jeudi 29 avril 2010

Le Mali inquiète...

 

Le Mali inquiète…

 

Nos maîtres, depuis le primaire ou le fondamental c'est selon, nous ont appris que le mauvais élève est celui là qui n'apprend pas ses leçons. Adulte, nous savions que ne pas apprendre de ses leçons  peut conduire  à des conséquences catastrophiques. D'ailleurs, lorsque les hommes comme les peuples ne revisitent pas leur histoire, ils se doivent d'en subir les conséquences.

L'histoire de ce peuple, à l'image de soundjata qui s'exila hors du Mandé pour fourbir ses armes afin de reconquérir le trône, s'est toujours grandit de l'immigration et de l'émigration ( Sigui té na komi ban mandé tagama dé yo bana..). Nulle part au monde n'est vierge des pas d'un malien. Même l'engin de la NASA (Sojourner) qui « atterrit » sur Mars était piloté depuis Pasadena (CA) par un certain Cheick Modibo DIARRA ; vous comprenez ! Nous étions encore enfants certes, celui qui se faisait nommer Nino La Roca (Tidiane SIDIBE) enflammait les cœurs de fierté de bon nombre de maliens bien qu'il boxait au nom de l'Italie son autre pays de nationalité. Jean Amadou TIGANA, José TOURE, Sidi KABA pour ne citer qu'eux ceux là, de par leur simple présence dans l'équipe de France de leur époque ont contribué à hisser, et la France, et le Mali et l'Afrique  à la cime de la gloire et de la renommée.

 

Mais de quoi s'agit il ? C'est vrai, nous aurions du commencer par là véritablement. Si aucune œuvre humaine n'est parfaite, elle est cependant perfectible. Nous ne pouvons donc demander à Mr Daba DIAWARA et son équipe ce qui ne nous est pas possible. Il y a indéniablement des avancées dans les propositions de reformes institutionnelles et cela mérite notre reconnaissance. Que le monde serait beau si nous ne devons nous en tenir qu'a l'apparence des choses. Celles-ci allant de paire, le mal et le bien, la nuit et le jour…etc. Le diable se trouvant dans les détails, qu'on nous laisse l'ingrat et sal boulot de le dénoncer et a d'autre celui très malien de chanter les louanges. Hormis le cumul des fonctions qui est aujourd'hui chose du passé dans toutes les démocraties respectables, le Comité d'Appui aux Reformes Institutionnelles (CARI) élargit les privilèges du président et des membres du gouvernement comme pour confirmer que la chose importante en politique chez nous n'est pas de servir nos peuples mais de faire la promotion et d'assurer comme une caisse de prévoyance les arrières de ceux qui profitent de tout et de tous. Chez nous, tout changement constitutionnel décharge des devoirs et renforce les droits de ceux qui ne devraient avoir autre droit que celui de toujours faire leur devoir, c'est-à-dire, celui de servir leur peuple. Et pourtant, le pouvoir vient avec la responsabilité. Et comme pour mimer jusqu'aux apparences des autres, un sénat doit venir compenser la caisse de résonance qu'est notre Assemblée Nationale. Le Mali ne reste pas en reste du copié collé général. Après tout, l'épidémie de la mauvaise gouvernance se répand aisément comme une contagion cholérique. Le CARI ajoute, à toutes ces reculades démocratiques, un terme insuffisant juridiquement dans les conditions pour le candidat à l'élection présidentielle. En substance voila ce qu'il écrit : « …le président du Mali ne doit avoir aucune autre nationalité ». Ce passage nécessite énormément de clarification si ce n'est fait à dessein pour entretenir le chienlit.

Dans la Côte d'Ivoire voisine l'article 35 qui est la source des malheurs de ce jadis pays de paix, stipule ceci dans la clause du candidat à la présidence de la république: «…ne s'être jamais prévalu d'une autre nationalité. » Et comme le Mali exporte presque tout de la Côte d'Ivoire en bien matériel comme immatériel, l'exemple du Mapouka et du Coupé décalé peuvent s'ajouter au français Nouchi de Bromakoté, il faut inclure maintenant l'équivalent de l'ivoirien du Pr. Kipré ; le malien multiséculaire. Celui là qui ne sera entaché d'aucune autre salissure comme tierce nationalité quand il s'agira de la magistrature suprême. Nous le disons souvent, si l'Afrique pouvait se passer de ces histoires de nationalité, d'ethnie, de caste ou de quelque autre puritanisme, elle évoluerait d'un siècle en un jour.

 

Dans un de nos écrits nous disions que le pays qui a le mal compris la crise ivoirienne est bien le Mali. Ne sommes nous pas vilipendé ici ? Nous ne pouvons que nous incliner sous la pertinence et la perspicacité de l'analyse d'un  madré de la politique africaine, qui disait que les africains ont la fâcheuse méthode de se trouver dans les solutions avant de résoudre les problèmes. Voici un cas du genre. Si les vues de cette commission, remplie de grands commis de l'état commis à le servir avec abnégation devaient prévaloir, il nous faut admettre que les lectures historique et actuelle de ce peuple de grand flux migratoires ne furent pas une de leur angoisse. « Quand la mémoire va chercher du bois mort, il ramène le fagot qui lui plait ».

 

De qui s'agit il ? S'agit il de MKD, une sœur malienne, qui a suivie son époux aux USA et qui, pour les obligations de séjour et de légalité est devenue « citizen » par naturalisation. Elle qui bon an mal an supporte avec son époux leur famille respective au Mali. Ou s'agit il des enfants de cette dévouée dame ne ménageant aucun sacrifice pour que ses enfants reçoivent les valeur et la culture de son Mali natal dont elle-même fut bénéficiaire par les siens. Ces enfants là qui bénéficient du jus soli et du jus sanguinis puisque est américain (comme argentin, brésilien, Lesotho) tout enfant né sur le sol américain et est malien tout enfant né d'un ou d'une malien(ne). Ces leaders de demains, nés avec cette particularité, sont ils visés par cette dispositions ?

Peut être s'agit il aussi du cas de FMT, elle qui ne pouvant avoir l'éducation de son rêve chez elle a immigré dans cet autre pays qui, pour récompenser ses brillantes prestations académiques, lui a octroyé sa nationalité afin qu'elle obtienne une bourse d'état pour supporter le coup exorbitant de ses études. Aide qui lui permet aujourd'hui de rêver servir son pays natal au plus haut niveau et, pour atteindre cet objectif aucun sacrifice n'était de trop.

Il peut aussi s'agir  de J.L. Doumbia, cet expert en l'informatique, doué et rompu aux sciences et techniques de l'ingénierie spatiale. Lui qui choqué qu'un avion trafiquant ait pu violer l'espace aérien malien sans que les autorités s'en aperçoivent dit on, se proposait de rendre hermétique le ciel de son Mali d'origine et cela gratuitement. Voila un malien auprès de qui les experts du monde entier (de l'Inde, des USA jusqu'aux pays de l'UE et même africains) font la courbette. J.L Doumbia, même si son amour du Mali n'est pas questionnable, n'est pas né au Mali et n'a que la fibre patriotique à revendiquer pour ce pays.

Malgré les multiples cas, citons ce dernier exemple d'un ami français, qui renonça à sa nationalité d'origine pour devenir malien. Le Mali où il vit depuis des décennies. Alors, connaissant les mentalités aux abords du Djoliba, accepterons nous que ce dernier soit un malien bon teint et n'a d'autre nationalité que la malienne ?

 

Les maliens se trouvant dans l'un ou l'autre des cas ci-dessus, ne sont pas dans une grande majorité, disons même dans une écrasante majorité, intéressés par la fonction de président de la république. Certains même ne vivront plus au Mali mais, cela ne doit pas nous hypnotiser à dénoncer la cacophonie qu'une  loi peut entraîner ou engendrer dans son interprétation.

En Haïti, ou le taux d'analphabète est des plus élevé au monde, cette question de la diaspora est des plus récurrentes dans la vie politique de ce pays, car, ce sont à peu près 80% des intellectuels haïtiens qui ont la nationalité de leur pays de séjour (du fait des dictatures successives) et s'en voient exclus par la constitution qui ne reconnaît pas la double nationalité. Ce pays est aujourd'hui entrai de revoir ces lois à cet effet mais, pendant bien longtemps il s'était handicapé de l'expertise de ses fils pour le servir résolument. Bien sûr, tous les expatriés n'ont pas les sentiments les meilleurs pour leur pays d'origine et les artifices pour les démasquer doivent se trouver dans les clauses de résidence, de chasteté et autre valeur intrinsèque que la qualité ou la nature de la nationalité. Les réalités d'ailleurs qui ne sont pas les nôtres ne résoudrons pas nos problèmes. Nos lois devraient refléter notre histoire et nos valeurs.

On n'évoquera le caractère forcement discriminatoire de la loi pour justifier cette disposition légale. Soit, quelle était la qualité de la nationalité des maliens qui ont fait tirer sur la population, qui ont terni l'image de ce pays, l'ont asphyxié, l'ont mis dans cet état délabré et comateux, etc. ? Déjà certains leaders se sentent une obligation de se justifier au lieu d'une demande de clarification de cet article bien articulé ( ?).

Il y a bien des gens qui ont l'appréhension que les « vrais » maliens ne sont que ceux vivants au Mali supportant, il est vrai, des difficultés tous azimuts or, le patriotisme est un sentiment, nul besoin de vivre sur la terre ferme du territoire pour en sentir les vibrations. Il y a comme un mélange de « feeling » que l'on est malien que lorsque l'on s'acquitte de ses devoirs mais lorsqu'il s'agira de droits, et surtout de droits politiques, alors comme une libido, les passions se déchaînent pour s'extérioriser comme de vieilles émotions refoulées au tréfonds de notre subconscient et d'interroger : de quel droit se mêlent ces expatriés étrangers à nos réalités ?

 

Faire la politique c'est prévoir. La sagesse doit nous habiter en tout temps et devant toute situation. Le Mali est particulier dans son histoire, dans son peuplement et dans son esprit. Tenir compte de sa spécificité et tracer les trames pour le guider vers un avenir certain nous commande de traduire l'esprit de ce peuple par la magie des mots. Ceux ci sont plus puissants que le plus gros des calibres et des douilles que peuvent cracher un canon. Attelons nous à ce que le Mali dont tous ses enfants sont détenteur exclusif de son titre foncier n'exprime que sa compassion et sa gratitude à leur égard et, qu'il ne les distingue que par leur dévouement, leur reconnaissance, leur probité et leurs sacrifices. 

 

Haïdara Chérif

sidaty@juno.com

 

 

 

 


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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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