mardi 11 mai 2010

29 ans après sa mort, Bob Marley vit toujours.

29 ans après sa mort, Bob Marley vit toujours

 

 

De son vrai nom Robert Nesta Marley, Bob Marley est né le 6 février 1945, d'un père aisé, d'origine anglaise et d'une jeune paysanne jamaïcaine. Son immense œuvre musicale n'est que le fruit de 36 années d'existence terrestre, cependant, les messages véhiculés par Marley resteront à jamais gravés dans la conscience des peuples durant plusieurs générations, du moins, tant que ne cesseront pas l'oppression et l'exploitation des plus pauvres par les plus riches, des plus faibles par les plus forts. Son enfance dans les ghettos de Trenchtown, à Kingston, en Jamaïque va influencer sa musique. Vivant dans l'oppression de la pauvreté et de la misère, recevant les échos de ses frères victimes aux Etats-Unis proches, il décida à partir du début des  années 70 de faire du reggae, une musique engagée, revendicatrice, salvatrice, moralisatrice et surtout pacifique. A ce stade de sa vie Marley avait déjà contribué à l'enregistrement de plus de 350 chansons dans les styles ska et rocksteady.

 

De son immense œuvre, on retiendra des réquisitoires contre la guerre et l'exploitation des peuples (War, Zimbabwé, Survival,..), des messages prophétiques (Time will tell, Exodus, Natural Mystic...), des messages d'union et de paix (Africa Unite, One love, So much trouble in the world,...). L'Homme et les rapports humains avaient une grande place dans la musique de Bob, surtout la critique de l'homme mauvais (Rat race, I shot the sherif,…). Il a également chanté le quotidien  des êtres (Is this love, Could you be loved, My woman is gone, Take it easy,...) à travers des chansons d'amour et de savoir-vivre. Il a invité tout un chacun au combat, combat contre les exactions mais surtout combat contre soi-même (Get up stand up, Coming in from the cold,...). En effet c'est lui qui disait : « pourquoi es-tu si triste? Ne sais-tu pas que quand une porte se ferme, une autre s'ouvre? Ne sais-tu pas que quand une porte se ferme, beaucoup d'autres s'ouvrent!? » Bref, de véritables leçons de courage, de patience et d'abnégation, telles qu'enseignées par les écritures révélées.

 

Au-delà du succès musical, Bob Marley a surtout été grandi par son combat politique, d'abord chez lui, dans son île natale, en Jamaïque et ailleurs dans le monde. C'est ainsi qu'il réconcilia dans un stade plein à craquer, deux opposants politiques jamaïcains, Edward Seaga et Michael Manley. Dans son pays, Marley a été victime d'attentat pour ses convictions politiques (Ambush in the night). Dans ses messages transcendantaux, il invitait les peuples à revendiquer leurs droits, si minimes soient-ils. C'est pourquoi, sa musique est devenue universelle et intemporelle, touchant toutes les couches socioculturelles. Défenseur de l'identité et de la dignité noires bafouées par des siècles d'esclavage, de ségrégation, de colonisation, d'apartheid, ses chansons furent influencées par les combats menés par Marcus Garvey, Malcom X, Martin Luther King, Nelson Mandela et bien d'autres.

 

Hors de la Jamaïque, la musique de Bob était salvatrice pour bon nombre de peuples opprimés. Son principal combat était contre Babylone, cette antique cité, qui symbolise le système capitaliste et ses suppôts. Pour lui, « le système babylonien est un vampire qui suce le sang des opprimés, tous les jours ».  Babylone, c'est toute exploitation de l'homme par l'homme, Babylone, c'est tout le système corrompu et destructeur, Babylone c'est tous les apatrides de tous les pays. « Les greniers sont pleins mais nous avons faim, un homme qui a faim est un homme aigri (an hungry man is an angry man) » disait-il.

 

De ses rapports avec l'Afrique, on retiendra tout d'abord l'Ethiopie d'Haïlé Selassié, le Négus, communément appelé Ras Tafary 1er par les rastas. En effet, Selassié symbolisait l'incarnation du dieu vivant des rastas. Il était le roi des rois, le seigneur des seigneurs, le lion conquérant de la tribu de Judée, le 255ème descendant du roi Salomon et de la reine de  Saba, l'altesse impériale.

 

La célèbre chanson « War » de Marley a été composée avec les paroles du discours que Selassié a prononcé le 06 octobre 1963 aux Nations Unies : « tant qu'existera une philosophie qui fait une race supérieure et une autre inférieure, partout il y aura la guerre ; tant que la couleur de la peau d'un être humain n'aura pas plus de signification que la couleur de ses yeux, partout ce sera la guerre. Nous Africains, nous nous battrons si nécessaire et nous savons que nous vaincrons, car nous avons confiance en la victoire du bien sur le mal ».

 

De ses liens avec l'Afrique, il faut également retenir la sympathie de Marley pour le peuple zimbabwéen qui accéda à l'indépendance en 1980. Lors des festivités, Marley faisait partie des invités de marque. « Chaque homme a le droit de décider de sa destinée, nous allons nous battre pour nos droits » chantait-il, devant 40 000 personnes au Rufaro stadium d'Hararé. C'est cette chanson mythique « Zimbabwé » qui donna le surnom « Zimba » à un quartier mythique de Bamako, le Banconi.

 

Que dirait Marley de l'Afrique d'aujourd'hui? Eh bien, il serait certainement déçu. En effet, il aurait constaté la mutation de Babylone qui était auparavant symbolisé par le système oppresseur blanc. Aujourd'hui, Babylone est devenu comme un caméléon, prenant la couleur de son environnement. On y retrouve des Africains bon teint, complices de la destruction programmée de notre continent. Babylone a pris la forme des multinationales qui pillent le sous-sol africain, y prélevant son or, son uranium, son pétrole. Babylone, ce sont ces véreux cadres africains qui sucent le sang de leur patrie, entraînant misère et désolation. Babylone, ce sont également ces africains qui ont détourné des milliards, dormant dans des comptes en Suisse ou monnayés en châteaux et résidences à Paris. Babylone, c'est encore celui-là qui a procédé au partage de l'Afrique, à Berlin, en 1885, semant méfiance et divisions entre africains. Babylone, c'est aussi celui-ci qui, faisant face au Continent et tournant le dos à l'île de Gorée, a craché à la face des Africains que « l'homme africain n'était pas assez entré dans l'histoire ».

 

A ce sombre tableau, on pourrait ajouter quelques rayons de lumière. Ainsi, Marley aurait pu constater que l'apartheid était terminé, que Mandela n'était plus en prison, qu'il avait même accédé au pouvoir suprême. Si Marley était là aujourd'hui, on aurait pointé du doigt les Etats-Unis, juste à côté de chez lui, lui disant qu'un de ses frères, ayant la baraka comme lui, est devenu le Président du monde. On lui aurait également dit que l'union africaine qu'il prônait commence à germer, ne serait-ce que dans les esprits. Si Marley était là aujourd'hui, nous lui aurions dit, nous, une certaine jeunesse africaine, que nous avons entendu et compris son message. Que nous croyons en notre continent et que nous allons nous battre pour la matérialisation de ses idéaux et la réhabilitation des peuples d'Afrique et des Caraïbes. Que le chemin est long et difficile, mais que nous n'allons pas nous laisser faire, car « nous refusons d'être ce qu'ils voudraient que l'on soit, car nous sommes ce que nous sommes, car nous sommes des rebelles qu'ils ne peuvent apprivoiser ».

 

Il serait injuste de parler de Marley sans mentionner ses qualités de musicien hors pair, « toujours imité mais jamais égalé ». Bob Marley se frotte à la musique dès son jeune âge, galvanisé par son amitié avec Bunny Wailer et Peter Tosh, rencontrés dans les dédales sombres de Kingston. Ensemble, ils fondent leur groupe  « The Wailing Wailers » et produisent leur premier album quand Bob n'avait que 18 ans. Evoluant dans le ska et le roksteady, Marley se décide à faire du reggae vers l'âge de 25 ans. Entre temps, le groupe a changé de nom pour devenir tout simplement « The Wailers », regroupant ses fidèles compagnons, les frères Barett, Aston Barret (guitare basse) et Carlton Barret (batterie) qui resteront avec lui jusqu'à sa mort. Personnage central dans sa vie, tant familiale que musicale, son épouse Rita Marley l'accompagne aux chants accompagnée de Marcia Griffiths et de Judy Mowatt. A trois, elles forment les « I Three ».

Jusqu'à nos jours, aucun musicien reggae n'a égalé Bob Marley : il était en avance sur son temps. Les compositions musicales des Wailers restent toujours des chefs-d'œuvre, pourtant, réalisées à des époques où il n'y avait ni synthétiseurs, ni ordinateurs. Leurs instruments produisaient des mélodies « pures et vraies », sorties de leurs tripes. C'est pourquoi, jusqu'à présent Bob Marley est religieusement écouté par des millions de jeunes qui ne l'ont connu que bien des années après sa disparition. Justement, à l'attention de cette jeunesse, il prit sa guitare sèche et délivra un message de liberté et de courage : « émancipe ton esprit de l'esclavage mental, n'aies pas peur de l'énergie atomique, car elle ne peut arrêter le temps ».  

Après un concert légendaire, le 23 septembre 1980 à Pittsburgh, aux Etats-Unis, le Roi tira sa révérence, huit mois plus tard, le 11 mai 1981, des suites d'un cancer.

Sa prophétie musicale disant que le reggae allait trouver son vrai public se réalisa, en Afrique, à travers Alpha Blondy, Lucky Dube, Tiken Jah Fakoly, Takana Zion , ….

Robert Nesta Marley, fils de Norval Marley et de Cedella Booker, les peuples du monde te remercient pour toute cette œuvre magistrale.

Jah is love.

 

Par Abidine DIARRA


--
Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
Fax (00) 223 223 81 68
B.P. E3206 Bamako-Mali
Cel1 (00) 223 643 49 64
Cel2 (00) 223 653 83 44
skype: djaladjo32
site: http://www.aboubacrine-assadek.com/

Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

Aucun commentaire: