mardi 20 octobre 2009

Global Voices en Français



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De : Global Voices en Français <claireulrich@gmail.com>
Date : 20 octobre 2009 02:09
Objet : Global Voices en Français
À : assadekab@gmail.com


Global Voices en Français


Russie : Bloguer face à la fraude électorale

Posted: 19 Oct 2009 01:02 PM PDT

Billet publié par Veronica Khokhlova · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

Des informations faisant état de manipulations des votes lors des élections locales, qui se sont tenues le 11 octobre dans 75 des 83 régions de Russie, ont allumé des protestations de citoyens et d'hommes politiques dans la capitale russe [en anglais], et ont scandalisé quelques blogueurs de ce pays.

A Moscou, le parti Russie Unie, conduit par le Premier Ministre Vladimir Poutine, a enlevé 32 des 35 sièges du conseil municipal ; le seul autre parti à faire son entrée dans la Douma de Moscou est le Parti communiste de la Fédération de Russie. Des documents et des rapports ont néanmoins fait le tour de la blogosphère russe la semaine dernière, qui suggèrent que les résultats de l'élection auraient pu être différents.

Le lendemain des opérations électorales, l'utilisateur LJ yakovlev_igor - Igor Yakovlev, secrétaire de presse du parti Iabloko, qui n'a pas atteint le seuil de 7 pour cent des votes nécessaire pour obtenir un siège - a effectué un exercice simple d'arithmétique sur son blog, et comparé les chiffres (en russe) saisis sur le procès-verbal des votants d'un seul bureau de vote (en russe) et sur le tableau récapitulatif (en russe) publié par la suite sur le site internet de la Commission électorale de la ville de Moscou. Voici ce qu'il a trouvé (traduction du billet et du contenu du tableau reprise de la section en anglais du site de Iabloko) :

[…] Circonscription électorale No 1702, circonscription Danilovski district, Moscou.

Tous ceux qui ont vu les campagnes électorales des dernières années notent une fraude d'envergure inimaginable dans les élections de hier (élection de la Douma municipale de Moscou le 11 octobre 2009).

Voici un exemple seulement de fraude électorale :

Procès-verbal de la commission électorale locale publié sur le site web de la Commission électorale de Moscou

[…] 14 3. Branche régionale de Moscou du parti RUSSIE UNIE 742 […]

Procès-verbal de la commission électorale locale remis par la commission au scrutateur de IABLOKO

[…] 14 3. Branche régionale de Moscou du parti RUSSIE UNIE 192 […]

Russie Unie a simplement "reçu" 550 voix supplémentaires de nulle part. 550, c'est un beau chiffre. […]

Le 16 octobre, les choses sont devenues encore plus "belles" : le procès-verbal et le tableau récapitulatif d'un autre bureau de vote de Moscou ont fait apparaître que Iabloko n'y avait pas obtenu la moindre voix - malgré le fait que le chef de Iabloko Sergueï Mitrokhine et sa famille ont voté à cet endroit même, le bureau de vote N° 192. L'utilisateur LJ yakovlev_igor a écrit un article sur cette circonstance (en russe), lui aussi, et a mis en ligne à la fois les résultats du vote et des photos de M. Mitrokhine à l'intérieur et à l'extérieur du bureau de vote. Deux jours plus tard, la Commission électorale de la ville de Moscou a ordonné une enquête sur cet épisode, et l'utilisateur LJ yakovlev_igor d'écrire (en russe) :

[…] Les mass média n'ont pas tous écrit à ce sujet, mais sur les blogs cela a été l'un des thèmes les plus discutés de ces trois derniers jours.

Vive les blogueurs !

L'utilisateur LJ avmalgin a lui aussi écrit (en russe) sur l'influence des blogueurs :

A l'époque soviétique, il y avait ce qu'on appelait le [Samizdat]. Des bulletins sur les droits de l'homme étaient publiés - un certain nombre d'exemplaires tapés à la machine et distribués essentiellement auprès des correspondants étrangers. Certes, ces bulletins étaient cités sur Radio Liberty, ce qui démultipliait au maximum les consommateurs de cette info. Mais n'oublions pas que Radio Liberty était brouillée. Et les auteurs des bulletins étaient impitoyablement persécutés. [Natalia Gorbanevskaïa] - [l'utilisatrice LJ] ng68, la première rédactrice en chef de [la Chronique des événements actuels] - raconterait cette histoire mieux que moi. [Sergueï Kovalev], qui a réalisé exactement sept numéros du bulletin, a été emprisonné exactement sept ans - un an par numéro ; [Ilia Gabaï] a été condamné à trois ans ; [Gabriel Superfin] a fait cinq ans de [prison] ; [Alexander Lavut] - trois. Et caetera [ces liens sont en anglais]. [L'utilisatrice LJ] ng68 elle-même a été arrachée à sa machine à écrire, revêtue d'une camisole de force et envoyée dans hôpital psychiatrique, après quoi [Joan Baez] a écrit une chanson sur elle, [Natalia].

Quelle était la diffusion de la Chronique ? Trente exemplaires. Ou peut-être 50.

A l'heure actuelle sur LiveJournal notre Chronique des Evénements actuels, si on peut l'appeler ainsi, a une diffusion dont les [dissidents anti-soviétiques] des années 70 n'auraient jamais rêvé. Je ne connais pas les statistiques générales, mais mes billets sont parfois lus par 10.000 personnes chaque jour. Celui sur la tricherie en faveur de Russie Unie a été lu par 45.000 personnes. Pas mal du tout. Et ce n'est pas l'unique "chronique" dans le coin - il n'y en a pas une, ni deux, mais des milliers. Bien sûr, ils rêvent de sceller cette fontaine. Pas mon blog, évidemment, mais LJ en général. Je suis sûr qu'ils y réfléchissent.

Et voici ce que ce même blogueur a écrit (en russe) sur les résultats de l'élection :

[…] Mais Russie Unie ne veut aucune concurrence, n'est pas habituée aux discussions ("La Douma n'est pas un lieu de discussion"), ne comprend pas en quoi consiste un système de partis pluraliste. La Russie Unie veut être le seul parti ici, et devenir le nouveau [Parti Communiste de l'Union Soviétique]. Désormais, même un idiot comprend que l'objectif stratégique du régime actuel a été la restauration du régime soviétique. On ne peut donc qu'être surpris que les délégations parlementaires russes soient reçues à l'étranger, que les imposteurs se fassent inviter à des forums internationaux, et ainsi de suite. […]

Philippines : L'église catholique contre la Grande Charte pour les femmes, les mères célibataires en danger

Posted: 19 Oct 2009 12:04 PM PDT

Billet publié par Juliana Rincón Parra · Traduit par Fabienne Flessel · Voir le billet en anglais

Image by Photo Mojo

Les femmes mariées sont-elles les seules à pouvoir bénéficier des droits relatifs à la maternité ? Des blogueurs hommes et femmes des Philippines s'expriment sur une nouvelle loi concernant le droit des femmes enceintes à étudier et à travailler.

Après sept années de débat aux Philippines, une loi relative aux Droits de la Femme a été votée récemment; celle-ci fera date dans ce domaine. Il s'agit de la  "Loi de la République n°9710″ aussi connue sous le nom de la Grande Charte pour les Femmes. Elle déclare les droits des femmes, droits humains à part entière, qui doivent être respectés dans le foyer, sur le lieu de travail et à l'école. Elle fait aussi référence à des sujets comme la parentalité plannifiée, la grossesse et les droits des femmes enceintes.

L'un des points les plus débattus de cette Grande Charte est celui du droit qu'a une femme enceinte et célibataire à conserver son emploi ou à poursuivre sa scolarité. Voici le texte en question [en anglais]:

L'expulsion ou le refus de réintégration d'une  femme du corps enseignant sous le prétexte d'une grossesse hors du mariage est contraire à la loi. Aucun établissement scolaire primaire ou secondaire ne peut refuser l'inscription d'une étudiante, sur la seule base d'une grossesse hors du mariage au cours de sa scolarité.

La Grande Charte déclare clairement qu'il est illégal de renvoyer une femme enceinte, même si celle-ci n'est pas mariée. Pourtant la Conférence des évêques catholiques des Phillippines insiste pour qu'exception soit faite pour les femmes[en anglais] qui étudient ou travaillent dans les écoles catholiques : ils pensent qu'ils devraient conserver le droit de renvoyer ou d'expulser toute femme célibataire et enceinte, car cette situation va contre les principes religieux et moraux de l'église catholique.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la Grande Charte, voici une vidéo réalisée par la Commission nationale sur le rôle de la femme aux Phillippines[en anglais], où l'on explique l'importance de cette loi et de ces dispositions:

Réactions sur la position de l'église catholique

La blogueuse philippine Lindy Lois Gamolo se montre critique à l'égard de la position de l'Eglise catholique. L'Eglise a en effet tenté de boycotter le vote de la Grande Charte pour les Femmes en menaçant les hommes politiques qui la soutenaient d'excommunication ou de refus de communion. De plus, depuis l'adoption de la loi, l'Eglise répète qu'elle n'apportera son soutien à aucun des candidats partisans de celle-ci, parce que l'amendement souhaité sur l'exemption des écoles catholiques de cette loi ne figure pas dans le texte. La blogueuse demande aux hommes politiques de ne pas céder à ce qu'elle qualifie de chantage parce que [en anglais]:

Il faut rappeler qu'ils [les hommes politiques] sont redevables devant le peuple souverain des Phillippines et pas devant l'église catholique ou ses évêques.

Cependant, certains blogueurs comprennent les motivations pour lesquelles l'église demande cette exemption, comme le prouve ce commentaire d'olive suite à un billet publié sur The Feed [en anglais]:

Je suis d'accord avec le fait de renvoyer une élève qui tombe enceinte alors qu'elle est élève dans un lycée catholique. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas un bon exemple : vous vous rendez compte, on vous apprend que les relations sexuelles ne sont acceptables que dans le cadre du mariage et là, une jeune élève se promène avec son gros ventre !?!?!  c'est vraiment de la provocation!

En réalité, toutes les écoles catholiques ne sont pas partisanes de cette exemption. Selon Rachel C. Barawid qui écrit pour le "Manila Bulletin", quotidien phillippin [en anglais], certains responsables d'écoles catholiques pensent que refuser l'éducation à des femmes enceintes et célibataires causera plus de tort que de bien. Elle cite le doyen du service étudiant d'une de ces écoles qui explique les raisons pour lesquelles ils ne veulent pas renvoyer ces élèves [en anglais]:

Renvoyer ces élèves enceintes hors du mariage revient à leur infliger une double punition. Maintenant qu'elles vont devenir mères, on les prive de l'opportunité d'obtenir un diplôme universitaire et donc d'entrer dans la vie professionnelle et de subvenir aux besoins de leurs enfants. Non seulement elles devront assumer le fait d'être mères célibataires mais en plus, elles risqueront de ne pas trouver d'emplois décents car elles n'auront pas de diplômes et ne pourront pas répondre décemment aux besoins de leurs enfants," explique-t-elle.

Vers une discrimination légale contre les femmes enceintes?

Les blogueurs phillippins s'interroge sur la légitimité de l'église catholique, qui tente sur la base de ses principes religieux de priver des femmes célibataires enceintes de droits humains tels qu'avoir un emploi ou de recevoir une éducation, sans jamais mentionner les pères qui eux non plus ne sont pas mariés. Il semble qu'il s'agisse exactement d'un exemple de la discrimination à laquelle la Grande Charte entend s'attaquer.

Bong C. Austero précise que cette proposition d'amendement émanant de l'église catholique n'est que pure discrimination envers les femmes et qu'elle va à l'encontre des enseignements de l'église, selon lesquels il faut punir le péché et non le pécheur [en anglais]:

Cette proposition vise les femmes pour ce qu'elles sont ; parce qu'elles ont reçu socialement la responsabilité de porter la vie. Les écoles catholiques ne sanctionnent pas les enseignants qui mettent leurs petites amies enceintes, en les expulsant ou en les renvoyant, alors qu'ils sont responsables de ces grossesses au même titre qu'elles.

Dans le blog I am Nobe [en anglais], l'auteur profite de chaque billet pour endosser une nouvelle identité avec humour, là il s'agit du tour de la Mère célibataire [en anglais]:

Maintenant, vous me dites que je ne peux pas poursuivre mes études ou aller travailler? (anxieuse)

Je n'ai pas eu ce bébé par l'opération du Saint Esprit ! S'il faut vraiment que je sois punie, n'oubliez pas le père qui a joué son rôle aussi ! Et bon sang, cessez de donner le mauvais rôle au Bon Dieu! (plus que l'agitation due aux hormones)

Joyce Talag, mère célibataire et blogueuse, avance un argument pour expliquer pourquoi, même si l'église catholique décidait de sanctionner les pères, la situation des mères célibataires n'avancerait pas. En effet, dans la mesure où la plus part des parents célibataires sont des mères, les priver de la possibilité de travailler ou de poursuivre des études pendant leurs grossesses les empêchera d'assurer leur quotidien et celui de leurs enfants [en anglais]:

Un bon exemple dans ce débat : le parent célibataire. Être parent célibataire implique de subvenir aux besoins économiques et éducatifs de l'enfant. Ce qui rend les choses plus difficiles pour les femmes que pour les hommes est qu'elles forment le gros de la population des parents célibataires. (Sur internet, on ne trouve que les statistiques des parents célibataires américains [en anglais] et elles disent que "en 2006, 5 parents célibataires sur 6 qui avaient la garde des enfants étaient des mamans."  Il en est probablement de même aux Philippines.)

Un blogueur phillippin spécialisé dans le domaine juridique, Jun Bautista [en anglais] explique qu'il y a très peu de chance que l'église catholique n'inclut les pères célibataires dans ce débat, puisque la loi en question concerne principalement les femmes.

Ceci signifie que cette exception sera unique en son genre, puisqu'elle représente le refus de l'accès à l'éducation ou au travail uniquement pour les femmes enceintes et célibataires, ce qui va à l'encontre de leurs droits humains et met leurs vies en danger. Certains disent même qu'il y aura des conséquences graves au niveau moral: si les écoles catholiques renvoient les étudiantes célibataires et enceintes, vont-elles avoir recours à l'avortement ou seront-elles vouées à une vie dans le dénuement ?  Janette Loreto-Garin, élue du premier district semble le croire [en anglais].

Alors, qu'en pensez-vous ? Une institution religieuse peut-elle légitimement décider de qui elle emploie ou de quels étudiants elle accepte ou au contraire, les droits d'une femme enceinte dépassent-ils ces restrictions ?

L'image utilisée pour illustrer ce billet est de Photo Mojo, sous licence Creative Commons.

Royaume-Uni, Côte d'Ivoire : Le Guardian contraint au silence dans l'affaire des déchets toxiques du Probo Koala à Abidjan

Posted: 19 Oct 2009 10:52 AM PDT

Billet publié par Judith Townend · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Trafigura [en français], le troisième plus grand courtier indépendant de pétrole au monde, vient enfin de libérer le quotidien britannique The Guardian d'une "'injuction" ( interdiction secrète de publier) qui l'empêchait de publier la moindre ligne sur ce qui a été appelé le rapport Minton [PDF via ce lien, en anglais, comme tous les liens suivants, sauf mention contraire].

Après une semaine étrange de batailles juridiques entre les avocats de Trafigura,  du cabinet Carter-Ruck et The Guardian, et une semaine de publicité extrêmement négative pour la compagnie, Trafigura a finalement cédé et concédé que le rapport préliminaire pouvait être rendu public.

Le rapport contient des informations sur les déchets toxiques déversés à Abidjian [en français ] en Côte d'Ivoire par le navire Probo Koala, en 2006, des preuves sur la composition des déchets chimiques déversés et  leurs conséquences potentielles.

L'interdiction de publier contraignait The Guardian a ne rien publier et à ne faire aucune allusion au rapport Minton, qui était déjà disponible sur le site d'indiscrétions Wikileaks.org et dans la presse norvégienne  (et peut-être dans celle d'autres pays). L'interdiction avait été obtenue par les avocats du cabinet Carter-Ruck au nom de leur client Trafigura.

" Aucun journal ne peut révéler le contenu de ce rapport, mais au moins, maintenant, nous pouvons dire qu'il existe et qu'il a été rendu secret. L'option du "Publions, et on verra bien" n'est pas envisageable" [The Guardian, 14.10.09]

Jusqu'à la semaine dernière, personne - à l'exception des personnes impliquées - ne savait que cette interdiction existait et que le  Guardian ne pouvait pas y contrevenir. Pourquoi ? C'est l'un des nombreux aspects mystérieux des injuctions toujours en cours [au Royaume-Uni], qui interdisent non seulement de publier un article, mais aussi d'évoquer l'interdiction elle même.

L'unique raison pour laquelle nous en avons été informés est l'intervention d'un député du parlement britannique, Paul Farrelly. Comme l'a  écrit cette semaine sur son site le magazine britannique Private Eye, célèbre pour ses enquêtes d'investigation et son dédain envers le cabinet d'avocats Carter-Ruck - un des cabinets les plus en vue pour les affaires de diffamation -, Paul Farrelly "avait l'intention de mettre à l'épreuve cette conspiration du silence en posant une question lors des séances de questions au parlement".

Pourquoi ? Parce que les députés ont l'immunité aux termes d'une loi datant de 1689, qui déclare que "la liberté d'expression, de débats ou d'initiatives au parlement ne devrait pas être empêchée ou remise en question dans quelque lieu ou tribunal que ce soit en dehors du parlement."

Ainsi, les commentaires d'un député peuvent être publiés sans craindre de représailles juridiques (pour plus d'informations, suivre ce lien). Mais le Guardian savait qu'en publiant la question de Paul Farelly (voir l'alinéa ii dans le journal officiel),  il contrevenait à l'injonction de secret. Le journal a donc contacté le cabinet Carter-Ruck pour savoir s'il était possible de modifier les termes de l'interdiction. "Nous avons été informé  par Carter-Ruck que la publication serait interprétée comme une injure à la cour [qui a ordonné l'interdiction] " relate le Guardian.

Le cabinet Carter-Ruck a néanmoins maintenu que l'article du Guardian 'semait la confusion'. L'intégralité de son communiqué peut être lu (en PDF) ici. Les avocats, agissant au nom de Trafigura y signalent qu'ils attendaient des instructions de leurs clients mais le Guardian a pris les devants et publié l'article.

Un très bon compte-rendu de l'extraordinaire activité en ligne [qu'a provoqué cette affaire] peut être lu sur le Online Journalism Blog, mais en voici un résumé :

  • Après la parution dans le Guardian d'une déclaration selon laquelle il ne pouvait publier une question au parlement, par ailleurs publique, sans mentionner le moindre détail, la fièvre s'est répandue en ligne, et plusieurs blogueurs ont essayé de deviner quelle était la question en question. Le fait que les journalistes ne puissent pas couvrir l'actualité du parlement a choqué les lecteurs  du Guardian - qu'ils soient fans ou critiques du journal.
  • Les utilisateurs de Twitter et les blogueurs ont carrément ignoré l'injonction - s'il est possible "d'ignorer" une injonction secrète - et ont diffusé des liens et des mots clés liant Trafigura et le cabinet Carter-Ruck à la question au parlement de Paul Farrelly, et même au rapport Minton. A un moment donné, par exemple, le mot clé  #Trafigura est devenu le mot le plus cité sur la plateforme Twitter, au niveau mondial.
  • Même si le Guardian n'a toujours pas publié la question ou contrevenu à l'interdiction de publier, toutes les informations contenues dans la question de Paul Farrelly sont sur la place publique. Le Guardian avait l'intention de faire appel de l'interdiction devant un tribunal, mais le cabinet Carter-Ruck a annoncé qu'il ne s'opposait plus à la publication de la question au parlement du député  Paul Farrelly sur Trafigura.  "Les parties ont maintenant accepté un amendement à l'interdiction initiale pour refléter cette situation," signale le communiqué de Carter-Ruck.
  • Le rédacteur en chef du Guardian, Alan Rusbridger, qui a mis à jour son compte Twitter de loin en loin, a signalé que le cabinet d'avocats avait "cédé" et que le journal pouvait finalement imprimer la question du député Paul Farrelly.  The Guardian, ainsi que d'autres médias traditionnels, ont loué le rôle joué par les médias en ligne, qui ont maintenu la pression tout au long de la journée.

En termes simple - indépendamment du fait  que le défi des utilisateurs d'internet ait poussé ou non Carter-Ruck a modifier l'injonction de secret - la question au parlement de Paul Farrelly n'a pas pu être supprimée en ligne. De plus, des milliers de personnes qui n'avaient jamais entendu parler de Trafigura connaissent maintenant ce nom et ses liens avec un scandale environnemental, l'épandage de déchets toxiques.

Plus tard dans la semaine, le cabinet Carter-Ruck a suggéré que le débat au parlement pourrait être bloqué en invoquant le fait que l'injonction de secret qu'il a obtenu est  "sub judice," , autrement dit,  toujours en cours d'activité juridique. Si cela avait été prouvé, il n'aurait plus été  possible de poursuivre le moindre débat, aux termes du règlement de Westminster.

Le lendemain, l'interdiction de publication attachée au rapport Minton était levée dans la presse britannique.

Auparavant, les journalistes pouvaient seulement dire qu'il existait, rien de plus. Et c'est ce qui prête vraiment à controverse, dans cette affaire.

Car ce rapport est entièrement consacré au deversement de déchets toxiques en Afrique de l'ouest.

Pour plus d'informations sur l'affaire du Probo Koala et les déchets toxiques déversés en Côte d'Ivoire en 2006, on peut lire ce commentaire (en anglais) sur le site Journalism.co.uk: 'The journalist and NGO collaboration to expose Ivory Coast toxic waste dump' (La collaboration entre ONG et journaliste révèle l'affaire de déchets toxiques en Côte d'Ivoire) . Pour consulter les articles du Guardian sur les faits eux-même, visitez les archives du Guardian sur Trafigura et le Probo Koala.

D'autres informations sur l'affaire qui oppose Trafigura et le Guardian peuvent être trouvées sur le blog Journalism.co.uk .

Brésil : L'intégration socio-numérique grâce aux "Maisons de réseau local", les cyber-cafés sauvages

Posted: 19 Oct 2009 08:38 AM PDT

Billet publié par Paula Góes · Traduit par Anna Gueye · Voir le billet en anglais

Bruno Fernandes, from Patos de Minas, Brazil. Photo available under a Creative Commons license.
Photo de Bruno Fernandes, à Patos de Minas, Brésil. Disponible sous licence Creative Commons

Bruno Fernandes a écrit,  en légende de la photo ci-dessus [en portugais] :

Acredito que vocês devam está habituados em ver os pais levarem e buscarem seus filhos em lan houses. Esta é uma locadora que fica aqui na minha cidade, veja só a quantidade de bicicletas. Tinha mais ainda do outro lado.

Je crois que vous devez être habitués à voir des parents déposer et venir reprendre leurs enfants devant les "maisons LAN". Ceci est une photo d'une salle de jeux en ligne dans ma ville, regardez le nombre de bicyclettes qu'il y a . Et il en a encore plus de l'autre côté de la route.


La photo et la légende ci-dessus illustrent la « révolution des maisons de réseau local » qui a lieu en ce moment au Brésil [NdT : au Brésil, le terme "maisons LAN" de l'acronyme anglais Local access network sont des cybercafés sauvages]. La majorité des Brésiliens accèdent aujourd'hui à internet par le biais des réseaux locaux qui couvrent toutes les villes et les collectivités. Le concept de LAN (réseau local) est arrivé au Brésil en 1998, mais il existait déjà dans les quartiers riches. Maintenant, il s'est popularisé, surtout dans les communautés les plus petites et les plus pauvres, là où les ordinateurs et les connexions rapides ne sont pas à la portée de la population. Selon Ronaldo Lemos, directeur du Centre pour la technologie et la société à la Fundação Getúlio Vargas (FGV) de la faculté de droit de Rio de Janeiro, les « maisons de réseau local sont des lieux de sociabilité intense, et occupent une place importante dans la vie des favelas ». Sa publication sur Les maisons de réseau local (LAN) : Une nouvelle vague d'intégration numérique au Brésil [en anglais] a été présenté lors de la Conférence sur la communication et le développement de l'université de Harvard [en anglais].

Internet pour tous ?

Aujourd'hui, au Brésil il y a plus de 90 milles de ces "maisons LAN" qui représentent 50 % de l'accès à Internet dans le pays. Une étude [en portugais, comme tous les liens suivants] publiée en 2008 par le Comité directeur de l'Internet au Brésil (CGI.br) montre qu'au Brésil, 48 % des utilisateurs accèdent à Internet depuis des locaux commerciaux tels que ces cyber-cafés. Lorsqu'il s'agit des personnes appartenant aux classes les plus pauvres (D et E), ce nombre grimpe à 79 % - une augmentation de 60 % par rapport aux 48,08 % de l'étude de 2006. L'état brésilien décompose les groupes socio-économiques en cinq catégories de A à E selon le niveau d'études du chef de famille et la possession d'une série d'articles domestiques, A étant le groupe le plus riche, et E le plus pauvre.

Une autre enquête, menée par TV Cultura en début d'année auprès de 27 maisons LAN de Sao Paulo et le diagramme tiré des 376 entretiens avec les usagers et les propriétaires, a révélé une présence croissante des utilisateurs des classes C et D et indique que pour 17 % des utilisateurs, ces cyber-cafés sont leur seul moyen d'accéder à Internet ; la même proportion de personnes interrogées a également un accès à domicile (généralement des personnes qui ont besoin d'accéder à internet quand elles sont hors de chez elles), 15 % au travail et 12 % à l'école. Pour 4 2% des personnes interrogées, jouer à des jeux vidéo est la principale activité dans ces maisons LAN, mais il y en a autant qui vont sur des sites de culture, d'information et de divertissement. Les réseaux sociaux, en particulier Orkut et les discussions ligne sont également très populaires. En outre, ces lieux sont également utilisés pour diverses recherches, scolaire et d'emploi.

L'intégration numérique promue par les maisons de réseau local à travers le pays a affecté le bien-être des Brésiliens ?

Jeimy Remir qui a interrogé des propriétaires de maisons de réseau local et des utilisateurs, dit qu'elles améliorent la vie - à la fois des propriétaires et des utilisateurs - et ont changé le paysage, surtout en périphérie des grandes villes :

Fruto de criatividade e empreendedorismo, a construção de uma lan house tem mudado a vida de seus proprietários. Geralmente acopladas à casa de quem administra, as lan houses apresentam-se em ambientes estilizados, muitas vezes estruturados nas garagens de residências, com iluminação e decoração diferenciadas. […] Outra característica das lan houses é servir como espaços para encontro de jovens, intencionados em fazer amizades, interagir e paquerar. Com as ferramentas atuais da Comunicação, como msn, orkut e bate-papo, a utilização desses espaços para semelhantes fins tem sido mais intensa e confirma tais ambientes como um reflexo social. […] Por isso, as lan houses afirmam seu poder por servirem para a inclusão digital, dando acesso à internet para pessoas de baixa renda, e confirmam com singularidade suas inclinações: fonte de renda para quem administra e ponto de encontro para jovens.

Fruit de leur créativité et leur esprit d'entreprise, la création des maisons de réseau local a changé la vie de leurs propriétaires. Généralement mitoyennes à leur domicile, elles sont dans des environnements stylisés, souvent installées dans leur garage avec un éclairage et un décor différent. […] Une autre caractéristique des maisons de réseau local est de servir de points de rencontre des jeunes qui cherchent à se faire des amis, communiquer et flirter. Avec les outils de communication actuellement disponibles, tels que les messageries instantanées, Orkut et les discussions en ligne, l'utilisation d'espace à des fins similaires a augmenté et a confirmé que ces endroits sont bien le reflet de la société. […] Ainsi, les maisons de réseau local affirment à la fois la puissance de leur apport à l'intégration numérique en fournissant un accès à internet aux personnes à faible revenu et leurs caractéristiques uniques : elles sont une source de revenus pour ceux qui les gèrent et des points de rencontre pour les jeunes.
Photo by Yasodara used under a Crestive Commons license.

Crédit photo Yasodara sous licence Creative Commons.

Légende de cette photo :

Lan house, até aqui?
Lan House em Pirenópolis. Fica em frente ao Banco do Brasil.
Ah, o pogresso.

Une maison de réseau local, mais où ?
Une maison de réseau local à Pirenópolis. En face de la Banque du Brésil.
Ah, le progrès.

Yasodara, en légende de la photo ci-dessus qui date de 2007. Pirenópolis est une petite ville d'un peu plus de 20 000 habitants.

Faire face aux préjugés et aux obstacles.

Toutefois, bien qu'elles promeuvent l'intégration sociale, les maisons de réseau local sont victimes de préjugés. Une information sur un site internet d'envergure, qui a récemment attiré l'attention, portait sur des policiers appelés par le propriétaire d'une maison de réseau local pour d'arrêter un client qui avait amené des photos pornographiques d'enfants afin de les publier en ligne. Selon les utilisateurs, la manière dont les médias ont traité l'information a donné l'impression que les maisons de réseau local sont des points de rencontre pour pédophiles. Rodrigo Lara Mesquita a commenté dans les forums et les blogs :

O título da notícia que está sendo veiculada na internet ,e que com quase toda a certeza será veiculada pelos jornais, é Suposto pedófilo é preso em lan house com fotos de crianças, como você podem ver neste link do Terra e neste outro de uma procura pelo tema no Google News. Quem fica com a fama, quem fica mal na foto é a Lan House. Antro de desmandos e desvirtuamento de caminho para adolescentes.

Não é este o quadro. As lan houses sofrem os mesmos riscos que qualquer outro setor da economia enfrenta. Lans Houses, cybers cafés, telecentros e o que for, têm um papel fudamental no processo de inclusão à infraestrutura da era do conhecimento, da inclusão digital à inovação, como eles demonstram nesta apresentação estatística do mercado brasileiro.

Le titre de l'information qui circule sur internet, et qui se retrouvera certainement dans les journaux, est : Un pédophile présumé arrêté dans une maison de réseau local avec des photos d'enfants, comme vous pouvez le voir sur ce lien de Terra et en faisant une recherche sur le sujet sur Google News. C'est sur la maison de réseau local que l'infamie retombe, elle est montrée sous un mauvais jour. Comme un repaire de mauvaise gestion et de corruption pour adolescents.

Ce n'est pas la véritable image. Les maisons de réseau local présentent les mêmes dangers que tout autre secteur de l'économie. Maisons de réseau local, cybercafés, télé centres et autres, qui ont un rôle fondamental à jouer dans le processus d'intégration dans la structuration du savoir, de l'intégration numérique à l'innovation, comme le montre cette présentation statistique du marché brésilien des maisons de réseau local.

André Rubens s'est rendu compte que ce préjugé est répandu dans le pays lors d'une réunion à laquelle il a assisté en décembre dernier avec d'autres propriétaires et présidents d'associations de maisons de réseau local. Il a dit qu'il était possible de voir que « les gens semblent penser que les maisons de réseau local sont quelque chose qui nuit à la santé et au bien- être de l'individu ». Il explique que la situation était pire quand ce nouveau type d'entreprises, jusqu'alors inconnu, s'est développé rapidement et de façon significative :

Tudo isso virou uma grande bomba, até que começaram a aparecer novos dados que mostram que somos responsáveis pela inclusão digital no país e que jogos eletrônicos fazem BEM SIM para a formação da criança e do adolescente INCLUSIVE aqueles considerados violentos e principalmente as pessoas que nos atacavam receberam seu contrata ataque devido e hoje nos respeitam! Nossa briga continua, argumentando com as autoridades, rebatendo comentários estúpidos e fazendo novos projetos vamos conquistar simpatia da sociedade e seremos reconhecidos com grande importância na inclusão sócio-digital.

Tout ceci était devenu une énorme bombe à retardement, jusqu'à ce que de nouvelles données montrant que nous sommes responsables de l'intégration numérique dans le pays aient commencé à apparaître, qui disent également que les jeux vidéo sont EFFECTIVEMENT BONS pour la formation des enfants et des adolescents, NOTAMMENT ceux considérés comme violents, et puis les personnes qui nous avaient attaqués ont essuyé une contre-attaque et aujourd'hui elles nous respectent ! Notre combat se poursuit, en nous disputant avec les autorités, en nous attaquant aux commentaires stupides et en ayant de nouveaux projets, nous gagnerons la sympathie des gens et serons reconnus pour notre grande contribution à l'intégration sociale et numérique.
Av. Paulista - São Paulo - Brasil. Photo by cassimano used under a Creative Commons license.Av. Paulista - São Paulo - Bréasil. Crédit Photo cassimano sous licence Creative Commons.

Cette réunion, qui visait à comprendre et à aider à résoudre les principaux problèmes rencontrés par les maisons de réseau local au Brésil, a eu l'appui du projet Mozilla, qui a fourni un wiki pour informer sur l'avancement des discussions et encourager le débat, ouvert à tous, à se dérouler de façon constructive :

Diversas questões foram tratadas, tais como a questão da informalidade, as propostas de regulamentação para o setor, os principais problemas técnicos enfrentados, sugestões de customização do Firefox e as restrições ao uso de jogos. (…) A primeira fase do Projeto Lan House consistiu exatamente em identificar quais eram os problemas enfrentados e mapear as opções de como ajudar.

Plusieurs questions ont été abordées, telles que la question de l'économie informelle [àlaquelle appartient cette activité], de la règlementation proposée dans ce secteur, des principaux problèmes techniques rencontrés, des suggestions pour la personnalisation de Firefox et des restrictions sur l'utilisation des jeux. […] La première phase du projet des maisons de réseau libre consistait à identifier exactement les problèmes rencontrés et les comparer les options de secours.

Contrôle par l'État et sévérité de la règlementation

Dans une interview sur le blog de Ceila Santos, le directeur de l'ABCID (Centres brésiliens de l'intégration numérique) Rafael Maurício da Costa explique comment une nouvelle règlementation plus sévère pourrait pousser à la fermeture des maisons de réseau local :

Associou-se intensamente que lan house equivale à evasão escolar. E deduziu-se que para combater a evasão escolar, basta combater as lan houses. Como conseqüência disto produziu-se uma série de leis pelo País que dificultam de sobremaneira a instalação formal do negócio. O que acontece é que há uma demanda vertiginosamente crescente pelo acesso à tecnologia, e ela produz a oferta que vemos, dessa forma, como não há amparo na atuação legal a informalidade é majoritária. O interessante é que é justamente nessa informalidade que predominam todas as más praticas que a legislação pretende combater e como conseqüência infeliz o aumento do número de pessoas formais que encontram cada vez mais "cláusulas de barreira" à operação legal.

Les maisons de réseau local ont été fortement associées à l'absentéisme scolaire. Et on en a déduit que pour lutter contre l'absentéisme scolaire, il suffisait de les fermer. Par conséquent, une série de lois ont été créées partout dans le pays pour rendre extrêmement difficile leur création. En fait, il existe une demande accrue d'accès à la technologie, et il y a donc plus d'offre [par le biais des maisons de réseau local], et comme il n'y a pas de cadre juridique, la plupart d'entre elles opèrent de façon informelle. Il est intéressant de noter que c'est précisément dans ce cadre informel que se développent toutes les mauvaises pratiques que la législation vise à supprimer. L'une des conséquences malheureuses est qu'un nombre croissant de propriétaires voudraient officialiser [leur entreprise], mais rencontrent beaucoup de « clauses qui font barrage » à l'exploitation légale.

Il existe déjà une réglementation, différente selon les états, très sévère pour les maisons de réseau local. À Sao Paulo, par exemple, chaque maison de réseau local doit tenir un registre dans lequel sont inscrits les noms et adresses des utilisateurs. À Paraná, un projet de loi propose que chaque utilisateur qui se sert d'un ordinateur dans une maison de réseau local soit filmé et que la direction garde tous les enregistrements pendant deux ans. Dans l'état d'Amazonas, les mineurs doivent montrer une autorisation écrite de leurs parents avant d'utiliser un ordinateur dans une maison de réseau local. Un projet de loi envisage de demander une pièce d'identité à chaque client . Luiz Rodrigo Silva de Souza, un blogueur de 14 ans qui va quelquefois dans les maisons de réseau local de Manaus, la capitale d'Amazonas, commente les règlements et leur application - peut-être parce qu'elles ne prennent pas en compte la réalité.

Já deve ser a décima lei que fazem tentando regulamentar lan houses. Regulamentar não, proibir permitindo. Já tentaram proibir lan houses num raio de 1 km de escolas, proibir as crianças de usar os computadores por mais de três horas seguidas e competições com prêmio em dinheiro, e funcionou? (…)

O ideal é a criança estar na escola, não na lan house, mas tirá-las de lá não é somente criar uma lei, se fosse assim, por que também não cria uma lei que proíba crise econômica, cigarro e miguxês? Está mas do que claro que estas medidas não vão tirar as crianças da exploração e prostituição infantil, o máximo que vão conseguir é falir as lan houses. Manter uma lan house legalizada em Manaus é inviável com os custos de uma conexão banda larga por aqui, e com essas leis querem responsabilizá-las por um problema cujos principais culpados são os responsáveis e a própria sociedade.

Ceci doit être la dixième loi qui tente de réglementer les maisons de réseau local. Par loi, j'entends qui vise l'interdiction. Ils ont essayé d'interdire les maisons de réseau local dans un rayon d'un kilomètre autour des écoles, d'interdire aux enfants d'utiliser un ordinateur pendant plus de trois heures et d'organiser des concours avec prix en espèces , cela a-t-il fonctionné ? (…)

Dans l'idéal, les enfants devraient être à l'école, pas dans une maison de réseau local, mais créer une loi pour les en sortir ne suffit pas, si cela fonctionnait, pourquoi ne pas créer aussi une loi interdisant la crise économique, les cigarettes et le miguxês (argot utilisé par les internautes brésiliens) ? Il est évident que des mesures comme celles-ci ne sauveront pas les enfants de l'exploitation et la prostitution, tout ce qu'elles réussiront à faire, c'est de mettre en faillite les maisons de réseau local. Avoir une maison de réseau local légale à Manaus n'est pas possible en raison du coût d'une connexion haut débit ici, et ces lois veulent les tenir pour responsables d'un problème dont les principaux coupables sont les autorités et la société elle-même.

In this upcoming lan house, the spelling has been adapted to "lan rause" to help with the pronunciation in PortugueseDans cette future maison de réseau, l'orthographe a été adaptée en « rause lan » pour aider à la prononciation du portugais. Crédit photo : Blog Barata.

Como podemos perceber, essa super "lan rause" ainda está passando por reformas em seu prédio para que seja possível abrigar adequadamente a grande multidão ansiosa para acessar internet de 1 Giga!! Um espanto!! E ainda dizem que o Brasil é um país atrasado…

Comme nous pouvons le voir, cette superbe maison de réseau local est toujours en cours de rénovation afin qu'elle puisse correctement accueillir ses nombreux visiteurs pressés d'accéder à l'internet 1 Giga ! Étonnant ! Et ils disent que le Brésil est un pays en retard …

Barata Blog en légende de la photo ci-dessus.

L'intégration sociale par l'intégration numérique

À ce jour, il ya plus de 90 000 maisons de réseau local au Brésil, alors que le pays ne compte que 2 000 cinémas et 2 600 librairies. Pourrait-il exister des lieux pour faire autre chose que jouer, actualiser son statut sur le site Orkut, ou même pour faire jouer sa citoyenneté et utiliser les services du gouvernement en ligne ? La pédagogue Rita Guarezi dit que les maisons de réseau local jouent déjà un rôle-clé dans la formation à distance :

Espalhadas pelo Brasil inteiro, as lan houses ganham expressão ainda mais relevante nas regiões mais carentes, norte e nordeste, onde são registrados os maiores índices de evasão escolar do país. […] Dentro desta realidade de crescimento constante de usuários da internet e das lan houses, a Educação à Distância pela Internet (e-learning) vai se firmando como um instrumento de auxílio no combate à evasão escolar entre jovens, oferecendo as mais variadas opções para quem quer complementar seus estudos, reciclar e aprimorar conhecimentos. […] Por tudo isso, podemos visualizar a lan house como um espaço também de estudo. Acreditamos que a EAD pela Internet no Brasil está intimamente ligada ao futuro das lan houses e suas novas nuances. E as perspectivas são extremamente promissoras.

Couvrant tout le Brésil, les maisons de réseau local sont devenues encore plus nécessaires dans les régions les plus pauvres, dans le nord et le nord-est, où les plus forts taux d'absentéisme du pays sont relevés. […] Prenant en compte cette réalité de croissance continue des utilisateurs d'internet et des maisons de réseau local, l'enseignement à distance via internet (e-Learning) a été créé comme un outil pour aider à lutter contre l'absentéisme chez les jeunes, en offrant la plus grande variété d'options pour ceux qui veulent compléter leurs études, se recycler et améliorer leur connaissance. […]Pour toutes ces raisons, nous pouvons voir des maisons de réseau local aussi comme un espace pour l'enseignement. Nous croyons qu'au Brésil, l'apprentissage à distance via internet est étroitement lié à l'avenir des maisons de réseau local et à leurs nouvelles nuances. Et les perspectives sont extrêmement positives.

Et ils peuvent également être un espace de culture. L'écrivain Simone Campos [pt] a un projet : faire un meilleur usage du succès des maisons de réseau local afin que le Brésil devienne un pays de lecteurs. Un de ses futurs projets est une fiction interactive, utilisant le langage des jeux, plus familière aux nouvelles générations que celui de livres, pour faire de la littérature :

A lan house é o novo rendez-vous. Eu simplesmente tenho que aproveitar isso. Pretendo plantar um vírus que transforme a lan house em biblioteca.

La maison de réseau local est le nouveau lieu de rendez-vous. Je dois m'en servir. Je veux implanter un virus qui transformera ces maisons en bibliothèques.

Gil Giardelli y voit le ferment d'une révolution. À quoi cela ressemble t-il ?

Nas periferias das megalópoles, o cool são as sessões de lan house corujão R$ 6,00 passa a noite lá e pela manhã tem um belo café!

Os garotos se socializam, os pais ficam tranquilos, os educadores se preocupam e os terapeutas certamente terao mais pacientes em um futuro próximo!

50% dos conectados no Brasil, estão nas lan houses! Como será esta revolucao? Garotos antenados? Garotos solitários? Garotos com a educação diferenciada? Economia e educação coletiva elevada ao cubo? Um nova humanidade?

En périphérie des mégapoles, les séances nocturnes dans la maison de réseau local sont cool - Avec 6.00 R$ (1,5 euros) vous passez la nuit et prenez un bon café au matin !
Les gars se lient, les parents ne s'inquiètent pas, les éducateurs s'inquiètent et les thérapeutes auront certainement plus de patients dans un futur proche !
50 % des Brésiliens se connectent grâce aux maisons de réseau local ! Comment se passera cette révolution ? Les futés ? Les solitaires ? Les gens avec un système d'enseignement différent ? L'économie et le système d'éducation collectif élevé au troisième pouvoir ? Un nouveau monde ?
"Lã Rause", in an even more Brazilian spelling. Photo from PraLer Blog.

"Lã Rause", avec une orthographe encore plus brésilienne. Crédit photo (ou montage) Blog PraLer.

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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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