lundi 10 mai 2010

"2012 ou comment ne pas "lobotomiser" tout un peuple"

 

"2012 ou comment ne pas "lobotomiser" tout un peuple"

Réponse au subterfuge médiatique de M. Mohamed Ag AHMEDOU

 

Et quelle modestie face à l'arrogance du journalisme «douteux» entonnant, sous forme de réquisitoire, le panégyrique anachronique de la première Dame de notre pays! Et quel égard judicieux pour les trois quarts d'analphabètes qui font l'essentiel de ce peuple ! Pour commencer, je rappelle à Madame Touré Lobbo, une maxime populaire fort éprouvée : « écoute le dire de qui te fait pleurer et non celui qui te fait rire ». Je serai tenté de rajouter « tes applaudisseurs ».

En effet, vos délires ont provoqué des bruits de la toile malienne (lisez les réactions) qui a dénoncé un subterfuge médiatique préjudiciable à l'équilibre du jeu politique national à un moment où de pauvres citoyens tentent de croire aux promesses de démocratie et de justice leur garantissant l'égalité des chances lors de futures échéances électorales. Une telle transparence politique n'ayant jamais été favorisée par l'extrême collusion entre la presse locale et un système politique dont les ambitions sont connues pour leur inadéquation avec les aspirations de son peuple gisant sous le durable effet combiné « du cercle des proches » et les disgrâces du sous-développement. Hélas, s'il devait subsister un doute sur la persistance de cette inadmissible réalité, le scénario de votre article de presse contre nature se charge de le dissiper. En griot de circonstance, vous vous êtes simplement pliés à cette pantomime de mauvais aloi sous peine de perdre les privilèges dont vous jouissez grâce à qui l'on sait. Je conclu que vous obéissez à une chorégraphie prédéfinie.

Voyez-vous, votre article passerai inaperçu s'il ne « tombait » pas à un moment où il y a un développement excessif du culte de la personnalité. Est-ce que cela peut remplacer l'idéal démocratique pour lequel du sang fut versé ? Je n'en suis pas sûr. Sinon, l'idéal de l'enrichissement le plus rapide possible, et si possible sans cause… ça ne suffit pas ! Cela peut mobiliser un certain nombre de personnes, mais pour toute une jeunesse, en particulier, il faut autre chose ! Je n'ose –et ne l'espère pas- penser que le régime d'ATT est devenu ce pouvoir du culte de la personnalité à la stalinienne, parce que ce culte de la personnalité est lourd, pénible et nous ramène à une période qu'on croit avoir dépassée sans jamais l'oublier.

 

Mais mon propos sera-t-il entendu par des thuriféraires obnubilés par des les postes qu'ils espèrent injustement occuper ? On m'a fait comprendre que la réalité ne s'éclaire que par les lanternes enguirlandant la misère du peuple qui, directement, la subit. Message reçu ! Je ferai attention la prochaine fois : j'irais moisir en attente dans les caves du palais de réanimation du pays. Mais pas si vite : cette lecture de mon propos néglige l'étendue des dégâts collatéraux que peut générer une situation distanciée pour celui qui s'en trouve concerné. Autrement dit, tous les Maliens qui ne le sont pas ou n'arrivent pas à l'être pleinement à un instant donné, seraient considérés comme morts : même la mort épargne sa victime par l'institution de l'héritage ! D'autant qu'un tel cimetière aéré serait plutôt thérapeutique pour la frustration que vit le bourreau devant celui qu'il n'a jamais pu écraser. Je dis cela pour l'opposition, passive ou active, qui se retrouve, à chaque fois, orpheline de ses propres faits d'armes démocratiques. C'est plus souvent à elle que le peuple doit les différents arbitrages que leur sort exige encore aujourd'hui. Son rôle mérite une attention soulagée de l'intérêt vulgaire accordé à ses non moins ridicules et affligeants transfuges.

ATT va-t-il écouter les courtisans et se couper du peuple entier ? Ou marquera-t-il, pour la seconde fois l'histoire, et se retirer pour sa «retraite assurée dans les rizières de Mopti»?

 

Enfin, très cher Ag Ahmedou, le Mali attend une ambition visionnaire, à la mesure de ses moyens matériels et humains, qui la porte loin de l'aventurisme petits bras et rebelle. Un idéal mobilisateur qui réveille ses énergies dormantes et en rapatrie les ressources déportées ou manquantes.

 

Abdoul Aziz Ould Mohamed

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benkasba@yahoo.fr

Tombouctou, Mali


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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