vendredi 4 décembre 2009

Lutte contre la malgouvernance, l'exemple du général putschiste magicien mauritanien.

Lutte contre la malgouvernance, l'exemple du général putschiste magicien mauritanien.

En renversant un régime considéré par la communauté internationale comme l'un des régimes les mieux élus démocratiquement du monde, le général putschiste mauritanien savait qu'il s'attirait les foudres de cette communauté internationale et panafricaine. Mais lorsqu'on a le poisson, le fer, le pétrole et l'intelligence d'un homme comme Abdoul Aziz, on ne craint nullement une communauté de plaisantins qui n'est mue que par ses intérêts égoïstes. Il savait que cette même communauté « intérêts-nationale » reviendrait par la pointe des pieds lui lécher les bottes. Il avait un autre atout dans sa manche : il pouvait compter sur le soutien de la frange majorité de la population mauritanienne déjà fatiguée des agissements irresponsables d'un Président à peine élu et qui confondait le denier public à son porte feuil personnel. Chassées par la grande porte, les mauvaises habitudes africaines reviennent toujours au galop par la petite fenêtre.

Fort de ces atouts, le magicien démissionna de la tête du comité du haut conseil d'état en se faisant remplacer par Bilal, qui ne savait pas trop bien s'il était à sa place dans ce palais et troqua son manteau de général putschiste contre celui d'un pseudo-démocrate. Il réussit à faire adhérer l'opposition aux pseudo-élections qu'il avait organisées en lui cédant tous les postes clés ministériels y compris celui de l'intérieur chargé d'organiser ces élections.

Il clama haut et fort sur toutes les antennes réputées qu'il remporterait ces élections au premier tour, parce qu'entre la gabegie financière et la mal-gouvernance d'un coté, le courage et le patriotisme de l'autre, il n'y avait aucune hésitation quant au choix du peuple. Dans les salons de thé à Nouakchott, on le prit pour un plaisantin ou un fou. Comment comptait-il gagner les élections avec toutes les conditions des accords de Dakar en sa défaveur ? C'était méconnaître le général putschiste.

Prenant alors tout le monde au dépourvu, il sortit son tour de magie spectaculaire en remportant effectivement les élections au premier tour et légitimant ainsi son putsch. L'opposition n'a rien vu venir. Elle l'accusa d'avoir fait fabriquer les cartes et/ou les bulletins avec un produit magique ! Ridicule, il n'a usé que de sa matière grise.

Une fois démocratiquement installé au pouvoir, il passa à la seconde phase de la légitimation de son action en posant des actes concrets en accord avec ses promesses de campagne, à savoir la lutte contre la gabegie financière, la mal-gouvernance et le terrorisme.

Sur le coup de l'enlèvement, le dimanche dernier, de trois humanitaires espagnols par une bande armée sur la route de Nouadhibou à 160km de Nouakchott, le président mauritanien n'a pas tardé à limoger le très respecté commandant de la gendarmerie nationale, le général Ahmed Ould Bakren. Par cette réaction rapide à des événements graves, le chef de l'Etat mauritanien laisse la perception qu'il n'acceptera pas d'impunité sur la question du terrorisme. Au Mali, la réaction serait plus lente, terne ou inexistante.

Sur le plan de la lutte contre la gabegie financière et la mal-gouvernance, il a posé des actes concrets tendant à montrer sa détermination et sa bonne foi.

Trois puissants et très influents hommes d'affaires, qui sont en fait les hommes les plus riches de la Mauritanie depuis le règne de l'ancien président déchu, Maaouya Ould Taya (1984 - 2005), ont été placés ce jeudi en garde à vue pour crime économique. Il s'agit de: Chriv Ould Abdallahi, président du conseil d'administration de la BAMIS, Mohamed Ould Noueiguedh, PDG de la BNM et Abdou Maham, homme d'affaires.

M. IsselmTajedine, PDG de la BCI aurait payé à la BCM les montants réclamés et n'aurait donc pas été convoqué. Six principaux autres hommes d'affaires ont été entendus par la police des crimes économiques et ont comparu devant le Parquet. Ils ont été sommés de rembourser les montants indûment encaissés.

L'ancien gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, Sid'el Moctar Ould Nagi, accusé de « trahison, détournements de fonds publics, dilapidation de l'argent public et falsification » a été également inculpé par le Procureur de la république ce jeudi. Cette inculpation entre dans le cadre d'une affaire portant sur 24 milliards d'ouguiyas (plus 48 milliards de F CFA) objet de virements non justifiés de la Banque centrale vers des comptes personnels dans des banques privées pendant le mandat de Ould Nagi (2001 – 2002).

Mohamed Ould Oumarou, gouverneur adjoint de la Banque centrale à cette époque, a été lui aussi inculpé de participation à la « trahison, détournements de fonds publics, dilapidation de l'argent public et falsification ».

Les deux ex-responsables sont incarcérés depuis une dizaine de jours à Nouakchott.

Par ces actes concrets posés, il a fait fédérer la frange majorité de la population mauritanienne à sa cause dont les plus réticents au départ, excepter les détourneurs bien évidemment. Peu importe la manière dont il a accédé au pouvoir, du moment où il résout les problèmes quotidiens des mauritaniens et lutte pour sortir le pays de la médiocrité et le lancer sur l'orbite des pays émergents.

Qu'en est-il alors chez nous au Mali de la lutte contre ces fléaux ? Mon impression est que le régime d'ATT s'est tout simplement moqué du peuple par la création d'un BVG qui coûte aussi cher au pauvre contribuable malien que les détournements massifs et impunis des deniers publics qu'il est censé découvrir. De la poudre aux yeux. A se demander s'il n'y a pas une complicité entre le régime et ce BVG. Va savoir.

Les actions de la bande à Bahanga et celles des enleveurs d'occidentaux travaillant pour la plus part dans l'humanitaire, pour les revendre ensuite à l'AQMI sont des actes condamnables et apatrides en ce sens qu'ils sont dirigés contre des citoyens innocents et des personnes étrangères plus sensibles aux problèmes des maliens que nos dirigeants eux-mêmes. Ces actions criminelles et insensées contribuent à freiner la réalisation de projets de développement et le tourisme, paralysant ainsi  la vie économique de l'ensemble de la région. Quel gâchis ! Si ces actions étaient dirigées contre nos dirigeants qui sont responsables de la mauvaise gouvernance et donc de leur misère, la majorité du peuple malien applaudirait leurs auteurs.

Il n'est pas étonnant que nos autorités accours toujours négocier avec Bahanga car ils ont un objectif commun, dépouiller le pauvre contribuable malien de ses maigres moyens de subsistance.

Il est aussi étrange la rapidité avec laquelle nos autorités accourent toujours négocier des rançons de prise d'otages à chaque fois qu'il y'a enlèvement d'occidentaux sans que les auteurs de ces enlèvements soient jamais retrouvés. Bizarre ! 

Kamano



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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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