dimanche 27 décembre 2009

Le PARENA, le Mali, les urgences du moment.

 

LE PARENA, LE MALI, LES URGENCES DU MOMENT

(TEXTE D'ORIENTATION DU 3è CONGRES ORDINAIRE)

 

 

 

Le Mali indépendant aura 50 ans en septembre 2010 !  50 ans, ce  n'est pas grand-chose dans la vie d'une nation qui a plus de 1000 ans d'Histoire ! Mais il s'agit  d'un jalon important. Ce cinquantenaire offre l'occasion de méditer sur notre parcours depuis la fin de la longue nuit coloniale, de revisiter  l'enthousiasme  que les pères fondateurs ont investi dans le combat qui nous a libérés, d'évaluer le  chemin parcouru. Cette évaluation doit se faire à l'aune de la liberté et du bonheur,  car sans la liberté et le bonheur l'indépendance n'a pas de sens.

Moment privilégié de réflexion et de communion entre toutes les  composantes de la nation, et toutes ses sensibilités, ce cinquantenaire, en nous aidant à surmonter nos rancoeurs, doit être un moment d'ambitions renouvelées et réaffirmées pour notre pays.  

 Au-delà du bilan, c'est l'avenir qui importe. Et c'est aux enfants de l'indépendance réarmés du rêve de nos pères, de rendre possible et réel un Mali meilleur,  sûr de tous ses enfants et sûr pour tous ses enfants. 

C'est pourquoi à l'entame de cette année symbolique, le PARENA  salue toutes les initiatives, tous les actes posés dans le sens de l'émergence du Mali. Au vu du contexte politique, économique et social et des urgences signalées, humblement, le PARENA se fait-il le devoir de proposer un nouvel élan à la nation tout entière. Ensemble, il est urgent et possible de relever les défis les plus pressants dans les horizons les plus brefs, à travers les objectifs suivants :

 

 

 

1)    Unité et cohésion nationales 

Les défis d'une population jeune face à des ressources modestes, la crise du Nord, la crise économique et financière ont entraîné, entre autres, un repli de type identitaire qui entame notre capital social. Aujourd'hui, plus que jamais, le village, la région, la tribu, l'ethnie sont devenus des référents dans la vie de tous les jours des Maliens.  Sans occulter ces réalités qui sont parties intégrantes de notre identité nationale, le Parena recommande urgemment :

§        la traduction en langues nationales du Chant du Mali et son inscription dans les programmes afin qu'il soit entonné chaque matin  dans toutes les écoles du Mali de Diboli à Tinzawaten,  de Zégoua à Raz el Ma,

§        la montée et la descente des couleurs du Mali dans toutes les écoles,  dans toutes les mairies du Mali et tous autres lieux qui peuvent être le creuset de la « nation » malienne.

§        la systématisation des cours d'éducation civique dans tous les ordres d'enseignement au cours desquels l'histoire du pays, notamment celle de la lutte pour l'indépendance et celle des cinquante dernières années sera enseignée.

§        la relance du Mouvement Pionnier comme espace d'animation culturelle, de formation citoyenne et creuset de l'unité nationale.

 2-    Menaces nouvelles :

 La présence sur notre territoire de groupes armés étrangers et les activités des seigneurs du narcotrafic menacent notre survie en tant que nation et sapent l'image internationale de notre pays. La détention d'otages occidentaux sur notre sol fait partie des menaces nouvelles de ces dernières années. Contre ces phénomènes lourds de conséquences pour notre présent et notre avenir, il est impérieux, chacun dans le rôle qui lui appartient, partis, gouvernants, société civile, que les Maliens se remobilisent et renforcent les efforts en cours pour que l'espace sahélo-saharien soit débarrassé du business crapuleux, de l'instabilité et de l'insécurité. Le Gouvernement du Mali a lancé l'idée d'une réunion au sommet des Etats riverains du Sahel et du Sahara. Le PARENA a initié, avec des partis maliens et étrangers une conférence des partis politiques de l'espace sahélo-saharien. Ces initiatives salutaires concourent vers le même objectif : renforcer la coopération régionale pour juguler des menaces qui sont transnationales.

 

 

 

3-    Souveraineté et sécurité alimentaires

 

Le travail pour atteindre la sécurité et la souveraineté alimentaires est de longue haleine, tant le retard pris est considérable, en dépit des efforts conceptuels (LOA : loi d'orientation agricole) et des mesures politiques (initiatives riz, blé, maïs) entrepris.

Nous devons tirer les leçons de toutes ces initiatives, de toutes les mesures de défiscalisation à l'importation de céréales, car le Mali puissance agricole ne doit pas demeurer un slogan, il doit être au contraire une réalité vers laquelle nous avançons un peu plus tous les jours.

 

4-    Politique de développement des ressources humaines

 

L'école réappropriée doit davantage mener à l'emploi dans un Mali qui soigne mieux ses enfants, récompense et rétribue sur la seule base du mérite; un Mali qui prépare ses enfants à un contexte international qui n'accepte que les meilleurs.  Faisons en sorte que ce soit un objectif stratégique et pas un cri du cœur.

 

5-    Gouvernance moderne,  pays prévisible,

La réforme de la justice et de l'Administration publique, la gestion rationnelle de nos maigres ressources financières sont les seuls vrais leviers du Mali qui veut gagner. Ils vont de pair avec un mécanisme électoral  crédible et fiable au coût soutenable et qui renforce la confiance des Maliens en leur pays et à ses institutions.

 

 

 

 

En guise de conclusion

 

Aucune de ces propositions n'est nouvelle. Aucune n'appartient exclusivement  au PARENA. Au contraire.  Si leurs formulations peuvent varier, elles sont le dénominateur commun des programmes de gouvernement et des partis politiques de notre pays. Ceci est une force. Mais la plus grande force résidera, vu les urgences,  dans l'élan que nous pourrions tous prendre, au-delà de nos divergences, pour assurer la marche de notre pays, transcender les menaces qui pointent à l'horizon et qui ne seront enrayées que par la remobilisation de tous.   Le relèvement du Mali, la renaissance de notre vieille nation sont à ce prix ! Un Mali debout dans une Afrique remobilisée ! Une Afrique qui œuvre à sa renaissance !

 

 

Bamako, le 26 décembre 2009.

 

 

 

 

 

   

 



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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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