jeudi 22 octobre 2009

Fwd: Global Voices en Français



---------- Message transféré ----------
De : Global Voices en Français <claireulrich@gmail.com>
Date : 22 octobre 2009 02:15
Objet : Global Voices en Français
À : assadekab@gmail.com


Global Voices en Français


USA : Mariage refusé à un couple interracial

Posted: 21 Oct 2009 01:29 PM PDT

Billet publié par Jillian C. York · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

La semaine dernière, à Hammond (Louisiane), Beth Humphrey (qui est blanche) et Terence McKay (qui est noir) ont sollicité une licence de mariage et se la sont vu refuser pour motif racial.  Le juge de paix, Keith Bardwell, a prétendu que selon son expérience, "les unions inter-raciales ne durent pas longtemps" et a affirmé qu'il "faisait cela pour les enfants." [en anglais]

"Les lois Jim Crow" qui imposaient des installations séparées pour les Noirs et les Blancs américains ont été abolies en 1965, et les lois anti-métissage [en anglais, comme les liens suivants] qui interdisaient les mariages ou les relations sexuelles entre races avaient disparu de tous les Etats vers 1967.

Mais le racisme existe toujours. Si la plupart du temps il reste enfoui, à l'occasion il redresse sa tête hideuse d'une façon impossible à ne pas voir ; cette histoire a fait les grands titres dans tous les Etats-Unis, provoquant une éclosion de billets de blogs dans la communauté locale et au-delà.

Répliquant à l'argument de M.Bardwell pour sa "défense" qu'il mariait tout le temps des couples noirs, le blog anti-raciste Stuff White People Do a exprimé son indignation, disant :

Ah, comme c'est magnanime de votre part, M. le juge Bardwell. Et il va sans dire, inopportunément paternaliste.

A propos de la maison de M. Bardwell, dont je suis sûr qu'elle est tout bonnement  envahie de joyeuses hordes d'enfants noirs et blancs batifolant ensemble, il a aussi cru devoir dire :

 J'ai des tas et des tas d'amis noirs. Ils viennent chez moi, je les marie, ils utilisent mes toilettes. Je les traite comme tout le monde.

Ah oui, aussi des amis noirs, des tas. Jusque dans ses toilettes !

Un commentatrice du blog, Siditty (qui a aussi écrit son propre billet ici), a évoqué le paradoxe de la colère de M.Bardwell :

Je n'ai pas fini de m'étonner comment un homme qui vient de Louisiane, avec sa solide histoire de mélange racial, tant par le système du plaçage que par la cuture créole, s'inquiète tout d'un coup pour les enfants. Ils ne s'en inquiétaient pas au XVIIIe siècle, alors pourquoi lui maintenant.

Le blog Racism Review a battu en brèche le "souci pour les enfants" de M. Bardell avec des témoignages sur les enfants nés de relations inter-raciales:

Et, pour preuve supplémentaire, les enfants de mariages mixtes ne sont pas désavantagés par rapport aux autres enfants pour peu qu'ils grandissent dans un environnement qui accepte la diversité et les enfants de mariages inter-raciaux. Si les enfants de mariages mixtes rencontrent le racisme (et d'autres inégalités structurelles), ils seront alors plus probablement exposés au stress, ainsi qu'aux risques de santé liés à ce stress accru, comme le tabac et l'alcool. Cela, c'est une conséquence du racisme, et une raison de plus de travailler à mettre fin au racisme. Et cela ne devrait pas être utilisé – par une inversion de la logique – comme un motif de perpétuer le racisme.

Black Girl in Maine a à son tour abordé la question "et les enfants ?", en s'appuyant sur le vécu de son fils métis :

Et les enfants, et les gosses ? Oui, les enfants métis subissent parfois des rebuffades des autres gamins, mais pas forcément et je crois que chez les jeunes aujourd'hui, être métis, c'est presque considéré comme cool. Comme me l'a dit une copine, mon fils ne manque certainement pas d'amis, garçons ou filles. Je pense que le seul moment où les enfants métis ont de vrais problèmes, c'est quand ils n'ont personne à qui parler de leurs racines. Je crois que lorsque les enfants sont reliés à leurs racines et à leur communauté historiques, cela crée un espace où ils sont en sécurité.

Aux Etats-Unis, des lois anti-métissage interdisaient dans nombre d'Etats le mariage d'Américains blancs avec des Américains noirs (et des Américains de certaines autres ethnies). Tandis que dans certains Etats, ces lois ont été abrogées dès 1780, dans seize autres elles ne l'ont pas été avant un procès de 1967, Loving vs. Virginia, dans laquelle un couple mixte qui s'était marié à Washington, D.C., a été arrêté dans sa chambre à coucher. Leur bataille judiciaire est allée jusqu'à la Cour Suprême américaine, et à ce stade les lois ont été infirmées.

Un certain nombre de blogueurs ont abordé les aspects juridiques de l'affaire. L'un d'entre eux, Jay Says, écrit :

En tant que juge de paix, il devrait savoir que les mariages mixtes ne sont plus illégaux – cela a été déclaré inconstitutionnel il y a 40 ans. Cet exemple particulier arrive après la Marche nationale de l'égalité de ce week-end, au cours de laquelle j'ai brièvement interviewé un couple mixte hétéro, les Newman (vidéo) sur le motif de leur participation.

Le racisme, l'antagonisme de classe, le sexisme, l'homophobie, l'intolérance religieuse et les autres préjugés existent bel et bien dans notre société, mais ils ne doivent pas êtres couverts par la loi. Autoriser un fonctionnaire du gouvernement, qui est payé par les impôts des citoyens "libres" des Etats-Unis (ou, en l'espèce, d'un Etat des Etats-Unis) à faire appel à ses convictions personnelles pour décider des questions régies par le droit civil est odieux. S'il désapprouve les mariages mixtes, il n'a qu'à se trouver un nouveau boulot – Grand Maître du Ku Klux Klan par exemple.

 

Enfin, un blogueur a saisi l'occasion pour tirer les leçons de cet incident. Sur son blog, intitulé What Do I Know? ("Que sais-je ?"), il prie les lecteurs de réfléchir à leur propre réaction sur le sujet :

Si vous doutez que le racisme est toujours présent en nous tous, voyez comment vous réagissez à l'idée de vous marier en-dehors de votre race, surtout si vous êtes de race blanche et que l'autre race est noire. Ouais, ça va bien pour les autres, mais est-ce que vous ne trouveriez pas quelque argument solide et rationnel pour estimer que votre fille se rendrait la vie beaucoup plus difficile en ramenant à la maison un fiancé noir ? Soyez honnête. Même si vous dites : "Pas de problème", vous n'avez pas hésité un tout petit peu ? Si ce n'est pas le cas, vous êtes quelqu'un de rare.

Alors que M. Bardwell affirme à présent qu'il n'a pas l'intention de démissionner à cause de cette affaire, une chose est sûre : on n'a pas fini d'en entendre parler.

Malaisie : Les autorités introduisent la politique de «1Toilet»

Posted: 21 Oct 2009 12:53 PM PDT

Billet publié par Syafique Shuib · Traduit par Pauline Ratze · Voir le billet en anglais

Le Premier ministre malaisien, Najib Tun Razak, a introduit le concept «One Malaysia», souvent écrit «1Malaysia» [en anglais, comme tous les liens de ce billet], au début de son mandat. Le pays étant multi-ethnique, le principal objectif de ce concept est de promouvoir l'unité nationale et de renforcer les liens entres les différents groupes ethniques.

La politique 1Toilet se fonde sur ce principe.

La politique "1Toilet" se fonde sur ce principe.

Suivant le modèle du nom 1Malaysia, les autorité de l'état de Terengganu [en français] ont récemment introduit la politique "1Toilet" selon laquelle les enseignants et les élèves (de même sexe) doivent utiliser les mêmes toilettes afin de promouvoir un sentiment d'unité.

Dans le journal local, The Star, Ahmad Razif Abd Rahman, Président du Comité d'enseignement supérieur, des ressources humaines, des sciences et de la technologie, explique : « Lorsque les étudiants utilisent les mêmes toilettes que les enseignants, ils se sentent sur pied d'égalité avec ces derniers, ce qui leur donne automatiquement l'impression qu'ils comptent pour l'organisation, dans ce cas, pour l'école ».

Toutefois l'initiative ne s'arrête pas à la porte des toilettes. Les enseignants sont aussi encouragés à manger à la cafétéria de l'établissement avec les élèves. Une manière de permettre aux deux parties de se mélanger lors de la pause de midi.

Dans la blogosphère, les réactions sont mitigées. Certains considèrent l'initiative comme une blague, d'autres la trouve positive.

Jeff Ooi, éminent blogueur et aujourd'hui membre du Parlement, commente :

Cette fois, le produit dérivé de 1Malaysia s'intéresse à l'endroit où nous faisons pipi.

L'auteur du blog Life And Ti(m)es Of Liang Seng n'arrive pas à croire que les autorités de l'état introduisent une telle initiative :

Je comprends bien l'idée de partager la cantine. Mais celle de partager les toilettes pour instaurer un sentiment d'appartenance et d'égalité ? Sérieusement, on peut faire mieux.

Niki Cheong , journaliste, blogueur et rédacteur pour Global Voices, écrit sur son blog personnel :

Quel idiot a eu cette brillante idée ? […] Je ne pense pas que le faire d'utiliser les mêmes toilettes que les enseignants va aider les élèves à réussir leur scolarité, seul un bon enseignement peut y parvenir.
Jusqu'où va-t-on aller ? Commencer à manger 1tonne de mee [nouilles chinoises] ? Écouter plus que 1Buck Short [groupe malaisien] ? Ou demander aux gens de baptiser leurs enfants avec des noms tels que 1Sharina sur les certificats de naissances ?

Thots Here And There estime que les autorités devraient elles-mêmes mettre en pratique ce genre d'initiatives avant d'implanter des politiques pour tous :

Pourquoi est-ce qu'on ne commencerait pas avec l'élite avant de faire appliquer ces règles à la majorité ? Dans mon école, les plus favorisés reçoivent une clé pour utiliser leurs propres toilettes. […] Je sais que certaines entreprises du secteur privé offrent de tels privilèges. Je me souviens d'un ami enthousiaste parce qu'il avait décroché ce privilège et possédait une clé pour cet endroit spécial ! Maintenant, si nous voulons appliquer une règle telle que 1Toilet dans les écoles (imaginez, faire la queue avec les élèves pour aller aux toilettes), commençons par l'appliquer au plus haut rang de l'administration. Les autorités parlent de 1Malaysia… qu'ils montrent l'exemple. Montrez nous, chers dirigeants, que nous sommes tous égaux à l'heure
d'utiliser les toilettes !!!

Voices Inside My Head explique le côté positif de l'initiative 1Toilet :

Quand j'étais à l'école, je me demandais pourquoi les profs utilisaient des toilettes spéciales. Est-ce qu'ils font pipi différemment ? Est-ce qu'ils ont quelque chose qu'on a pas ? Je pense qu'on devrait appliquer cette règle aussi pour la direction, même dans les entreprises, que tout le monde utilisent les mêmes toilettes. Le jour où les ministres utiliseront les mêmes toilettes que les employés gouvernementaux, j'estimerai qu'ils montrent vraiment l'exemple!

Sur son blog personnel, l'auteur de ce billet écrit :

Les enseignants devraient aussi montrer l'exemple en s'efforçant de tirer le meilleur de leurs élèves. Si un élève souffre d'un complexe d'infériorité en classe, comment l'initiative 1Toilet va-t-elle pouvoir l'aider à se sentir important ? A-t-on vraiment besoin de partager les mêmes toilettes pour créer un sentiment d'unité entre les élèves et les enseignants ? Cette solidarité ne devrait-elle pas commencer dans la salle de classe ?

Cuba et le classement RSF des pays pour la liberté de la presse

Posted: 21 Oct 2009 11:17 AM PDT

Billet publié par Janine Mendes-Franco · Traduit par Pauline Ratze · Voir le billet en anglais

«Il a été considéré que seuls le Myanmar (Birmanie), l'Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord et l'Erythrée réservent les pires conditions de travail pour les journalistes» peut-on lire, en anglais, sur le blog Uncommon Sense . Il  se réfère au dernier classement des pays en fonction de la liberté de la presse,  effectué par Reporters sans Frontières, dans lequel Cuba se place, une fois encore, au bas de la liste.

Brésil : La crise au Honduras vue par les blogueurs brésiliens

Posted: 21 Oct 2009 10:29 AM PDT

Billet publié par Roger Franchini · Traduit par Jean Saint-Dizier · Voir le billet en anglais

Ce texte a été publié sur Global Voices en anglais le 3 octobre 2009

La controverse a été grande autour du droit constitutionnel de déposer le président du Honduras Manuel Zelaya [en anglais]. La crise elle-même a déjà fait les titres des journaux et des blogs dans certains pays, et plusieurs blogueurs latino-américains, entre autres des Brésiliens, sont en train de contribuer au débat sur les événements au Honduras.

Le Brésil est désormais engagé dans une situation diplomatique insolite. Même si l'on ne possède pas de preuve, jusqu'à présent, de sa participation effective à  la crise au Honduras, le fait est qu'il n'existe pas de précédent similaire dans l'histoire du droit international. La crise a atteint l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa et motivé les blogueurs brésiliens à discuter de politique internationale en Amérique Latine ainsi que du rôle du Brésil dans le déroulement de ces événements.

Zelaya na Embaixada do Brasil. Imagem por @kattracho no Twitpic.Zelaya à l'Ambassade du Brésil. Photo de @kattracho sur Twitpic.

Cesar Fonseca, du blog Independência Sul Americana [Indépendance sud-Américaine, en portugais, comme tous les liens sauf mention contraire], décrit les événements au Honduras comme une honte pour les pays latins, puisqu'ils (les Honduriens) ont fait appel à la violence pour obtenir le pouvoir, soutenus par les forces armées et le vide législatif en la matière :

Roberto Micheletti, presidente do Legislativo de Honduras, o Carlos Lacerda golpista hondurenho, errou o time histórico, ao aliar-se aos militares, para detonar governo constitucional de José Manuel Zelaya, que propôs referendo constitucional para respaldar nova Constituinte, que, entre outras determinações, suprimiria limite para mandatos presidenciais, como ocorre nas democracias européias.

Roberto Micheletti, Président du congrès du Honduras, le Carlos Lacerda [en français] hondurien, a fait une grave erreur de timing en s'alliant aux militaires dans le but de renverser le gouvernement de José Manuel Zelaya. Celui-ci avait proposé un référendum  pour soutenir la nouvelle constitution, qui, entre autres résolutions devait supprimer la limitation du nombre des mandats présidentiel, comme cela se passe dans les démocraties européennes.

Pour Bruno Kazuhiro, du blog Perspectiva Política [Perspectives politiques], si Zelaya a fait une erreur en contrevenant aux termes de la constitution, le Congrès, les forces militaires et le pouvoir judiciaire aussi, en l'expulsant du pays sans le moindre jugement :

O que o exército hondurenho fez foi muito errado no modo, mas não, na essência. Não deveria ter sido o exército a retirar Zelaya do poder, porém, aceita a renúncia deste pelo Congresso e nomeado o novo Presidente, Manuel Zelaya deveria sim, no fim das contas, deixar o governo. Melhor que tivesse sido voluntariamente.

Para os que me disserem que o povo hondurenho desejava mais um mandato do grupo de Zelaya, pergunto:

Por que então Zelaya não indicou sucessor e respeitou a lei?

Ce que l'armée hondurienne a fait fût une erreur sur la forme, mais pas sur le fond. Évincer Zelaya du pouvoir n'aurait pas dû être le rôle de l'armée ; quoiqu'il en soit, dès lors que le congrès avait accepté son abdication et nommé un nouveau président, Manuel Zelaya aurait dû quitter le pouvoir. Cela aurait été mieux qu'il le fasse volontairement.

À ceux qui prétendent que le peuple hondurien souhaitait un nouveau mandat du parti de Zelaya je demande :
Pourquoi, alors, n'a-t-il pas indiqué le nom de son successeur, respectant ainsi la loi ?

Picture brought by @jeneffermelo on TwitPic

Photo de @jeneffermelo sur TwitPic

Le 22 septembre 2009, Zelaya a réussi a revenir clandestinement au Honduras et a atteint l'ambassade brésilienne à Tegucigalpa, trouvant refuge, pour lui et 63 autres coreligionnaires, sous la protection de l'organe de représentation brésilienne. Immédiatement, le gouvernement hondurien a fait encercler l'immeuble, bloquant l'accès au local et imposant un couvre-feu à la population. L'électricité et le téléphone furent aussitôt coupés dans l'immeuble de la mission diplomatique.

La polémique est partie du fait que Zelaya n'avait aucunement l'intention de demander l'asile politique au Brésil, selon l'interview qu'il a accordé à la TV Globo, et que son séjour dans l'ambassade n'était qu'une demande de protection, une forme de résistance et la recherche d'un appui politique. Si telle est son intention, il place le Brésil dans une position délicate, le pays ayant donné abri à un persécuté politique qui ne prétend pas à l'asile, mais souhaite seulement solliciter des forces pour l'affrontement avec ceux qui l'ont destitué.

Le blog Movimento Ordem Vigília Contra a Corrupção pense que l'entrée de Zelaya dans l'ambassade brésilienne fut directement soutenue par le président vénézuélien Hugo Chavez, et relève des incohérences qui semblent indiquer de probables mensonges proférés par les principaux protagonistes :

A diplomacia terceiro-mundista tupiniquim inovou, em matéria de Direito Internacional, criando a figura do perseguido que pretende ENTRAR e não SAIR. Costuma-se conceder asilo para aquele que tenta sair do país, perseguido pelo seu governo, e Zelaya, ao contrário, entrou no país com uma súcia de 60 simpatizantes, o que desfigura a individualidade do asilo. Pior: Zelaya está usando o prédio diplomático como "bunker" da guerrilha para conclamar seus desordeiros e convulsionar as forças de ordem do país.

La diplomatie tiers-mondialiste Tupiniquim[en anglais] (équivalent de "gaulois" pour les Brésiliens) a innové en matière de droit international, créant la figure du persécuté qui veut ENTRER et non SORTIR. Il est courant d'accorder l'asile politique à ceux qui tentent de sortir du pays, poursuivi par le gouvernement, mais Zelaya, au contraire, est revenu dans son pays avec une bande de 62 sympathisants, ce qui dénature l'individualité de l'asile politique. Pire encore, Zelaya est en train d'utiliser la mission diplomatique brésilienne comme un "bunker" de la guérilla pour exhorter les fauteurs de troubles et ébranler ainsi les forces de l'ordre du pays.

D'ailleurs, Chávez, qui est un habitué des coup de mains aux velléités de retour de Zelaya dans son pays, a lui-même confessé à la BBC qu'il était au courant de ce retour et confirmé son aide au président déchu pour se jouer des autorité.

Mais tous les blogueurs n'acceptent pas cette thèse de l'influence chaviste dans cette histoire. Pour Leandro Fortes, du blog Brasília, eu vi [Brasília, j'ai vu], cette théorie constitue le buzz de la presse latino-américaine ainsi que le point faible des médias de masse. Il pense que les récentes manifestations de la gauche ont été traités de façon superficielle et standardisé, ignorant toutes nuances régionales :

O jornalismo está abandonando, aos poucos, por motivos inconfessáveis, a valorização das personagens como elemento de narrativa. Emblemático é o caso de Honduras, um catalisador profundo das intenções de setores da imprensa cada vez mais perfilados em bloco sobre um ensaiado viés chavista (a nova panacéia editorial do continente) aplicado ao noticiário toda vez que um movimento de esquerda se insinua sobre velhos latifúndios – físicos e imateriais. Para tal, recorre-se cada vez mais a malabarismos de linguagem para se referir ao golpe militar que derrubou o presidente constitucionalmente eleito Manuel Zelaya.

Por conta disso, o governo golpista passou a ser chamado, aqui e acolá, de "governo de fato", uma solução patética encontrada por alguns veículos para se referir a uma administração firmada na fraude eleitoral e na usurpação pura e simples de poder. Há, ainda, quem se refira à quadrilha de Roberto Micheleti como "governo interino", o que só pode ser piada.

Petit à petit, le journalisme est en train de cesser de reconnaître, pour des motifs inavoués, toute spécificité aux personnages de l'histoire. Le cas du Honduras est emblématique, il est un puissant catalyseur des intentions de certains secteurs de la presse, faisant de plus en plus bloc autour des répétées déviations "chavistes" (la nouvelle panacée éditoriale du continent), appliqué aux informations à chaque fois qu'un groupe de gauche tente de faire courir des rumeurs sur d'anciens latifundiaires - physique ou immatériels. Pour ce faire, ils utilisent un langage de plus en plus métaphorique dans leurs références au coup d'état militaire qui a déposé le président constitutionnellement élu Manuel Zelaya.

Dans cette optique, le gouvernement auteur du coup d'état, est présenté, ici et là, comme le "gouvernement de fait" une solution pathétique trouvée par certains médias lorsqu'ils citent cette administration basée sur la fraude électorale et l'usurpation pure et simple du pouvoir. Il en est encore pour faire référence à la bande de roberto Micheleti comme "gouvernement par intérim" ce qui ne peut être qu'une plaisanterie.

A demonstration in front of Brazil Embassy in Honduras. Photo by vredeseilanden on Flickr.

Une manifestation devant l'ambassade du Brésil au Honduras. Photo de vredeseilanden sur Flickr.

L'éventuelle implication du gouvernement brésilien dans le soutien au retour de Zelaya au Honduras, est restée au centre des discussions, mais, tout en n'étant à ce jour [3 octobre], pas encore confirmée, elle a été de manière véhémente, totalement niée par  le Ministre des affaires étrangères, Celso Amorim, dans une interview au journal O Estado de São Paulo. Selon Amorim, le Brésil n'a accueilli Zelaya au sein de ses dépendances, qu'en vertu des règles internationales en matière d'asile politique. Officiellement, le gouvernement brésilien plaide pour le retour de Zelaya à la présidence de la république et la réalisation de nouvelles élections. Le journaliste et blogueur Luis Nassif a noté une certaine appréhension dans les commentaires du ministre pendant son interview par la chaine CNN, dans laquelle il souligne que le changement de paradigmes qui agite la politique mondiale exigeait du Brésil une position plus décisive dans des dossiers tel que celui du Honduras :

Mesmo que seja verdade (como disse Amorim) que o Brasil foi pego e surpresa no episódio (pedido de abrigo de Zelaya) um país que deseja se firmar como global player tem que estar preparado, não só para "surpresas" dsse tipo, como para assumir, sem hesitação ou insegurança, sua condição de protagonista, particularmente nas questões de politica continental. Para o bem ou para o mal.

Bom, espero que pelo menos a insegurança demonstrada por Amorim, (inegável na minha percepção) sirva de aprendizado.

Même si il est vrai (selon Amorim) que le Brésil a été, à cette occasion, pris par surprise ( la demande d'asile de Zelaya), un pays qui prétend consolider sa position de global player se doit d'être préparé, non seulement à des "surprises" de ce genre, mais aussi à assumer, sans hésitation ni embarras, sa condition de protagoniste, particulièrement dans les questions de politique continentale, pour le meilleur et pour le pire.

Bon, j'espère que l'embarras affiché par Amorim (qui était, je pense,  suffisamment clair) servira au moins de leçon.

Gabriel Purcelli, du blog Desabafo Brasil [Vide ton sac Brésil], maintient que la façon dont le Brésil a mené cette affaire lui permet d'affirmer sa position de leader dans la région. La protection offerte au "président constitutionnel", Zelaya, face aux excès du "président de fait", Micheleti, est une mesure qui, indirectement, permet de remplir le vide laissé par la chute de l'influence étasunienne en Amérique Latine :

A jogada brasileira, na qual já estão publicamente envolvidos o chanceler Celso Amorim e o próprio presidente Lula, e para a qual estão utilizando a caixa de ressonância da Assembléia Geral da ONU, em Nova York, deve ser vista à luz da inquietação provocada em Brasília pela remobilização da IV Frota dos Estados Unidos no Atlântico Sul e a presença desse país em bases militares colombianas. Convencidos de que esses movimentos se destinam a contrabalançar sua força como potência emergente, os brasileiros não deixarão passar a oportunidade de se projetar, reafirmando-a.

Le coup d'éclat brésilien, dans lequel le ministre Celso Amorim et le président Lula lui-même sont publiquement impliqués et pour lequel ils utilisent la caisse de résonance de l'assemblée générale de l'ONU à New-York, doit être regardée à la lumière de l'inquiétude provoquée, à Brasilia, par la redéploiement de la IVème flotte des États-Unis dans l'Atlantique Sud ainsi qu'à la présence de ce pays sur des bases militaires colombiennes. Convaincus que ces mouvements sont destinés à contrebalancer leur force en tant que puissance émergente, les brésiliens n'ont pas laissé passer cette opportunité de réaffirmer leur position, plutôt que de ne rien faire.

Raphael Garcia Tsavkko suit le même raisonnement et relève des faits intéressants liés à la participation du Brésil dans la résolution de ce conflit. Il argumente :

O Brasil não sai prejudicado, na verdade foi forçado - a contragosto talvez - a mostrar porque é ou quer ser o líder da América Latina. Não mais o papo de que é mas ações concretas. Resolvendo ou ajudando a resolver o conflito no país o Brasil sai fortalecido como nunca, sai com mais força para pleitear a vaga permanente no Conselho de Segurança - que conta já com o apoio entusiasmado de Sarkozy - e sai fortalecido no cenário internacional.

Le Brésil ne sort pas affaibli de cette histoire, en vérité, il a été forcé - probablement à contrecœur - de monter pourquoi il est ou prétend être le leader de l'Amérique Latine. Finies les allégations intempestives, il doit maintenant le prouver avec des actions concrètes. En résolvant ou en aidant à résoudre le conflit au Honduras, le Brésil sort renforcé comme jamais pour négocier à une place permanente au conseil de sécurité - une idée qui compte déjà, avec le soutien enthousiaste de Sarkozy - et il consolide sa position devant la communauté internationale.

Les restrictions imposée à l'ambassade brésilienne ont suscité des discussions à propos de la souveraineté de la nation dans les limites du bâtiment. Malgré le fait que beaucoup pensent que la représentation diplomatique d'un pays se situe en territoire étranger, le professeur de droit Túlio Vianna affirme que, même si elle n'est pas, techniquement, considérée comme telle, l'attaque d'une ambassade devait être désavoué de la même manière:

A teoria atualmente dominante para legitimar as imunidades da Missão Diplomática é a "teoria do interesse da função". Ainda segundo Celso Mello, estes privilégios e imunidades podem ser classificados em: inviolabilidade, imunidade de jurisidição civil e criminal e isenção fiscal (v2., nº511). Nas suas palavras:

"A inviolabilidade significa que nestes locais o Estado acreditado não pode exercer nenhum ato de coação (ex: ser invadido pela polícia), a não ser que haja o consentimento do chefe da Missão. Do mesmo modo, não pode ser efetuada uma citação dentro da Missão."

Se os golpistas hondurenhos invadirem a embaixada brasileira em Honduras para capturar Zelaya, não estarão invadindo o território brasileiro, mas violando uma imunidade diplomática.

Pode ser tão grave quanto, mas não é a mesma coisa.

Actuellement, la théorie qui prédomine, dans la justification de l'immunité de la mission diplomatique, est la "théorie de l'intérêt de la fonction". Toujours selon Celso Mello, ces privilèges et immunités peuvent être classer ainsi : inviolabilité, immunité des juridictions civiles et criminelles ainsi qu'exemption fiscal (v2., n°511). Selon ses propres mots :

"L'inviolabilité signifie qu'à l'intérieur de ces lieux l'état accrédité ne peut exercer aucun acte de coercition (ex. invasion par la police), sauf s'il le chef de la mission y consent. De la même manière, une assignation en justice ne peut avoir lieu dans la mission."

Si les auteurs honduriens du coup d'état envahissent l'ambassade brésilienne au Honduras afin d'y capturer Zelaya, ils n'envahiront pas le territoire brésilien, mais ils violeront une immunité diplomatique.

Cela peut être aussi grave, mais ce n'est certainement pas la même chose.

Le 25 septembre été confirmée l'attaque de la mission diplomatique au moyen de gaz toxiques, provoquant un début d'affolement chez les personnes présentes à l'intérieur. L'attaque a été durement critiquée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies .

Le gouvernement brésilien affirme rechercher une solution pacifique à l'impasse provoquée par le retour de Zelaya au Honduras. Les gesticulations belliqueuse sont de toutes façons impossibles, puisqu'elles signifieraient l'envoi de troupes militaires en pays étranger. Malgré tout, les blogeurs continuent à débattre du rôle du Brésil dans le déroulement de cette crise.

Vous pouvez lire d'autres revues de blogs sur la crise politique au Honduras en suivant ces liens de Global Voices vers notre dossier spécial :

27 juin: Honduras: Political Crisis Over Controversial Referendum
29 juin: Honduras: Zelaya Arrested and Removed as President
2 juillet: Caribbean: On the Honduran Coup
4 juillet: Honduras: Was it a Coup?
24 septembre: Honduras: Citizen Videos from a Country Under Curfew
29 septembre: Cuba: Eye on Honduras

Arabie Saoudite : Le plagiat d'un blog est un délit

Posted: 21 Oct 2009 09:05 AM PDT

Billet publié par Amira Al Hussaini · Traduit par Audrey Lambert · Voir le billet en anglais

Des blogueurs saoudiens se rallient pour soutenir l'un des leurs, qui affirme qu'un journal a extrait de son blog des photos et un article sans son accord.

Ahmed Al Omran sur le blog Saudi Jeans [en anglais, comme tous les liens] se montre peu élogieux envers le journal accusé de plagiat :

Bien que le journal al-Yaum bénéficie depuis longtemps d'un monopole dans la province d'Ach-Charqiya, il demeure l'une des plus mauvaises publications du pays. Je suis né et j'ai grandi dans cette province et à l'époque je lisais Ashraq al-Awsat, al-Hayat et al-Watan mais pas al-Yaum.

L'aversion pour Al Omran s'est renforcée après que Saudi Aggie –en réalité prénommé Nathan – qui étudie à la toute nouvelle Université des Sciences et Technologies du Roi Abdallah (KAUST) a révélé que le journal avait utilisé ses photos et sa couverture des récentes élections étudiantes. Il publie une copie de la coupure de journal et interroge ses lecteurs :

Je ne peux pas y croire ! Regardez cet article récemment publié dans le journal saoudien Al Yaum. Ces photos vous disent quelque chose ? Et le texte ? Pour ceux qui ne lisent pas l'arabe, c'est la copie presque conforme de mon article intitulé « Élections » et publié sur mon blog le 7 octobre 2009. Cela ne peut pas être légal, même en Arabie Saoudite !

Plus loin, l'étudiant américain ajoute :

Si je me trouvais aux Etats-Unis, je porterais plainte contre Al Yaum pour violation de droits d'auteur. Si c'était le New York Times qui avait plagié mon blog, je serais riche à l'heure actuelle. Les droits de propriété intellectuelle relatifs aux opinions et aux photos publiées ont-ils la moindre valeur ici ?

Al Omran remarque :

Nathan envisage de les poursuivre en justice, ce qui serait génial, mais ils se trouvent sans doute déjà dans une situation suffisamment embarrassante.

Les commentateurs sur le blog de Nathan comprennent la détresse du blogueur.

Mazoo écrit :

Je suis désolé de ce qui t'arrive…
Mais c'est chose courante ici en Arabie Saoudite.

J'ai entendu parler de nombreux cas où l'œuvre de mes amis (notes, images et idées publiées sur leur blog) avait été volée par des journalistes paresseux. Ils s'en sont plaints et certains ont écrit aux rédacteurs en chef. Ces derniers ont parfois publié des excuses ou viré l'auteur du plagiat.

Al Hanouf, qui se présente comme étudiante en droit, veut que justice soit faite :

Si cet acte est considéré comme un délit informatique, alors le journaliste devrait être emprisonné pendant plus de six mois et vous verser au moins 250000 Riyals. Vous devriez aller voir un avocat et par pitié, ne mettez pas un terme à cette affaire en envoyant un mail au journal ! Il existe une loi et elle ne peut pas réparer les torts si nous faisons preuve de paresse pour régler ces problèmes !

Et Chiara de conseiller :

Je partage le dégoût pour le plagiat et la tactique répandue consistant à traduire et à plagier n'est guère meilleure. Vous pouvez protéger l'ensemble de votre blog en le déposant comme publication protégée par des droits d'auteur comme l'ont fait d'autres blogueurs et insérer votre nom dans les photos.

Suite à cela, Nathan écrit :

En Arabie Saoudite, la rumeur se répand comme la peste. Ce blog a accueilli des dizaines de milliers de nouveaux visiteurs en une seule semaine.[…]

Je suis venu en Arabie Saoudite pour créer des liens et non pour me faire des ennemis. Je suis venu étudier et faire de la recherche dans une université qui s'évertue de toutes ses forces à être l'une des meilleures universités de recherche au monde, pas pour que des individus ou des organisations me versent de l'argent.

Je veux que les gens assument leurs responsabilités. Ce qu'a fait Al Yaum était répréhensible, mais le ton de la discussion l'est également.

Et les derniers mots qu'il adresse à ses lecteurs sont les suivants :

Si vous souhaitez utiliser une partie de mon blog, merci de me le demander d'abord. Personne, y compris moi, n'apprécie les malentendus.

Utilisant un outil de traduction arabe-anglais, le journaliste incriminé a écrit à Nathan pour se justifier.

Maldives : Abolition de la peine capitale ?

Posted: 21 Oct 2009 03:49 AM PDT

Billet publié par Rezwan · Traduit par Pauline Ratze · Voir le billet en anglais

Le président maldivien, Mohammed Nasheed, a ouvert le débat en proposant, lors d'un récent discours radiophonique, un moratoire sur la peine capitale. Sur le blog de son homonyme, Mohammed Nasheem, on peut trouver plus d'informations sur cette question.

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Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Sciences et Techniques de l'Université de Bamako.
Tel (00) 223 222 32 44
Fax (00) 223 223 81 68
B.P. E3206 Bamako-Mali
Cel1 (00) 223 643 49 64
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skype: djaladjo32
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Kofi Annan : "Pas de développement sans sécurité, pas de sécurité sans développement, ni développement ni sécurité sans respect des Droits de l'Homme".

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