de pratique que de theorie pour resoudre ce probleme de l'ecole.
 
 Répondre à < DOUDOUBA >
Réponse de < Kinguiranke  7983 > à < serenissime >,  le 27 May 2010 00:54:00 GMT
 
DOUDOUBA a raison car tu ne peux pas voler et pretendre avoir des bonnes ecoles. Voler c'est le symbole du non merite et le message est clair: voler vaut meux que d'aller a l'ecole pour etudier et avoir un bon diplome. Blaise n'a pas de valeur morale pour parler de la republqiue.
 
Réponse de < serenissime  231 > à < DOUDOUBA >,  le 26 May 2010 23:55:19 GMT
 
même s'il rend ce qu'il a volé quelqu'un d'autre le volera mon frère ! Mais en réalité j'adhère a ses idées !Il m'arrive d'avoir honte devant les ressortissants de nos pays voisins tant notre système educatif est malade et grabataire!C'est à peine si nos journalistes savent conjuguer un verbe du premier groupe au present !Regarde un peu ce qu'ils ecrivent !Comme s'ils ne savaient pas que tout le rete de l'humanité pouvait les lire sur le net. Depuis que les eleves aussi ont humé la bonne odeur du pouvoir du temps de Mariko au CTSP ,il n'y a plus jamais eu d'ecole !C'est les années blanches ,noires ,rouges ou des années scolaires de trois mois !Certaines années scolaires commencent en Aout et d'autre en juin !Personne ne s'y retrouve plus !surtout les parents !Mais on est tous fautifs aussi !An bè no do
 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l’Homme".

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